selloum village kabyle

selloum village kabyle de la wilaya de bouira

13 juin 2009

7e anniversaire de la création de La Dépêche de Kabylie

7e anniversaire de la création de La Dépêche de Kabylie
La foi et la voie d'un journal

 

Les journaux qui ont fait de la démocratie leur valeur essentielle,  en accompagnant la société dans ses luttes quotidiennes, particulièrement sur le front de la lutte contre le terrorisme islamiste et l’intégrisme, ont joué un rôle de premier plan sur le terrain de l’information et de la sensibilisation.

L’ «aventure intellectuelle», comme se plaisent à l’appeler ceux qui ont investi ce métier de la presse écrite dès la promulgation du décret de Hamrouche en 1990, avait accompagné le mouvement de libération citoyen d’octobre 1988 et s’est donné pour «mission» primesautière immédiate de prolonger cette contestation populaire et de lui conférer surtout un sens politique.

L’autre béquille sur laquelle était censée s’appuyer cette révolte était les formations politiques autorisées par la Constitution de février 1989. Les mois et les années qui ont suivi le bouillonnement du début des années 1990 nous apporteront cette vérité amère : les partis n’ont pas pu jouer le rôle dont la société les a chargés. Le multipartisme débridé qui a conduit à de lourdes dérives ayant failli compromettre le caractère républicain de l’État algérien, le déficit de formation et de culture politiques chez la frange supposée être l’élite en la matière et les enjeux bassement matériels du moment ont fait que le soubassement idéologico-intellectuel du pluralisme politique s’est réduit à la seule presse écrite dite indépendante.

“Voici que même les journaux se mettent à dire la vérité !” ; c’est en ces termes que le poète Aït Menguellet s’est exclamé en 2005 dans une de ses chansons où il imaginait l’Algérie idéale, rêvée par lui, dans laquelle la justice, le droit, la culture, la compétence et le commerce seraient florissants et seraient intériorisés comme valeurs sociales.

Sur le plan politique et de la défense des libertés, la presse, au même titre que les organisations autonomes de la société civile constitue – lorsqu’elle n’est pas happée par les connivences mafieuses et les indignes allégeances – un véritable contre-pouvoir vécu dans les grandes démocraties du monde comme un «amortisseur» des élans autoritaristes, un avertisseur aux princes et un formateur d’opinion. C’est Napoléon qui se plaignait de cet «encombrant» compagnon en ces termes : «Je ne me chargerai pas de gouverner trois mois avec la liberté de la presse.»

L’Algérie a, dans la logique du l’unicité de la pensée instaurée dès l’Indépendance, subi la loi de la censure dans le domaine de la presse comme dans tout le reste de la sphère de la vie publique. La traversée du désert avait duré un quart de siècle, une période pendant laquelle les libertés furent brimées et la presse muselée. Comme sous tous les régimes des «démocraties populaires», nous n’avions droit qu’à une presse gouvernementale qui répercutait et amplifiait la voix de son maître dans une inénarrable et débile propagande. La fameuse aventure intellectuelle entamée il y a 18 ans ne pouvait aller sans accrocs d’autant plus que, moins de deux ans après son lancement, cette presse sera la cible d’une autre agression autrement plus destructrice : le terrorisme. L’étroitesse de vue de nos gouvernants après tant d’efforts et de services rendus par la presse à la démocratie et à la citoyenneté ne bénéficiera d’aucune compréhension ou indulgence.

Lorsque le 13 juin 2002 sortit le premier numéro de La Dépêche de Kabylie, l’Algérie vivait une énième «crise kabyle», celle du Printemps noir qui allait emporter 126 jeunes martyrs de la citoyenneté. Le pari pour le journal était de restituer par écrit et par photos la vie en Kabylie sous tous ses aspects. Une vie dure, laborieuse, mais exaltante par les efforts qu’elle réclame et par le bon sens qui préside à toute action entreprise sous ces latitudes.

Outre qu’il était venu combler un vide criant en matière d’information de proximité, cet organe  pu, pendant sept ans, mobiliser en son sein des énergies aux diverses potentialités. Celles-ci ont donné aura et audience au journal.

Ce sont des faits qui se vérifient même sur de nombreux sites web qui reprennent ou commentent les produits de La Dépêche de Kabylie.

La dernière réalisation qui a eu les chauds suffrages des lecteurs, particulièrement des élèves, est le supplément hebdomadaire en tamazight. Ce cahier nous a montré que l’attente en ce sens est immense et que les exigences en la matière vont crescendo. La Dépêche de Kabylie était venue sur la scène à un moment crucial dans la marche de la société kabyle, marche semée d’interrogations, de pertes de repères et de faillite de la classe politique. Il serait, bien entendu, présomptueux de penser qu’un simple journal pourrait combler ce vide effarant. Ce serait une vocation démesurée. Mais par un effort de pédagogie, de clarification et d’engagement à côté des forces démocratiques saines, elle pourra apporter une pierre à l’édifice.

Sept années dans la vie d’un journal, est-ce assez pour le juger? Sept années de «guerre» contre l’enfermement médiatique et l’omerta, sept années de proximité à côté des habitants des villages et hameaux les plus reculés de la Kabylie et sept années porteuses d’une voie nouvelle, originale mais perfectible. Aux lecteurs de juger.                                                           Amar Naït Messaoud

iguerifri@yahoo.fr

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07 juin 2009

Les écoliers célèbrent la Journée mondiale de l’environnement

Chorfa
Les écoliers célèbrent la Journée mondiale de l’environnement

 

Un argument qui explique donc le choix du milieu scolaire pour la célébration de la Journée mondiale de l’environnement.

A l’occasion de la journée mondial de l’environnement qui coïncide avec la date du 05 juin 2009, le bureau hygiène communale de Chorfa, commune située à l'est de la daïra de M'chedallah et distante de 55 km du chef-lieu de wilaya, a organisé une journée de sensibilisation sur l’environnement sous le thème «Environnement salubre =Bonne santé» au niveau de l’école primaire Chemlal Aissa. Jeudi dernier, une vaste campagne de sensibilisation a été menée au profit des écoliers des 3e, 4e et 5e du primaire, spécialement les élèves des dix (10) écoles primaires que compte la commune de Chorfa. Amar Akkache responsable du bureau hygiène communal a déclaré «les initiateurs de cette activité ont pour but, d’éveiller l’esprit des potaches et leur inculquer ainsi les principes de l’éducation environnementale». Un argument qui explique donc le choix du milieu scolaire pour la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. C’est ainsi, que le bureau d’hygiène communal a célébré cette journée dans le milieu scolaire en présence des associations locales à l’exemple de l’association de la protection de l’environnement de Chorfa et l’association des activités scientifiques de la commune et des invités d’honneur à l’image de l’ensemble des bureaux hygiène communaux que compte la daïra de M’chedallah,et du parc national du Djurdjura par sa circonscription de Tala Rana, et des responsables des communes et de la daïra de M’chedallah. En cette journée particulière, un programme aussi riche que varié a été élaboré ayant à la fois une dimension culturelle, environnementale et scientifique. A ce propos, un concours a été organisé pour choisir le meilleur exposé et le meilleur dessin des meilleurs travaux pratiques portant sur le thème de l’environnement. Des concours lancés au début du mois de mars dans les établissements primaires avec comme date limite pour remettre les épreuves le 27 mars comme dernier délai. Lors de la remise des travaux, on note la participation des élèves de 08 écoles, alors qu’une commission s’est réunie pour la sélection du meilleur travail des 3 catégories. Cette dernière a remis des prix et des attestations d’honneurs pour les six lauréats, tout en ajoutant un septième prix d’encouragement. Une exposition du parc Djurdjura  portant sur le thème de la faune et la flore, des plantes et des animaux ont été exposés, et même une projection vidéo a été diffusée. L’association des activités scientifiques pour sa part a exposé des plantes avec une projection portant sur les campagnes de plantation des arbres à effectuer au niveau la commune de Chorfa. De son coté, le bureau d’hygiène communal a saisi cette opportunité pour lancer des campagnes de sensibilisation contre les maladies à transmission hydrique( MTH ) comme la zoonose et certaines maladies se transmettant des animaux à l’homme tels la rage, ou la leishmaniose. Pour cela, Melle Meniche et Melle Chibane. S du bureau hygiène communal de Chorfa ont  donné des explications et des éclaircissements sur ces maladies et les intoxications alimentaires de même que Messrane N. du bureau hygiène communal de M’chedallah. Le matériel de démoustication et de stérilisation que le service hygiène utilise lors du lancement des opérations a été également exposé lors de cette journée. Une pièce théâtrale intitulée «l’éboueur» a été présentée par une troupe théâtrale des élèves d’écoles primaires, ainsi qu’une chanson folklorique a été au menu pour donner à cette journée une dimension culturelle et environnementale. Pour finir  des attestations d’honneur ont été remises aux directeurs des établissements participants avec des dépliants de sensibilisation pour les élèves de toutes les écoles primaires.

La clôture de cette journée s’est faite en présence du président de l’APC de Chorfa, Monsieur Akkache Yahia, qui a tenu pour cette occasion à remercier tous les participants et à encourager tous les organisateurs qui ont fait de cette journée une réussite.

Slimani Djamel

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16 mai 2009

M. Hocine Hamitouche, vice-président de l’APC

M. Hocine Hamitouche, vice-président de l’APC
“Les réalisations sont là... l’argent existe”

Vu le nombre d’habitants qui y vivent, et le manque de moyens dont elle souffre, la commune d’Aghbalou, n’arrive pas à subvenir et à satisfaire tous les besoins de sa population. Nous nous sommes rapprochés de l’un des membres de l’exécutif communal, en l’occurrence Hocine Hamitouche, vice-président de l’APC, qui nous a reçu et a répondu à toutes nos questions.

La Dépêche de Kabylie : Nous avons constaté ces jours-ci le rapiècement du CN°10, au lieu de sa réfection ou de sa rénovation : qu’en dites vous ?

Hocine Hamitouche : C’est vrai, et cela est venu après plusieurs contacts et coups de téléphones passés aux services de la wilaya concernés car, ceci ne relève pas de notre compétence, mais c’est celle de cette dernière.

Que pensez-vous de ces pannes d’électricité répétitives et les chutes de tension à différents endroits ?

Comme tout le monde le sait, ou, néanmoins, la plupart de nos concitoyens, le réseau électrique fut installé dans les années soixante-dix, et l’on constate qu'il est usé, et actuellement, on travaille d’arrache-pied pour le rénover. Et comme beaucoup de citoyens ont bénéficié de logements neufs, on installera de nouvelles lignes, et d’autres générateurs, et on optera pour la rénovation totale, afin d’en finir avec toutes ces pannes.

Beaucoup de gens se plaignent, car il disent que l’alimentation en cette denrée est dérisoire...

La mairie a de tout temps œuvré pour la satisfaction des besoins de sa population en cet élément indispensable pour la vie de chacun de nous, mais vu l’état défectueux des stations, qui engendrent des pannes répétitives donc celles-ci, et surtout la 4e, qui se trouve à hauteur d’Ighil-Azem, vont contre nos attentes, et celles de nos concitoyens qui est l’absence de l’eau dans les robinets. Notons que l’APC prend toujours en charge les stations de l’AEP, au niveau de tous les villages qui composent notre commune, et une enveloppe budgétaire de 500 millions de cts a été dégagée pour la rénovation de 5 stations de  pompage de l’AEP et n’oublions pas d’ajouter que la conduite acheminée depuis l’Ainsar avarkane (Source noire) située au nord de la localité de Saharidj, qui est censée alimenter la commune en eau potable, est malheureusement jusqu’à présent sèche, et l’eau n’a jamais coulé du robinet pour de multiples raisons.

Nous avons remarqué, l’installation d’un seul dévidoir de déchets ménagers : est-ce suffisant pour tout un village qui compte plus de 4000 âmes ?

C’est insuffisant bien sûr ; laissez-moi vous dire, que nous avons fait une demande de 4 ou 5 dévidoirs pour le seul village d’Ivahlal ; mais un seul, nous a été livrés et l’avons immédiatement installé et sans trop tarder le service de l’environnement a demandé une enveloppe avoisinante les 20 à 25 milliards de dinars, afin de prendre en charge comme il se doit ce problème ; et bien sûr la première chose à faire, est de réaliser une décharge sous-terrainne, si toutefois l’argent nous parvient. Car, actuellement, nous avons reçu plusieurs plaintes et à différentes reprises, émanant du propriétaire du terrain situé sur la RN 15 et géographiquement, il appartient ou relève du territoire de la  commune de Béni-Mlikeche de la wilaya de Béjaïa, faute de l’inexistence d’un lieu semblable sur le territoire de notre commune.

Et la Jeunesse…?

C’est un volet qui souffre énormément, car l’APC ne dispose que l’un budget maigre, car notre commune est sixième à l’échelle de la wilaya, du point de vue démographique, et le taux de chômage est de 30% ; pour satisfaire la demande d’emploi de tous ceux-là, il faut recruter pas moins de 250 personnes à la fois et cela chaque semestre par des contrats dans le cadre du FS et de l’ESIl, mais vu le manque flagrant des moyens financiers, et l’insuffisance d’engins et d’autres matériaux, on ne le peut pas, et actuellement on recrute 70 ou 80 nouveaux demandeurs tous les six mois, et ce à tour de rôle. Ajoutant que des enveloppes budgétaires, quoiqu’elles soient minimes sont distribuées à des associations en différentes occasions.

Et en ce qui concerne les œuvres sociales ?

On alloue 450 dinars mensuellement pour chacune des vieilles personnes vivantes sur le territoire de la commune, et n’ayant pas de ressources et si vous l’avez remarqué, durant le mois de ramadhan, on a distribué des couffins d’aliments pour les plus démunis, et cela même lors des fêtes religieuses. L’APC organise aussi des rendez-vous, pour la circoncision de tous les enfants de cette catégorie.

Et pour la culture ?

Malgré le manque de moyens financiers et de matériel, dont on souffre énormément, nous répondons toujours favorablement aux différentes manifestations culturelles, et nous sommes de tout temps présents.

La mairie dispose de 4 bus : sont-ils suffisants ?

Bien que comme vous le dites, insuffisants, mais nos chauffeurs travaillent d’arrache-pied, et couvrent 90% du transport scolaire, ils travaillent même pendant les week-end, en s’engageant dans les excursions. Et en ce qui concerne les fourgons de 9 places, à tendance légère, moi-même en tant que vice-président de l’APC je me suis déplacé à plusieurs reprises à Bouira et à Alger dans le but de régler cette situation, mais sans résultat, vu le règlement qui donne la priorité aux véhicules neufs aménages pour 12 places et plus, alors c’est au delà de nos possibilités.

Et concernant la question de l’éducation ?

Pour ce secteur, disons  fondamental, l’APC gère 11 écoles, et prend toujours, et comme elle l’a de tout temps fait, en charge les réfections, et l’installation de nouvelles cantines scolaires, comme c’est le cas de celle de M’Likchi située à Takerboust, où la plus récente fut ouverte au service de ses bambins.

Un dernier mot ?

Le P/AC déplore les salaires que touchent les élus, qu’il estime comme étant de très faibles et très insuffisants ; et à cet effet il persiste et signe en s’adressant à la tutelle qui est le ministère de l’Intérieur, et l’invite à revoir cela, pour une énumération plus décente. Nous souhaitons bonne continuation à votre quotidien, et bienvenue à tout reporter qui demande entretien et à tout moment. Nous avons un grand espoir à ce que la situation progresse pour le mieux, et sommes très optimiste quant au bon suivi des chantiers.

H. A.

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Les contraintes d’une municipalité et l’optimisme des élus

Aghbalou
Les contraintes d’une municipalité et l’optimisme des élus

Aghbalou, est une commune distante d’environ 60 km à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, et c’est l’une des plus peuplées, car elle est classée sixième à l’échelle wilayale.

Cette commune dont le sol est escarpé, d’où l’absence de terrains propres à l’agriculture, quoique beaucoup de ses habitants sèment leur parcelle pour l’usage personnel, car ils ne peuvent pas faire autre chose. Et vu, la situation géographique à caractère montagnard, la vie est un peu difficile, surtout en hiver, faute de moyens appropriés. En faisant une tournée à travers les villages qui la composent, où on a constaté leur sous-développement, et le ras-le-bol des habitants, qui souffrent du manque de toutes les commodités nécessaires à la vie décente et normale, et tout cela se passe dans le silence, surtout en ce qui concerne le village d’Ighil-Ouchekrid situé plus à l’est ; où nous avons rencontré un quadragénaire qui nous a livré son impression quant à la situation qui prévaut dans toute la région, en montrant des signes de mécontentement vis-à-vis des élus des pouvoirs publics, qui, dit-il, ne font pas leur devoir convenablement envers les citoyens ; et de continuer, en nous invitant à voir l’état des lieux nous-même. Ce jeune de Béni Hamdoune fait illusion à l’état du CW n°10 qui est dans un état de délabrement avancé, et le chômage qui rend les gens impuissants et vulnérables face à la cherté de la vie.

On a remarqué à Takerboust et Bahalil, les déchets ménagers entassés dans certains lieux, d’où émane une odeur nauséabonde, avant le passage des véhicules de la municipalité chargés de les ramasser, de les nettoyer, ainsi que les acheminer, vers la soit-disante décharge publique qui n’est autre que la propriété privée d’un citoyen de la commune de Beni-M’likeche de la wilaya de Béjaïa, qui est las de réclamer et d’adresser des requêtes multiples aux élus de la commune d’Aghbalou, pour l’en débarrasser mais sans résultats. Pour notre part, en passant par là, on a constaté et noté que la chaussée de ce lieu est couverte de ces déchets parsemés par le vent, et envahie par des chiens errants, qui se régalent des résidus, et d’où se dégage un air irrespirable ; tout cela est vraiment insensé. En s’entretenant avec de vieilles personnes et ainsi que les moins âgées, on a constaté que leurs avis sont partagés, il y a ceux qui apprécient ce que font les élus, car comme ils disent, les budgets alloués sont trop maigres, et ne peuvent pas satisfaire tout le monde ; et ceux - qui voient les choses autrement, en disant que les pouvoirs publics sont insensibles face à cette situation que vivent leurs concitoyens. Pourquoi ne vont pas faire des requêtes, et taper sur les bureaux de leurs tutelle, et les instances concernées ? Pour répondre à toute ces questions, nous nous sommes rapprochés de l’un des membres de l’exécutif communal.

H. A.

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Patrimoine archéologique et histoire dans les communes de Ouled Rached et d’Ahl El Ksar

Patrimoine archéologique et histoire dans les communes de Ouled Rached et d’Ahl El Ksar
Le devoir de mémoire

“Le patrimoine a besoin qu’on s’occupe de lui. Il a traversé les siècles et il est l’émanation physique de notre mémoire. Si cette mémoire venait à disparaître, il ne faudrait s’en prendre qu’à nous-mêmes...”

Abderahmane Khelifa, historien et archéologue algérien

Le patrimoine archéologique et historique, important, d’Ahl El Ksar a été jusqu’à un passé récent méconnu. Cependant, une initiative embryonnaire de restauration de cet héritage commence à porter ses fruits. Pour que ce trésor considérable puisse être restauré, il est souhaitable d’impliquer les populations, notamment locales, qui sont son réservoir et son meilleur gardien. En effet, Ouali Amar, Mechat Saïd, Ahmed Menas, Ouali Saïd, tous natifs de la région, sont des pionniers et chercheurs passionnés de l’histoire de leur contrée, qui, laborieusement, ne cessent de mettre au jour cet héritage. Assurément, inscrits dans cette optique, ils réussissent un travail de restauration et de reconstitution de la mémoire collective de la région.

De... la genèse

Ahl El Ksar, commune mère, englobant avant le dernier découpage administratif la commune actuelle d’Ouled Rached, est appelée depuis jadis Achir (château en tamazight). Ses habitants seraient appelés pour cette raison les gens d’Achir, d’où aujourd’hui, l’appellation arabisée, Ahl El Ksar. Certains soutiennent, nous-dit-on, qu’à l’origine du côté de Aïn Begra, région de Ouled Rached, il y avait un château d’une dynastie inconnue des historiens ou du moins non rapportée par aucun manuscrit. On raconte aussi que des écritures se trouvent encore sur certains vestiges de ce château (Achir) à Aïn Begra. Mais on ignore encore le bâtisseur et encore moins l’ère et la dynastie auxquelles il appartient. A partir de là, on croit savoir que le nom de la région aurait été donné à ce château. Il est à signaler, dans le même sillage, plusieurs autres sites dans la région, dont seuls des vestiges subsistent encore mais sans pour autant pouvoir savoir davantage sur l’époque où ils ont été construits, voire par qui. A ce titre, on peut citer les vestiges se trouvant au sommet d’une montagne de plus de 900 mètres d’altitude à Taghzout. En effet, les habitants gardent encore l’appellation des lieux, Tadar d’Ighil Oumarou et pas loin de cet endroit des statuettes taillées sous la forme de têtes humaines. Ils sont donc des vestiges qui, sans doute, datent d’une époque très lointaine, mais laquelle ? On ne le sait pas. Tandis que d’autres soutiennent une autre version sur l’origine d’Ahl El Ksar, celle-là semble “vérifiée”. Alors, dit-on, du côté de Kherrata, Béjaïa, à l’époque ottomane, au début du XVIe siècle, il y avait un notable kabyle qui avait une très belle fille, très convoitée, nommée “M’lawa”. Un militaire de l’armée ottomane, présent sur ces lieux, épris probablement d’elle, ne cessait de demandait sa main. le père, attaché aux traditions, opposa un refus irréversible. En effet, lassé sans doute par une situation embarrassante, et pour parer à d’éventuels “scandales”, le père se déplaça en compagnie de sa fille et de sa famille à une centaine de kilomètres plus loin, construit un château et s’y installa. Il paraît que c’est ce château là qui donna par la suite le nom à la localité de Leqsar, localité relevant de Béjaïa. Quelques années plus tard, le militaire turc avait fini par retrouver les traces de la dulcinée et se rendait de temps à autre dans la région. Un temps plus tard, après la mort du père qui ont lieu en ce château-là, les oncles de la fille, au nombre de trois, intervinrent et firent fuir M’lawa à des centaines de kilomètres vers le sud. L’attention des fugitifs, après un long périple, fut sûrement attirée par l’apparition de deux pics, d’environ 900 mètres d’altitude, visible de loins. C’est donc vers la colline Est qu’ils se dirigèrent et s’installèrent sur le versant sud puisque de nos jours, on parle encore d’une source d’eau et de ruines. Ainsi, donc, ces fugitifs, et pour s’identifier dans cette nouvelle contrée qu’ils viennent d’occuper, ont tenu à se faire appeler “Ath Leqsar” pour signifier aux autres, et à eux-mêmes, qu’ils possédaient un “qasr” ailleurs et qu’ils l’avaient abandonné pour des contraintes. C’est pourquoi, le territoire d’Ath Leqsar commence de l’endroit où, jadis, M’lawa avait posé ses pieds. Un village, où ces pics, sont encore appelés M’lawa en mémoire à cette fille. Il fut un temps, les habitants d’Ath Leqsar faisaient “El qaâda” dans ces deux pics en immolant des bêtes. Ainsi, la robe traditionnelle de la région, unique dans la Kabylie, est confectionnée en noir et partiellement en rouge, en signe de deuil pour cette fille. Il convient de signaler enfin que le militaire othoman a fini encore une fois de retrouver l’abri de M’lawa. Il se rendait plusieurs fois en compagnie de ses soldats en suivant une route qui va de M’chedallah et aboutit à Ath Leqsar, cette route porte même aujourd’hui le nom de “Avrid U Turki”, la route du turc. On relève aussi qu’une bonne partie des oliviers du désormais village de M’lawa sont les plus anciens dans la région et sûrement les premiers a être griffés.

Kanoun des Ath Leqsar

Dans un passé lointain, la région était composée de trois grands villages, Ath Rached Ouali, Ath Abdellah Ouali et Ath Ali Ouamar. Alors que, respectivement les deux premiers villages existent encore, le village d’Ath Ali Ouamer a complètement disparu, il n’y reste que quelques vestiges témoins d’un passé peu connu et on ignore les raisons de cette disparition. Comme toute structure sociale d’antan, les Ath Leqsar avaient leur propre “constitution”. Ainsi, on peut lire, entre autres, dans l’article n°1 : Quiconque a volé une jument, ou un mulet, ou un bœuf, ou tout autre animal de service, paye, si le fait est constaté, dix douros d’amende... Aussi, dans l’article n°76 : Quiconque excite un trouble parmi les gens en propageant des calomnies et de mauvais propos, paye un douro d’amende, et en cas de récidive, est chassé du pays.

En somme, ces articles et lois bien qu’ils reflètent une superstructure d’un moment donné dans l’histoire de la région, nous renseignent sur l’organisation de la vie et des intérêts des populations.

Les Ath Leqsar et... l’Emir Abdelkader

En 1510, quand Béjaïa, la capitale du Royaume hammadite, fut tombée entre les mains des Espagnoles, elle se replia à la Qalaâ de Medjana sur un sommet inexpugnable dans les montagnes des Bibans. Elle fonda alors un nouveau royaume appelé royaume des Ath Abass. Cette dynastie, dans son émancipation, installa des villages satellites aux alentours de son royaume, et sentant aussi son pouvoir influent, elle allia à ses rangs les villages des rives sud de Djurdjura, des flans des bidans et aussi les Bobors dominant les vallées du Sahel et de la Soummam. Ath Leqsar, située aux confins nord-ouest des Bibans, était donc dans cette logique d’influence, des villages satellites, qui, à l’égale de cette dynastie, était indépendante  auxquels ses habitants ne payaient point de tribut. Par ailleurs, les habitants d’Ath Leqsar étaient marqués par des soulèvements et parfois d’immigrations forcées. En effet, la grotte d’El Ghar à Tihemziyine à longtemps servi d’abri pour les populations au moment des soulèvements contre l’occupant. Cette grotte, dit-on, longue de plusieurs kilomètres, continue, à nos jours, à nourrir le mystère puisque jamais explorée. Alors, les Ath Leqsar, pénétrés de cette tradition d’indépendance et de rébellion, entreront en dissension avec Bensallem, khalifa de l’Emir Abdelkader, qui voulut les astreindre sous sa dépendance en automne 1839. En effet, les Ath Leqser avaient reçu de ce khalifa trois lettres consécutives qui réclamaient ce l’Achour et la Zakat en retard, étaient demeurées sans réponse. A la troisième contenant des menaces énergiques, les gens d’Ath Leqsar font mandater un des leurs chargé de dire au khalifa seulement ces paroles : “Dir Aachra Oua Krass”, c’est-à-dire ; “mets dix balles dans ton fusil et viens combattre”. “L’insolence” de cette bavarde n’a pas laissé Bensallem indifférent. Celui-ci demanda du secours à l’Emir Abdelkader. Alors Bensalem était allé assiéger Ath Leqsar. On avait combattu, parlementé, puis on avait repris les armes ; les conditions du khalifa semblaient être trop dures. Enfin, dans un dernier engagement, Bensalem était parvenu à attirer les combattants d’Ath Leqsar hors de leurs postes retranchés. Après de rudes combats, Bensalem sortit vainqueur. Il était resté quinze jours sur les lieux, tant pour instituer des chefs que pour rançonner la malheureuse région. Comme il allait partir dans l’ivresse du succès, on vint tout à coup lui apprendre que le fils du roi des Français franchissait les Bibans à la tête d’une armée importante, et pénétrait son territoire. Cette colonne française où se trouvait en effet le prince royal, avait pour chef réel le Maréchal Valée, gouverneur général, exécutant alors la reconnaissance entre Constantine et Alger. Bensalem fait une prompte retraite, qui dégénérera bientôt en fuite. Car exaspérés de “sa rigueur” et le voyant “embarrassé”, les gens d’Ath Leqsar s’insurgèrent aussitôt, le poursuivirent et “lui reprirent à peu près tout ce qu’il leur avait enlevé”.

Les Ath Leqsar et…la révolte d’El Mokrani

Menée par Mohand Amokrane (El Mokrani) et cheik Mohand Ameziane Aheddad, chef de la zaouïa Errahmania à Seddouk, la révolte commença en mars 1871. Ath Laqsar faisait partie du contingent commandé par Boumezrag. Un groupe d’insurgés d’Ath Leqsar, sachant que le colonel Gouraud était en marche vers Aumale (Sour El Ghozlane) pour se ravitailler, vint razzier près d’El Esnam les troupeaux de Beni Meddour, Merkala et Oued El Berdi, nouvellement soumis. Le 15 juin, Boumezrag, à la tête d’une centaine de cavaliers et de fantassins d’Ath Leqsar, tomba sur Beni Amrane entre El Esnam et Aïn Hazem et leur enleva des centaines de moutons et une dizaine de bœufs et chevaux. Ayant appris la dernière razzia de Boumezrag, le colonel Gouraud qui, le 17 juin, était arrivé à Oued El Berdi allant vers Aumale, prit ses dispositions pour marcher le lendemain contre les rassemblements installés à Ath Leqsar. Il envoya un courrier au colonel Trumlet à Sidi Aïssa pour l’inviter à appuyer ce mouvement en faisant une démonstration vers Oued Khris. Le 18 juin au matin, le colonel Gouraud se mit en route, mais au lieu de prendre l’un des deux chemins tracés qui, de l’Oued Sahel, conduisent au groupe formé par les trois villages d’Ath Leqsar, il prit à travers les bois et suivit la crête dite Ighil Iguenni qui aboutit au col dominant le plateau sur lequel sont érigés les trois villages. Surpris par cette attaque survenant d’un côté qu’on croyait impraticable pour une colonne française, les gens d’Ath Leqsar prirent la fuite et firent filer leurs troupeaux. Ils arrivèrent alors trop tard pour défendre le col, qui fut occupé par les éclaireurs. Les positions dominant les villages de l’autre côté furent ensuite occupées par ces mêmes éclaireurs, après un engagement avec les fantassins d’Ath Leqsar. Quand le gros de la colonne arriva, les villages étaient déserts. Le colonel Gouraud les incendia et démolit la maison de Lamine Ben Amar, principal chef des insurgés. Entre-temps, le colonel Trumlet venu avec 600 cavaliers de Sidi Aïssa, à la rescousse de Gouraud, se trouva à Oued Khris nez à nez avec les forces d’El Mokrani, venues appuyer Ath Leqsar retranchés dans les bois. L’affrontement fut si violent que les Français ont subi une forte perte et furent obligés à battre en retraite.

De…l’époque coloniale

Les premières écoles ayant été érigées dans la région d’Ath Leqsar datent pour certaines depuis plus d’un siècle. En effet, on peut citer, l’école d’Ath Rached Ouali de langue française construite en 1902. Elle fut la première du genre dans la région toute entière. Les cours furent dispensés par un certain Zaâmoum, originaire d’Ighil Moula, qui n’est que le père de feu Ali Zaâmoum, un des chefs de la Wilaya III historique. Les deux écoles de  Tilioua qui dispensèrent des cours du Coran datent d’avant la Guerre de  Libération. L’école de langue arabe d’Ath Abdellah Ouali érigée en 1945, a été construite par les adeptes du courant des Oulémas, les habitants appelèrent les cours dispensés par cette école “Tabadissit”. L’école de langue française d’Ath Rached Ouali créée en 1947, se voulait une ouverture sur la modernité et la laïcité. Aussi, d’autres écoles ont été construites pendant la Guerre de Libération dont les cours étaient assurés soit par des “volontaires” venant d’outre-mer, soit par des militaires français. Durant la Guerre de Libération, Ath Leqsar, faisant partie de la Wilaya III historique, a joué un rôle important en raison de sa position stratégique pour les insurgés et leur ravitaillement. Cependant, la concentration des forces françaises était forte dans cette zone : 6 camps militaires, 6 cités de regroupement et un centre de torture et un SAS. Le centre de torture de Tilioua, à 5 km du chef-lieu de la commune, était d’abord un poste des gardes forestiers qui fut construit à la fin du XIXe siècle pour l’exploitation du bois. A partir de 1956, ce poste a été transféré en garnison servant de siège du SAS et connut un agrandissement pour les besoins des militaires français. Ce camp a abrité le 7e Hussards et le 19e RCC, réputés pour leurs combats. Le fait le plus marquant pour l’armée française est qu’en 1958, des supplétifs indigènes ont fomenté une conspiration lors des distractions de la fête du 14 Juillet. En déjouant la surveillance ennemie, ils ont raflé armes et munitions pour aller rejoindre leurs frères insurgés. Cependant, ce centre de torture était célèbre pour avoir été fatal pour tous ceux qui y ont été incarcérés. Souvent, ils ont torturés à mort ou exécutés tout court. Des hommes comme des femmes, tous âges confondus, ont souffert le martyre. Les séquelles de certains ayant survécu à nos jours témoignent de l’atrocité du colonialisme. Malheureusement, ce site qui devrait être restauré en musée se trouve dans un état de délabrement très avancé.  Par ailleurs, l’engagement des habitants d’Ath Leqsar dans la lutte pour la libération furent marqué par, entre autres, des batailles comme celle de Talamine, où l’armée française a utilisé, selon des historiens, des bombes au napalm. Mais ses pertes totalisent 70 morts, une dizaine de blessés et deux avions abattus. Ainsi, la bataille d’Ighil Oumalou a vu l’armée coloniale peotre, plus de 20 soldats, une dizaine de blessés et un avion abattu. Aussi, la bataille de S’rour à Assif Lekhmiss où il a été tendu une embuscade à un convoi militaire français. Pris au dépourvu, les militaires français n’opposèrent aucune résistance et furent tous anéantis ; 22 soldats dont deux officiers.

Le devoir de mémoire

Il faut dire, enfin, que d’autres sites et vestiges sont encore méconnus. La seule volonté des uns ou des autres, digne soit-elle, devrait être accompagnée par un travail d’historiens et d’archéologues pour faire davantage la lumière sur l’Histoire de la région. Un patrimoine si précieux qui devrait être restaure et valorise par un travail soutenu par les autorités concernés.

L. M.

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16 avril 2009

Le royaume de KOUKOU

                                 Le royaume de KOUKOU (Tahar OUSSEDIK)

    Les sujets de Sidi Amer Ou El-Qadi craignaient beaucoup de provoquer sa colère car il n'hésitait pas à torturer même pour des motifs futiles. Pour mieux assouvir son sadisme, il avait aménagé une courette où il soumettait les «coupables» à un cruel supplice. Elle était entourée d'un mur bâti dans le but de soustraire aux regards des curieux les pénibles séances qui s'y déroulaient. Au milieu de l'espace ainsi délimité, il avait fait planter quatre pieux formant un rectangle de la grandeur d'un homme de belle taille. On déshabillait la victime et on l'étendait entièrement nue, le dos contre le sol. On ligotait à l'aide d'une courroie en cuir chacun de ses membres à un piquet et on l'exposait au soleil pendant toute la journée. Rôti lentement et à petit feu, le malheureux supplicié souffrait beaucoup et il lui arrivait de souhaiter la mort lorsque les séances se répétaient.

Un jour, les malheureux paysans crurent pouvoir améliorer leur situation en évitant toute rencontre avec le monarque et surtout ses hommes d'armes. Cette conduite simpliste et naïve consistait à faire le vide devant les autorités dans l'espoir de se dérober aux sévices. Mais ils durent bientôt déchanter car les agents de la force publique se présentaient toujours au moment où ils s'y attendaient le moins. De guerre lasse, les sages et les anciens se rassemblèrent et allèrent trouver Sidi Mançour, le grand maître de la zaouia de Timizar et lui demandèrent assistance et protection. Ce savant, théologien de l'Islam, était appelé El Djennadi en raison de son installation en territoire des Béni-Djennad (At Jennad). Il est en réalité originaire d'El-Mniaâ (El-Goléa) qu'il avait quitté en compagnie de quarante condisciples et gagna la Kabylie où il se fixa. La population le reçut chaleureusement, elle lui fit don d'un champ d'une grande superficie et elle l'aida à construire une université coranique à Timizar. De nos jours, lorsqu'un habitant de la région est appelé à prêter serment il le fait toujours en disant : « Je jure par Sidi Mançour et les quarante Imniênne » (Les habitants de Mniaâ).

Quand les délégués se présentèrent devant l'homme de religion, ils lui relatèrent les exactions qu'ils subissaient et le prièrent de les conseiller.

« Mes enfants, leur expliqua-t-il, les contraintes que vous endurez sont le fruit de votre comportement. Dès que le souverain vous convoque, vous vous empressez d'obéir pour vous plier au moindre de ses désirs. Il connaît la faiblesse de votre caractère qui a fait de vous des pleutres et il sait vous exploiter. Vous devez apprendre à résister au sentiment de la peur pour vous comporter en hommes courageux et dignes. A l'avenir, lorsqu'il vous mandera, faites la sourde oreille, laissez-le venir à vous et s'il entre en effervescence, dites-lui que c’est moi qui vous ai recommandé d'observer une telle attitude. »

Si Amer Ou El­ Qadi ne tarda pas à être mis au courant de cette concertation. Interrogées, les personnes suspectées avouèrent leur participation à la réunion au cours de laquelle ils sollicitèrent l'appui de Sidi Mançour. Le roi, rendu inquiet par l'éclosion de cette tendance à la désobéissance civile, résolut de s'entretenir à ce sujet avec le maître de la zaouia. Il enfourcha sa jument et se dirigea au trot vers El-Hammam, lieu où le marabout avait élu domicile. Lorsqu'ils se repérèrent de loin, les deux hommes se portèrent à la rencontre l'un de l'autre. Puis ils s'abordèrent, se dirent des banalités et ne firent aucune allusion au motif qui les préoccupait. Le religieux orienta ensuite la conversation et, à brûle-pourpoint, il lui posa la question suivante:

-    Mon seigneur, j'ai appris que vous êtes allé souvent à Alger. Qu'avez-vous remarqué de surprenant dans cette ville ? Qu'est-ce qui a pu attirer votre attention ?

-    La grande capitale, répliqua l'interpellé, est une belle cité qui me plaît beaucoup. Je passe mon temps à admirer ses maisons blanches, ses rues animées et ses boutiques bien achalandées.

-    En ce qui me concerne, répliqua Sidi Mançour, il n'y a qu'une seule personne qui retient mon attention. C'est un fou qui se promène nonchalamment en criant: «Attention ô étourdi ». «Balak à Lghafe !». Cette observation, qui lui était destinée et qu'il sentait chargée de menaces, incita Si Amer Ou El-Qadi à réfléchir. Il demeura cloué sur place, la mine pâle, le front barré de rides, puis, il prit congé du saint et retourna sur ses pas. Il progressait lentement, pensif et insensible à tout ce qui l'entourait. Entendant marcher derrière lui, il tressauta et fit volte-face, son regard rencontra celui d'un vieillard qui se courba et le salua humblement.

-    Que veux-tu ? s'écria le souverain.

-    Mon maître, Sidi Mançour, m'envoie pour te prévenir que tu cours un grand danger. Et il m'a ordonné de t’avertir que tes jours sont comptés et que tu vas mourir dans très peu de temps.

Cette prophétie inattendue l'ébranla sérieusement, il regretta amèrement ses fautes et se promit de redevenir meilleur ; mais …

                                                                                                           par lounes ajennad

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11 avril 2009

Deux jeunes agressés a selloum

Selloum
Deux jeunes agressés

Un groupe d’une dizaine d’individus s’est attaqué jeudi soir à deux jeunes originaires de la localité de Selloum. Visiblement éméchés à l’extrême, les agresseurs ont violemment poignardé le jeune Nouredine 19 ans accompagné d’un de ses amis. Les assaillants ont usé d’armes blanches en blessant Nouredine au bras, tandis que son ami a reçu des coups de cutter en plein front.  Evacués tous deux vers l’hôpital de M’chedallah où il recevront les premiers soins, alors que les éléments de la brigade de gendarmerie de Chorfa se sont déplacés à Selloum pour les besoins de leur enquête. On apprend par ailleurs que dans la localité d’Aghbalou toujours, et plus précisément dans le village de Beni Hamdoun, c’est un autre jeune membre d’une association locale qui a été agressé par arme blanche alors qu’il s’apprêtait à aller voter. Selon nos sources, ce dernier a été évacué vers l’hôpital d’Akbou.

B.D.B.

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Le taux de participation le plus faible de la wilaya

Aghbalou
Le taux de participation le plus faible de la wilaya

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Contrairement aux autres localités de la commune d’Aghbalou, le village de Takerboust, chef-lieu communal, n’a pas été au rendez vous électoral de jeudi dernier et dés les premières heures de la matinée, le centre de vote a été entièrement saccagé. Déjà la veille, mercredi soir, un groupe de jeunes a envahi le centre de vote dans le but de tout chambouler.  Le lendemain toutes les urnes ont été saccagées, les fichiers électoraux ont été déchirés, et les fiches des candidats ont été éparpillées ça et là dans le centre de vote. Pour marquer ce geste, les contestataires ont choisi de suspendre une urne sur un poteau électrique à la rentrée du village, où un meeting fut animé par un ancien délégué du mouvement citoyen. Toutefois, dans la même commune, à Bahalil,  le scrutin s’est déroulé dans un calme absolu. Les gens  sont allés voter au centre Soltani Ali sans empêchement ni contestation, et le nombre d’inscrits est de 1382. Le même climat régnait au centre Guerrout Meziane  d’Ighil Ouchekrir dont le nombre d’inscrits est de 423. A Ighil Azem, une localité voisine de Bahalil, les 413 inscrits ne se sont franchement pas bousculés au portillon des bureaux de vote. A Selloum, le centre Yahiaoui Arezki de Selloum avait enregistré un taux de participation de 31.31% vers 17:h00, sur les 1589 inscrits. Le chiffre officiel rendu public par l’APC d’Aghbalou est un taux de participation de 15,80% sur les 10.800 inscrits sur les listes électorales, et c’est le candidat Bouteflika qui s’est taillé la part du lion avec 80% des suffrages exprimés en sa faveur

Brahim. B

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28 mars 2009

Un hiver sous l’olivier vaec photos

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                                          Un hiver sous l’olivier

 

    La saison de la récolte d’olive au village selloum arrive à sa fin, en ce 15 Mars 2009 après une saison d’hiver froide, la récolte d’olive a pris presque du mois de décembre et ce termine avidement la fin du mois de mars, car « la récolte est bonne cette année » nous dira tout un villageois Hamid Hamoudi, un jeune agriculture du  village selloum qui nous montre même une de ses arbres,

     La récolte d’olive est abondante cette année par rapport au année passer, pour cela tout les membres de la familles son mobiliser pour pouvoir ramasser tout la récolte, même les enfants non pas eut l’occasion de profité du congé d’hiver ils sont préfère de donner un coup de main a leur parents dans ambiance est chaleur de famille, la journée des familles ce passe dans les chans. Entre les oliviers, ont repartie des taches entre autre de dérouler la bâche est l’autre allume un feux, pour supporté l‘aire glacial du matin est ce permettre une chaleur sous l’arbre.

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La fin de journée  dans des sacs que ont met cette olive récolté en les transportes directement vers une huilerie traditionnel  D akli At Atmante  ou une place auparavant que en  réservé dit le début de la saison  de la récolte d’olive, dans un espace large que il suffète de choisir une place, a cette grand espace il te faut voir avec Malek At Atmante dirige et t’oriente, de  et de t’inscrire pour une date fixe pour être présente a ton tour g’izzidh (moulage)  la journée la plus importante chez le fellah qui va voir le fruit des mois de ramages,avidement ! Pas avec des mains nus mais avec des bidents ! Qui seront remplit chose qui tracera une ligne de joie le fait de s’avoir que le rendement cette année et meilleur.

                                                                                                                        Slimani djamel

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23 mars 2009

L’Association écologique «Nature-Espoir» de Raffour célèbre sa journée

Raffour
L’Association écologique «Nature-Espoir» de Raffour célèbre sa journée

L’Association écologique «Nature-Espoir» de Raffour, commune de M’chedallah située à 50 km à l’est de Bouira, célèbre comme à l’accoutumée depuis 2005, la journée du 31 mars qui est une journée didactique de l’association.

Pour cette année 2009, l’association «Nature-Espoir» de Raffour célèbre la journée typique de l’association et pour cela un programme aussi riche que varié a d’ailleurs été concocté pour la circonstance et prendra effet au cours des journées du 20, 26 et le 31 mars. Le coup d’envoi sera donné pour la journée du vendredi le 20 mars comme première action de l’association, elle consiste à entretenir (binage, désherbage, et arrosage) des plants déjà plantés, s’ajoute la campagne d’implantation le long de la RN15 côté ouest de Raffour avec des plants de faux poivrier qui rentre dans le cadre de la réalisation de la ceinture verte de cette ville.

La journée s’est achevée par la distribution de trois sortes d’arbrisseaux comme le cyprès, caroubier, et le faux poivrier à tous les participants et citoyens, et ce à titre gratuit.

Pour la seconde action du programme de l’association, celle-ci se tiendra le 26 mars et sera consacrée «à une grande exposition avec la participation de la direction de l’Environnement, le parc Djurdjura, les forêts, les pépinières, des associations de la région et autres…», nous déclare le président de l’association M. Kechadi Said, et que «c’est le centre de formation Mansouri Hocine de Raffour qui abritera cette grande exposition pendant toute la journée». Pour la clôture de cet événement le 31 mars, le président et les membres du bureau de l’association veulent marquer cette date typique de l’association vu qu’elle coïncide avec la date de réception ; pour cela, une conférence est programmée sous le thème «Nature-Ecologie» assurée par un conférencier de la direction de l’Environnement.

C’est ainsi que l’association écologique «Nature-Espoir» de Raffour, consciente de l’importance et de la valeur de l’arbre dans la nature, participe par ces actions au développement et à la protection de l’environnement en général, espère inculquer une culture susceptible pour le protéger.

Slimani Djamel

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19 mars 2009

A Rafour le 19 Mars 2009

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17 mars 2009

La chaîne TV amazigh sera lancée ce mercredi

La Chaîne IV émettra six heures par jour, de 17h à 23h
La chaîne TV amazigh sera lancée ce mercredi

 

Bonne nouvelle pour les Kabyles ! La chaîne TV d’expression amazighe Chaîne IV sera enfin opérationnelle dès demain.

L’établissement public de Télévision vient, en effet, d’annoncer que  la Chaîne IV et la Chaîne V  seront mises en service à titre expérimental à partir de demain.  La Chaîne IV vient ainsi s’ajouter aux deux autres chaînes déjà bien établies au sein du paysage médiatique amazigh ciblant la région de Kabylie. Il s’agit de Berbère TV et Beur TV, sauf que ces dernières sont implantées en France, quoique que s’agissant de Beur TV, les programmes en tamazight et/ou kabyle sont diffusés de manière épisodique voire accessoire.

La chaîne d’expression amazighe Chaîne IV qui diffusera ses programmes en tamazight dans ses déclinaisons kabyle, chaouie, targui, chenouie, et mozabite, émettra six heures par jour, et ce, de 17h à 23h. Quant à la Chaîne V, dédiée au Coran, ainsi qu’au savoir et à la connaissance, elle  émettra huit heures par jour, et ce, de 16h à 00h.

"Les émissions des deux chaînes seront retransmises par les trois satellites Nilesat, Hotbird, et AB3, ainsi que par la voie terrestre hertzienne, et ce, en attendant l’élargissement de leur acheminement par le biais de la TNT  (télévision numérique terrestre) qui est en voie de réalisation", peut-on lire dans le communiqué parvenu hier à notre rédaction.

Le lancement de ces nouvelles chaînes entre dans le cadre du développement du secteur audiovisuel national tel que décidé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Inscrite dans le dispositif prévu par le plan de relance économique, la politique initiée à ce niveau vise, selon la même source, "l’extension et la modernisation de la télévision nationale", de sorte que le service public qui a vocation à répondre au droit à l’information des citoyens soit doté des voies et  moyens qui en assurent la consolidation et pérennité. Les deux nouvelles chaînes qui viennent s’ajouter à la chaîne terrestre, à Canal Algérie et à A3, déjà bien ancrées dans le paysage audiovisuel algérien, participent de cette démarche et constituent dans cette optique les premiers jalons de toute une série d’autres programmes dont la maturation est en cours, précise le communiqué. Dans le même sillage, le communiqué affirme que l’établissement public de télévision  élargit de façon conséquente son offre de programmes et concrétise de façon progressive ses objectifs de proximité avec ses nombreux publics aux besoins desquels elle s’emploie de répondre avec efficacité.  Ces deux nouvelles chaînes, émettront par satellite sur Nilesat via la position 7,2° Ouest-polarisation horizontale, et ce,  à travers les fréquences de réception 10 930 Mhz, par Débit symbole 27,5 Mbaud-Fec3/4.

Elles seront aussi diffusées par voie satellitaire sur Hotbird via la position 13° E-polarisation verticale à travers les fréquences  de réception 11 034 Mhz  sur le débit symbole 27,5 Mbaud-fec3/4. Ces chaînes seront également diffusées par satellite sur AB3,  à travers la position 5° Ouest-polarisation Horizontale via les fréquences de réception 11 065Mhz-QPSK, FEC2/3, SR : 17,904255 Msymbol/S.

Il est à l’évidence plus que louable qu’enfin des millions d’Algériens d’expression berbère puissent ne plus subir la frustration d’être privés de leur chaîne télévisuelle. C’est que dès le moment où cette perspective avait été une éventualité politico-médiatique quasi officielle, il en a fallu du temps pour qu’elle soit concrétisée. Mais mieux vaut tard que jamais surtout qu’avec cet événement, la nette avancée politico-institutionnelle et médiatico-culturelle de tamazight reçoit sa pleine confirmation.   

Lemya Ouchenir

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15 mars 2009

Dernier jour du colloque sur Bahia Farah

Dernier jour du colloque sur Bahia Farah
Et la fête fut !
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Ils étaient venus, ils étaient tous là, mais pas pour accompagner, comme dans la chanson d’Aznavour, une  “Mama tirant sa révérence”.  Ils étaient venus, ils étaient tous là pour, comme dans le Asefru de Si Moh, ressusciter Bahia Farah, cette  grande dame “yeqqes wezrem, yedja-as-d ssem-is”, cette grande dame qui “avait tant et tant attendu” son bien-aimé, Sid-Ali Temmam, cet autre énorme artiste.

Ce jeudi-là, ils ne s'étaient pas déplacés à Bouira pour  honorer un cachet: ils étaient mus par un élan de générosité pour honorer une mémoire.  Ils, c'est Anissa, Akli Yahiatène, Taleb Rabah Ldjida Tamechtouht, Dalila Brahmi, Chabha, Djamal Alam, Lehlou (le poète), Kamel Hamadi, Abdelkader Bendamache…

Ces stars malgré eux  ont, chacun à sa façon, rappelé au souvenir le talent de la belle Bahia. Elle, elle était élégamment mise en relief par un poster géant. Dieu comme elle est belle ! On ne sait pourquoi, peut être pour une raison subjective, la grâce, la classe et l’élégance que dégageaient l’image  nous extirpent le “Ciao bella !” de Ferhat. Et puis, il y a le public, ce  généreux public qui a embelli un peu plus la salle, ce joyau de la maison de la culture.  Qui avait dit que les Bouiri(e)s  sont enfermé(e)s  dans des bunkers psychologiques programmés par l’idéal moyenâgeux ? Non, ils sont insoumis aux instincts de la mort.  Il suffit tout juste de leur donner l’occasion pour qu’ils adhèrent entièrement  à l’hymne de la vie. C’est ce qui  d’ailleurs arrive depuis que le jeune responsable de la culture a décidé que désormais la culture dans tous ses éclats  “soit”. A treize heures, une heure avant le coup d’envoi, de la fête, qui en réalité a commencé le mardi dernier,  la grande salle est déjà agréablement pleine. Elle est féminine, masculine et “transgénérationnelle”. On y retrouve quelques figures familières qui pour tout l’or du monde ne passeraient pas à côté  des Akli Yahiatène, Djamel Allam et autre Anissa. On y retrouve aussi ces abonnés au “regarde, je suis là !”.  Le brouhaha de “l’entracte’’  le temps que Rachid Merzouk, l’animateur, invite sur scène, et sur fond de l’air de "Yeqqes-iyi wezrem",  Dalila Brahim. La jeune artiste interprétera le “tube’’ de Bahia Farah. Les jeunes découvrent, les vieux, les vieilles notamment, sont subjugués. Elles accompagnent Dalila et ne lésinent pas sur les youyous.

Chair de poule ! Ca flash de partout.  La chanteuse conclut sur fond d’un tonnerre d’applaudissement. C’est au tour de Chabha accompagné d’un élément de l’orchestre d’interpréter "Atas ay sebregh (J’ai tant attendu)", chanté en duo par Farah et Slimane Azem. Même chair de poule et même tonnerre d’applaudissements. Le tour de Djamal Allam arrive. L’artiste nous apprendra que c’est pour la première fois qu’il met les pieds à Bouira (merci Bahia !). L’auteur de "Ad sen-efk lwada.."  promet de revenir. En attendant, il interprétera "Ur ttru, a tamghart…". Délice. L’artiste nous laissera sur notre faim. Il faudrait vraiment qu’il revienne. Et vint le tour de Akli Yahiatène. Il aura droit à l’ovation  que sa carrure mérite, avant qu’il n’attaque "in-as i mmlayun Tawes… ". L’artiste n’a rien perdu ni de sa voix ni de son élégance.  Il enchaînera avec " Tamurt-iw" pour terminer avec l’éternelle "ya lmenfi". Et c’est tout le monde qui se lève pour saluer l’icône.

Les youyous (re)fusent de partout. Le monsieur s’incline devant son public et s’éclipse derrière les rideaux. Pour finir en beauté, Dalila est rappelé sur scène pour réinterpréter "Yeqqes-iyi wezrem". Toute émue, la jeune chanteuse écrasera une petite larme. Peut être qu’elle se reconnaît dans Bahia Farah, dans son texte. Dit-sept heures presque. Les artistes et la famille de Bahia Farah sont invités sur scène.

Le directeur de la culture, Omar Reghal, remerciera ses hôtes, avant de céder le micro à Fad de Mas production. Lui aussi remerciera  les artistes et le public.

Remise de fleurs et de cadeaux symboliques aux artistes terminera le colloque sur Bahia Farah. L’événement est réussi. Avant que la salle ne se vide, le directeur de la Culture promet aux Bouiri(e)s  d’organiser des manifestations de même nature pour rappeler à la mémoire d’autres artistes, pour rappeler à la mémoire l’Algérie de nos rêves. Nous surprendrons un grand "ouf !", sourde de la poitrine du jeune responsable de la culture qui cachera mal une petite larme de joie lui parcourant la joue. Mais c’était un grand moment d’émotion que seule la culture sait en “générer’’.

T. Ould Amar

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47 années après son assassinat : présence de Mouloud Feraoun

47 années après son assassinat : présence de Mouloud Feraoun
Humanisme et authenticité d’un instituteur du “bled’’

 

Presque un demi-siècle après son assassinat, Mouloud Feraoun fait toujours l’objet de travaux universitaires relatifs à la critique littéraire pure ou à l’histoire de la guerre de Libération algérienne. Il y a deux ans, un roman posthume de Feraoun a été publié en Algérie sous le nom “La Cité des roses’’.  Des chercheurs portés sur la poésie de Si Mohand U M’hand continuent à s’inspirer de la traduction qu’en a faite Feraoun dans un livre publié aux éditions de Minuit. Une traduction du “Fils du pauvre’’ a été réalisée en 2004 par un féru de Feraoun.

n  Par Amar Naït Messaoud

En tout cas, depuis sa disparition,  l’“instituteur du bled’’ n’a jamais cessé d’être au centre d’intérêt de personnes, cercles universitaires ou institutions académiques pour ce qu’il représente dans le monde de la littérature, dans le témoignage sur la guerre de Libération et dans l’univers de la culture kabyle.

Trois jours avant la signature des Accords d’Evian qui allaient mettre fin à la guerre d’Algérie, l’Armée de l’Organisation Secrète (OAS), farouchement opposée à toute idée de l’indépendance de l’Algérie, prit d’assaut, le 15 mars 1962, le Château-Royal à El Biar où s’étaient réunis les inspecteurs des Centres sociaux, un organisme crée par Jacques Soustelle avec l’assistance de Germaine Tillion. Les assaillants firent sortir six personnes en les appelant par leurs noms pour les aligner face à un mur et les fusiller. Les six inspecteurs sont : Mouloud Feraoun, Max Marchand, Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hamoutene et Salah Ould Aoudia.

Ces inspecteurs faisaient partie de ceux qui espéraient fonder un dialogue culturel entre les communautés en présence en aidant les plus pauvres et les plus démunis. Ils voulaient servir de passerelle entre ceux que l’histoire et les vicissitudes de la vie opposaient par les armes. Une entreprise humaniste bâtie sur la fraternité et la paix. Ils étaient sans aucun doute les victimes expiatoires d’un ordre violent, imparable et irrésistible inscrit sur le fronton d’un pays qui n’avait d’autre alternative pour accéder à sa liberté que l’ultime solution : la révolte armée. Les Ultras ne pouvaient imaginer un seul instant, qu’après 132 ans d’occupation, de jouissance de privilèges et de négation de l’indigène, il puisse surgir un nouvel ordre qui redonnerait la dignité aux autochtone et la parole aux gueux.

Dans une lettre à Emmanuel Roblès, écrivain et ami de M. Feraoun, Ali Feraoun écrit à propos de son père, le lendemain du drame : «Je l’ai vu à la morgue. Douze balles, aucune sur le visage. Il était beau, mon père, mais tout glacé et ne voulait regarder personne. Il y en avait une cinquantaine, une centaine, comme lui, sur les tables, sur des bancs, sur le sol, partout. On avait couché mon père au milieu, sur une table».      

 

La rançon de l’intelligence et de l’humanisme

 

Jean Amrouche, moins d’un mois avant sa mort le 16 avril 1962, écrivait dans un message : «Traîtres à la race des seigneurs étaient Max Marchand, Marcel Bassset, Robert Eymard, puisqu’ils proposaient d’amener les populations du bled algérien au même degré de conscience humaine, de savoir technique et de capacité économique que leurs anciens dominateurs français. Criminels, présomptueux, Mouloud Feraoun, Ali Hamoutene, Salah Ould Aoudia qui, s’étant rendus maîtres du langage et des modes de pensée du colonisateur, pensaient avoir effacé la marque infamante du raton, du bicot, de l’éternel péché originel d’indigénat pour lequel le colonialisme fasciste n’admet aucun pardon. Voilà pourquoi les six furent ensemble condamnés et assassinés par des hommes qui refusent l’image et la définition de l’Homme, élaborées lentement à travers des convulsions sans nombre par ce qu’il faut bien nommer la conscience universelle».

Dans l’introduction à la réédition par l’ENAG de “L a Terre et le sang’’, Mouloud Mammeri écrivait à propos de l’assassinat de Feraoun : «Le 15 mars 1962, au matin, une petite bande d’assassins se sont présentés au lieu où, avec d’autres hommes de bonne volonté, il travaillait à émanciper des esprits jeunes ; on les alignés contre le mur et…on a coupé pour toujours la voix de Fouroulou. Pour toujours ? Ses assassins l’ont cru, mais l’histoire a montrés qu’ils s’étaient trompés, car d’eux il ne reste rien…rien que le souvenir mauvais d’un geste stupide et meurtrier, mais de Mouloud Feraoun la voix continue de vivre parmi nous».

Le fils de Salah Ould Aoudia, Jean-Philippe, ne cesse, lui, de chercher la vérité à propos de ce massacre et de réclamer que justice soit faite. En 1992, il fit paraître un livre intitulé : “L’Assassinat de Château-Royal’’ (éditions Tirésis) du nom du lieu qui abritait les Centres sociaux. Dans une contribution qu’il a faite à l’ouvrage collectif  “Elles et Eux et l’Algérie’’ (éditions Tirésias-2004), il note : «Le massacre des Centres sociaux éducatifs est un acte dont les tueurs sont tous si fiers qu’à ce train-là tous les sicaires de cette organisation déclareront un jour qu’ils ont tiré  sur les six enseignants des Centres sociaux éducatifs. En toute impunité !

En effet, je ne peux pas, juridiquement, poursuivre un seul de ces onze ‘’salopards’’ qui s’autoproclament assassins de mon père et de ses compagnons. Cette indécente impunité des criminels trouve son origine dans les quelque soixante articles détaillant les lois d’amnistie successives qui témoignent de la bienveillance de la République, sans cesse renouvelée, à l’égard de ceux qui ont pourtant voulu la renverser.

Merci aux généreux dispensateurs d’amnistie…

Ces pardonneurs, toutes tendances politiques confondues, animés du seul souci de l’unité de la nation, se sont-ils préoccupés de ce que pouvait ressentir les citoyens hostiles à l’OAS et les victimes de cette organisation terroriste ? Et que dire de l’écoeurante complaisance à l’égard des tueurs de l’organisation que celle des médias qui écartent systématiquement le contrepoids que pourraient constituer les témoignages des victimes, face à un Jacques Susini, par exemple, pilier des émissions sur l’OAS et directement impliqué dans le crime de Château-Royal ?

L’affaire du général Aussaresses est significative de la prééminence du bourreau au sein de notre société (…) Eh bien, sans que rien ne nous ait préparé, il a suffi qu’un vieux général borgne proclame haut et fort les multiples exactions par lui commises et ordonnées à ses équipes de “spécialistes en liquidation sommaire’’ pour que l’opinion publique franchisse cet obstacle qu’on pensait insurmontable et admette que la “question’’ préalable avait été restaurée par la France pendant la guerre d’Algérie. La parole du tortionnaire a été plus convaincante que celle du supplicié, de l’intellectuel et de l’historien le plus éminent».

Mémoire des deux rives

 

Abordant le volet de l’histoire charrié par le souvenir des six martyrs du Château Royal, Jack Lang dira dans “L’Humanité’’ du 12 décembre 2001 : «C’est pour une façon d’affirmer que c’est événement tragique est une authentique page d’histoire que nous donnons à méditer aux enseignants, aux élèves, à leurs familles, et, au-delà, à l’ensemble de nos concitoyens. Il ne s’agit pas ici de rouvrir le dossier de la guerre d’Algérie ni de raviver les conflits et les antagonismes. Jamais, en outre, l’Éducation nationale n’a eu et n’aura une conception justicière de l’histoire. Mais, nous souhaitons rappeler fortement aujourd’hui que l’histoire est faite de l’expression, de la confrontation, de la circulation et de la reconnaissance mutuelle des mémoires». Il ajoutera que cet hommage est «surtout pour l’Éducation nationale une façon de rappeler que des figures venues des deux rives de la Méditerranée, notamment dans le domaine de l’enseignement, n’ont jamais cessé d’œuvrer au rapprochement des deux peuples de France et d’Algérie (…) Leur message de dignité personnelle et sociale, d’intelligence du monde et de formation des êtres, était inscrit dans les plus fortes valeurs éducatives, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, car éduquer, c’est ouvrir intelligemment à la vie, par le savoir et l’envie de progresser ensemble».                                  

Mouloud Feraoun a eu beaucoup d’entretiens avec des journalistes ou des écrivains illustres à l’image d’Albert Camus. Il a même un enregistrement à la télévision (ORTF) datant de la fin des années 50. Pour un homme de lettres, cela fait partie des activités ordinaires liées au métier tendant à susciter débats et controverses et allant, aussi, dans le sens de la promotion de sa propre production.

Pour Mouloud Feraoun, l’entretien journalistique n’obéit pas à une simple formalité dictée par “le marketing’’, pourtant nécessaire, ni à un ludique échange de questions/réponses. C’est plutôt la continuité, le prolongement de l’homme lucide, humble et humaniste qui s’était investi dans l’écriture, l’éducation des jeunes générations et la promotion des Centres Sociaux. Quatre jours avant le cessez-le-feu, il paya de sa vie sa générosité, son engagement humaniste et son honnêteté intellectuelle.

Mouloud Feraoun a été un témoin privilégié d’un des conflits les plus sanglants du 20e siècle après les deux Guerres mondiales. Témoin ? Pas seulement. Dans la tourmente indescriptible où il n’y a pas que des héros et des traîtres, l’écrivain devient acteur même si, par des efforts surhumains, il essaie de casser les ressorts de cette dichotomie et de ce manichéisme réducteurs. Pour cela, il suffit de feuilleter le “Journal’’ que Feraoun avait tenu entre 1955 et 1962 pour se rendre compte des déchirements et de la lucidité précoce du fils de Tizi Hibel.  L’environnement journalistique, à la périphérie de la littérature, qui régnait pendant la fin des années 40 et tout le long des années 50 était caractérisé par le réveil de la conscience européenne faisant suite à la déchéance des valeurs humaines et morales ayant marqué la Seconde Guerre mondiale. Les écrits et témoignages relatifs à cette période ont, en quelque sorte, balisé le champs intellectuel de ce que sera l’Europe pendant les décennies suivantes (Coexistence pacifique, Humanisme, lutte contre le révisionnisme en histoire,…).

Les grands auteurs ayant marqué ce bouillonnement médiatico-littéraire étaient, entre autres, Jean Paul Sartre, Albert Camus, André Malraux, Simone de Beauvoir, Raymond Aron, André Gide et François Mauriac (ce dernier était le premier à utiliser, dans le journal “Le Figaro’’ le terme Holocauste, avec grand H, pour désigner le massacre des Juifs par les Nazis. En hébreux, c’est la Shoah ).

Mouloud Feraoun, écrivain “indigène’’, instituteur du bled ayant décroché une place au soleil, ne fait pas partie évidemment de cet “aréopage’’ même s’il est pétri des mêmes valeurs humanistes, laïques et républicaines que ces illustres hommes et femmes de lettres. Comme il l’exprime dans ses œuvres et dans ses entretiens, Feraoun traite de l’homme kabyle, de la Kabylie et de la kabylité en les inscrivant dans la grande épopée de l’humanité avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses grisailles, ses imperfections et son élévation. Cette spécificité/universalité n’est pas familière des esprits engoncés dans la vie mondaine et les airs de villégiature.

 

Les hauteurs se méritent

 

M.Mammeri s’adresse à Feraoun en ces termes : “Mais, vieux frère, tu en a connu d’autres ; tu sais que pour aller à Ighil Nezman, de quelque côté qu’on les prenne, les chemins montent. Et puis après ? Tu sais aussi que les hauteur(s se méritent. En haut des collines d’Adrar n nnif, on est plus prés du ciel.» Tahar Djaout dira de lui : “Malgré cette carrière brisée (par la mort),M.Feraoun restera pour  les écrivains du Maghreb un aîné attachant et respecté, un de ceux qui ont ouvert  à la littérature nord africaine l’aire internationale où elle ne tardera pas à inscrire ses lettres de noblesse. Durant la guerre implacable qui ensanglanta la terre d’Algérie, M.Feraoun a porté aux yeux du monde, à l’instar de Mammeri, Dib, Kateb et quelques autres, les profondes souffrances et les espoirs tenaces de son peuple.

Parce que son témoignage a refusé d’être manichéiste, d’aucuns y ont vu un témoignage hésitant ou timoré. C’est, en réalité, un témoignage profondément humain et humaniste par son poids de sensibilité, de scepticisme et d’honnêteté. C’est pourquoi, cette œuvre généreuse et ironique inaugurée par “Le Fils du pauvre’’ demeurera comme un sorte de balise sur la route tortueuse où la littérature maghrébine a arraché peu à peu le droit à la reconnaissance. C’est une œuvre de pionnier qu’on  peut désormais relire et questionner’’.

 

Contre la dictature, le fanatisme et le mensonge

 

Nous avons pu retrouver deux entretiens, séparés par 12 années d’intervalle, que Feraoun avait accordés au journal “L’Effort algérien’’ du 27 février 1953 et à un numéro des “Nouvelles littéraires’’ datant de 1961.

Dans “Les Nouvelles littéraires’’, Feraoun répond à la question ; “Quel est le problème de notre époque qui vous préoccupe le plus ?’’ «Le plus important, dit-il, paraît être celui de la liberté et de la dignité de l’homme qui suppose, pour être réglé, que soit réglé avant lui et en toute urgence le problème de la faim et de l’ignorance. Mais, singulièrement, la paix du monde est toujours troublée ou dangereusement menacée par ceux-là mêmes qui proclament chaque jour leur désir et leur intention de résoudre cet important problème de la liberté et de la dignité de l’homme»

A la question «La mort vous obsède-t-elle ?», Feraoun répond avec une déconcertante lucidité : «J’y pense quotidiennement ;elle ne m’obsède pas. L’obsession de la mort a inspiré  de belles pages à Pascal sur le ‘’divertissement’’, mais un homme raisonnable n’a aucune inquiétude».

“J’ai 48 ans. J’ai vécu 20 ans de paix. Quelle paix ! 1920-1940. Et 28 ans de guerres mondiales, mécaniques, chimiques, racistes, génocides. Non, vraiment, on ne peut pas être optimiste sur l’avenir de l’humanité. On en arrive à penser constamment à la mort, à l’accepter dans sa nécessité objective. Encore un fois, il ne s’agit pas d’obsession».

Quel est le personnage historique que déteste le plus Feraoun ? Dans sa réponse, il ne désigne personne en particulier, mais il s’en prend à des catégories, à des vocations : «Les prophètes et leur fanatisme, les dictateurs et leur sectarisme, les politiciens et leurs mensonges».

 

Le message du roman selon Feraoun

 

Concernant la littérature proprement dite, Feraoun donne son avis sur le roman : «Pour moi, le roman est l’instrument le plus complet mis à notre disposition pour communiquer avec le prochain. Son registre est sans limite et permet à l’homme de s’adresser aux autres hommes : de leur dire qu’il leur ressemble, qu’il les comprend et qu’il les aime. Rien n’est plus grand, plus digne d’envie et d’estime que le romancier qui assume honnêtement, courageusement, douloureusement son rôle et parvient à entretenir entre le public et lui cette large communication que les autre genres littéraires ne peuvent établir (…) Le romancier, comme le poète et le peintre est digne d’envie. J’aime conter.

J’ai peut-être du talent. Je voudrais bien me croire doué. Je n’en sais rien. Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup de choses à dire et tout le reste de ma vie pour cela. La somme d’efforts que  mes ouvrages exigeront de moi sera toujours compensée par la joie que j’éprouverai à les écrire. J’écris donc d’abord pour moi. Mais, mon secret espoir est que cela touchera un jour quelqu’un ou beaucoup d’autres.                               

Dans “L’Effort algérien’’, Feraoun parle de sa première expérience littéraire, de lui-même et de ses moments d’écriture :

«J’ai écrit “Le Fils du pauvre’’ pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d’une lampe à pétrole. J’y ai mis le meilleur de mon être. Je suis très attaché à ce livre, d’abord je ne mangeais pas tous les jours à ma fin, alors qu’il sortait de ma plume ; ensuite parce qu’il m’a permis de prendre conscience de mes moyens.

Le succès qu’il emporté m’a encouragé à écrire d’autres livres (…) Il faut ajouter ceci : l’idée m’est venue que je pourrais essayer de traduire l’âme kabyle. J’ai toujours habité la Kabylie. Il est bon que l’on sache que les Kabyles sont des hommes comme les autres. Et je crois, voyez-vous, que je suis bien placé pour le dire. Le domaine qui touche l’âme kabyle est très vaste. La difficulté est de l’exprimer le plus fidèlement possible.»

Quand et comment Feraoun écrit-il, sachant qu’il est d’abord un fonctionnaire de l’enseignement ? «Je consacre ma journée à ma tâche professionnelle. J’écris mes livres la nuit et les jours de congé. Je noircis presque tous les jours de trois à quatre pages, sauf quand l’inspiration me fuit. Dans ce cas, je n’insiste pas.

Je commence par établir une grossière ébauche du livre. Et c’est en écrivant que j’ordonne mon récit. En gros, je sais où je vais. Mais, au fur et à mesure qu’avance le travail, survient des scènes et des situations que je n’avais pas prévues.»

Feraoun parle des livres qu’il aime lire : “J’ai beaucoup  lu, et de tout. Je goûte les livres vraiment humains, ceux où l’écrivain a essayé d’interpréter l’homme dans toute sa plénitude. Car, l’homme n’est ni franchement bon, ni franchement mauvais. L’écrivain, voyez-vous, n’a pas le droit de parler des hommes à la légère».

D’une probité exemplaire et d’une honnêteté intellectuelle rarement égalée, Mouloud Feraoun a été l’un des premiers qui ont placé la kabylité dans l’orbite de l’universalité et qui ont porté un regard humain et lucide sur sa société et les forces prométhéennes qui la travaillent. Enfin, en matière d’esthétique de l’écriture, il aura été une école que beaucoup d’autres écrivains du Maghreb ont essayé de faire leur.

Après l’avoir adopté dans toute sa dimension au début de l’indépendance, l’école algérienne du 3e millénaire a tourné le dos au “Fils du pauvre’’, comme elle a tourné le dos aux valeurs humaines, républicaines et modernes qu’il incarnait. Seuls quelques enseignants, dans leur “solitude pédagogique’’, continuent amoureusement à dispenser les belles et bénéfiques pages de Fouroulou.      

 

Feraoun dans la langue des siens

 

Plusieurs tentatives, les unes plus heureuses que d’autres, de traduire Mouloud Feraoun dans la langue des siens, le kabyle, ont été faites par des amateurs, des dilettantes ou des passionnés du verbe kabyle. Il semble que le premier élan primesautier des traducteurs du français au kabyle aille toujours vers les œuvres de Feraoun.

Les raisons sont sans doute nombreuses : style réaliste et processus narratif qui offrent plus de facilité, cadre du déroulement des romans de l’auteur (Kabylie) et surtout une certaine âme kabyle, une authenticité que l’on retrouve aussi bien dans le décor et les scènes que dans la langue elle-même. 

Au début des années 1990, j’ai personnellement engagé un travail de traduction avec le peintre Tighilt Rachid du village d’Agouni n’Teslent dans un cadre un peu spécial : il s’agit de la bande dessinée. Mordu du dessin et des phylactères, Rachid forma le projet de soumettre “La terre et le sang’’ à l’architecture et aux dialogues de la bande dessinée. Je me souviens que pour trouver l’équivalent du verbe “se terrer’’, il a creusé dans sa fertile cervelle de montagnard quelque trois ou quatre jours.

Il n’accepta aucune approximation convaincu que l’équivalent existait. Quelle ne fut sa joie le jour il me l’annonça dans son salon familial qu’il avait transformé en atelier de peinture. Chacun ayant eu par la suite son parcours particulier, le projet tomba à l’eau.

L’on a eu vent d’autres projets de traduction, à l’exemple de celui de Ferhat Mehenni, sans que cela aille jusqu’à la publication.

La première traduction mise en vente, c’est celle réalisée par Moussa Ould Taleb, “Mmis n igellil’’, sortie la première fois (en 2004) aux éditions du HCA et que nous avions présentée dans la “Dépêche du Livre’’ du 3 mars 2005, et la seconde fois aux éditions “L’Odyssée’’ de Tizi Ouzou en 2006 et que notre confrère Aomar Mohellebi présenta dans la ‘’DDK’’ du 6 avril 2006. L’auteur de la traduction, Moussa Ould Taleb, amoureux des écrits de Feraoun, est originaire d’Agouni n’Teslent (Aïn El Hammam) et vivait sur un fauteuil roulant à Draâ Ben Khedda jusqu’à sa mort le 4 février 2007 à l’age de cinquante ans.

Dans la présentation de la première édition, nous écrivions : «Dans cette entreprise de réhabilitation de la langue berbère en général et du kabyle en particulier, qui mieux que l’œuvre de Feraoun se prête à l’exercice de traduction ? Certains parlent même de travail de restitution tant le texte de Fouroulou “respire’’ partout la Kabylie mais aussi la langue kabyle.

Les lecteurs kabyles du “Fils du pauvre’’ ou des “Chemins qui montent’’ se retrouvent aisément non seulement en raisons des scènes et tableaux auxquels ils ont affaire, mais également en raison d’une langue française au travers de laquelle défile en filigrane la langue kabyle : formules consacrées, locutions idiomatiques tirées du terroir et d’autres repères linguistiques jettent des ponts entre deux cultures à la manière de l’écrivain lui-même, situé dans un évident déchirement, à la jonction de deux mondes, deux civilisations dont il a voulu être le lien solidaire.

Cette fidèle dualité lui a valu non seulement des inimitiés, mais aussi, fatalement, l’irréparable verdict de l’extrémisme ayant conduit à l’assassinant de l’écrivain humaniste.

Le travail accompli par Moussa Ould Taleb en traduisant en kabyle un des piliers de la littérature algérienne d’expression française a le grand mérite d’ouvrir la voie vers cette “restitution’’ légitime de l’univers de Feraoun, Mammeri, Ouary, et pourquoi pas de Dib et Kateb.

On peut largement admettre comme percutante la traduction dès le moment où la simplicité et la rigueur ont visiblement présidé à cette entreprise. Il s’agit de Taqbaïlit timserreht (kabyle courant), avec une dose gérable et acceptable de néologismes.

Au moment où la langue berbère voit son importance s’accroître dans l’institution scolaire, et au moment où les supports technologique de la culture moderne commencent à prendre en charge la culture berbère, la production des textes comme de Moussa Ould Taleb revêt un caractère stratégique. Il s’agira de fournir à l’école un support narratif de qualité en langue berbère, un domaine très déficitaire jusque-là, et de “meubler’’ les instances de création audiovisuelles en produits littéraires de fiction».

Amar Naït Messaoud

iguerifri@yahoo.fr

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10 mars 2009

Ruée sur le mausolée Sidi Amar Cherif

Bouira La fête célébrée dans la tradition
Ruée sur le mausolée Sidi Amar Cherif

A l’instar de toutes les régions du pays, Bouira a accueilli la fête religieuse  du Mouloud, avec les traditions propres à la région. Comme la veille de cette fête coïncide avec la Journée mondiale de la femme, les différentes localités de la wilaya ont connu une ambiance particulière. Les centres culturels et autres maisons de jeunes ont connu une grande affluence, pour assister aux différentes activités relatives aux deux évènements. De la robe kabyle aux sons assourdissants des pétards, en passant par la présence dans les différents lieux de la wilaya des vendeurs de viande blanche, Bouira a marqué ce double anniversaire dans la joie. A Ain Bessem, localité située à l’ouest du chef-lieu de la wilaya, El Mouloud a été célébré dans la tradition. En sus d’un dîner exceptionnel, des gâteaux ont été distribués dans les mosquées de cette ville. La veille de cet anniversaire de la naissance du Prophète, Ain Bessem a vibré sous le rythme des chants religieux et les pétards. De l’autre côté de Bouira, soit à Ighrem, dans la commune de Ahnif, les villageois ont choisi cette occasion pour l’ouverture officielle de leur mosquée. En parallèle, et pour marquer cet évènement, Ighrem a programmé une fiesta à travers timecret au profit de tous les villageois.

Cette action à laquelle tous les villageois ont été associés s’est concrétisée par le sacrifice de cinq bœufs, répartis en parts égales, en fonction du nombre de foyers. Les habitants, nous dit-on, ont contribué pour l’achat de ses bêtes. Quant aux nécessiteux, comme le veut la tradition, ils n’ont pas été lésés, ils ont eu leur part parmi tous les citoyens sans verser un sou. C’est dans une ambiance de fête que El Mouloud a été célébré dans cette région de l’est de la wilaya en présence du premier magistrat de la wilaya et des responsables des différents secteurs. A Chorfa, cette fête musulmane a un cachet particulier. Les citoyens se rendent la matinée vers le mausolée Sidi Amar Chérif. Hommes, femmes et enfants défilent dans ce lieu saint qui constitue un des éléments historiques de cette commune. C’est également une occasion pour ces villageois de se rendre aux tombes de leurs morts, car ce lieu est aussi le cimetière du village. Plus loin encore, vers Ibahlal, village relevant de la commune de Aghbalou, le mausolée Bahloul Ou Assem reçoit la visite de ses enfants. C’est à la mosquée du village que se rendent les villageois pour implorer Dieu et faire des vœux. Yemma Khdidja, la garde des saints, n’est pas sur le point d’être oubliée par les siens. Sa demeure sise à At Ali Outmime reçoit la visite des citoyens de la région. Cette femme qui a donné son nom au col de Lalla Khdidja est enterrée à l’intérieur de sa propre demeure. Quant à son époux Ahmed Bouzerman, sa tombe se trouve à quelques mètres du domicile. Notons enfin, nonobstant l’interdiction de vente des produits pyrotechniques dont les bâtons fumigènes, fusées et autres pétards, et les restrictions sévères quant à leur usage, certains vendeurs à la sauvette ne se sont pas inquiétés de ces mesures et continuent à écouler leur marchandise. Pour rappel, à quelques jours de cette fête, les services de sécurité de la ville de Ain Bessem  ont procédé à la saisie d’un lot de cette marchandise évaluée à une somme de cinquante et un millions de centimes au niveau du marché hebdomadaire de la ville.

M. Smail

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08 mars 2009

Femme rurale

Femme rurale
La rage de s’affirmer

«La femme est un individu de sexe féminin de l’espèce humaine». Cela est aussi évident que d’affirmer que l’eau mouille. Pourtant, cette évidence n’a été digérée que très tard. Et encore ! La femme, cet individu de l’espèce humaine, n’a  conquis des espaces de “liberté’’, de dignité que depuis la prise de conscience de l’inégalité de condition et de statut entre l’homme et la femme.

Dès lors, les sciences sociales ont  cherché à relever le pourquoi de l’inégalité et les mouvements féministes  à le combattre. Qu’en est-il chez nous, notamment en Kabylie ? Les choses semblent avoir sensiblement évolué dans la société kabyle où la femme ne s’affirme qu’une fois grand-mère. Elle devient alors un individu respecté, écouté, une sorte de amghar azemni au féminin  qui décide, à l’échelle de la famille bien sur. 

Quoi qu’il en soit, l’image de cette brave femme kabyle  qui, les yeux  baissés et les épaules rentrées,  transpirait sous un fardeau qui fait deux fois son poids tend à disparaître.  L’époque où elle n’assurait que la fonction de ‘’seksu d wusu’’ (le couscous et le lit) et était soumise à un esclavagisme  paysan imposé par une  société masculine plurielle est révolue. Mis à part quelques ‘’poches’’ où elle continue à subir le diktat sociétal, la femme semble en avoir fini avec le  temps où  faisait tout et ne disait rien, travaillait pour l’homme, dans le champ de l’homme et, le soir venu,  assurait la fonction de procréatrice. Fini aussi ce bouillonnant combat féministe pour les droits de la femme qui même s’il a marqué des points, n’aura au final et en gros réussi qu’à suggérer cette idée stupide qui consiste à croire que l’émancipation de la femme se matérialise à travers un jean et une cigarette.

Aujourd’hui, la rurale en veut et se bat. Elle descend, tous les matins, de Takerboust, de Zriba ou de Taghzout pour composer d’égal à égal avec son collègue de la ville.

Elle est médecin, enseignante, ingénieur  et même policière ou  juge dans un pays où la Constitution la décrète mineure à vie et la société cautionne le «ridjal qawamun âala nnisa (les hommes sont plus ‘’intelligents’’ que les femmes) » Paradoxal ?

Pas si paradoxal que ça, lorsque l’on sait que les considérations économiques, c'est-à-dire l’argent, fait taire toutes les attitudes moyenâgeuses.  En fait, cette transmutation spectaculaire de la femme rurale s’explique essentiellement et tout simplement par le fait que la famille rurale a besoin d’une stabilité  salariale à même de lui assurer le pain quotidien. L’huile d’olive et les figues sèches ne répondent plus aux besoins allant crescendo de montagnards de plus en plus exigeants. Mais pour travailler, il faut étudier. Cela, les jeunes rurales l’on compris et digéré.  D’abord, aller à l’école  pour ces jeunes villageoises était une aubaine pour fuir le diktat du frère, du père et même du petit frère. L’école était avant tout autre chose un espace de liberté. Un espace qu’elles apprécieront davantage, puisqu’il leur permettra de s’affirmer et d’exister.  Elles prendront consciences très tôt, dès le cycle primaire que si elles ne réussissaient pas, elles rentreraient à la maison aider la mère, avant qu’un inconnu ne vienne demander sa main. Elles s’accrochent. Elle est battante. Primaire, moyen et le bac au terme du cycle  secondaire. 

C’est leur acharnement à ne pas ressembler à leurs mères et grand-mères qui expliquent leurs réussites dans les études. Elles arrivent à l’université. Et là, tous les rêves et tous les espoirs leurs sont permis. De rurale puis battante, la villageoise devient femme de tête qui sans bruit résiste et refuse de  plier l’échine devant le Code de la famille et le ‘’terrogrisme’’.

T. Ould Amar

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La femme kabyle entre tradition et modernité

A la montagne ou en ville
La femme kabyle entre tradition et modernité

La femme kabyle, à l’instar de l’ensemble des femmes du monde, célébrera sa fête coïncidant  avec le 8 Mars de chaque année. Plusieurs festivités ont été initiées à l’occasion, dans les quatre coins de la région, afin de fêter dignement l’évènement. Un évènement et une fête qui ont quelque peu perdu, pour ainsi dire, de leur charme en Kabylie.

Il fut un temps où en effet, le 8 Mars avait un cachet spécial que ce soit à Tizi-Ouzou, Bouira où à Béjaïa et dans particulièrement les différents villages qui composent ces wilayas.

Dans un temps pas si lointain, le 8 mars constituait une véritable fête pour la femme kabyle qui mettait pour la circonstance, comme à l’Aïd, sa plus belle tenue, pour aller célébrer la journée en se permettant de sortir, une fois n’est pas coutume, et de s’offrir une promenade en ville et ce non sans la permission de la tutelle : l’homme. C’est que jadis, la femme rurale qu’est la femme kabyle ne sortait pas assez souvent.

Cette journée du 8 mars constituait pour elle une aubaine à ne pas rater, qu’elle attendait impatiemment pour se permettre de prendre un peu d’ait. Elle attendait la journée sacrée comme un enfant attend le jour de l’Aïd. En somme le 8 mars était vraiment différent des autres jours pour la femme kabyle.

Cela contrairement à aujourd’hui où la femme kabyle se permet... le 8 mars chaque jour dans ce sens qu’elle n’a plus besoin d’attendre “sa fête” pour sortir. Autrement dit, celle-ci est toujours dehors, en ville. La condition sociale a changé, pour cette femme, sa situation a évolué considérablement dans la société où elle tient un rôle prépondérant.  Cela dit, certaines femmes, il faut le dire, sont encore sujets à l’exploitation de l’homme. Le nombre important des femmes battues, bien que le chiffre exact ne sont pas disponible, en est la parfaite illustration. Dans certaines régions,  le concept de “la femme au foyer” est toujours de mise, avec tous les sens du concept. Cela est devenu minime, mais toujours est-il que des cas “isolès” de non-droit de la femme existent en Kabylie profonde.

Sinon dans l’absolu, la femme kabyle a gagné du terrain en matière d’existence sociale et ce après de moult sacrifice. Elle a désormais son mot à dire dans toute décision concernant son foyer. Il faut juste se rappeler et à titre d’exemple que la jeune fille kabyle n’avait même “le mot” pour choisir son mari dans les mariages. Dans son foyer conjugal, la femme n’avait qu’à vivre comme le veut son époux jusqu’à la fin de ses jours. Mais allez imposer un mariage à la fille d’aujourd’hui ! Les conséquences d’une telle suggestion peuvent s’avérer difficiles à digérer à tel point que les parents ne songent même pas à y penser.

La femme kabyle d’aujourd’hui est en fait intransigeante quand-il s’agit de ses droits qu’elle connaît d’ailleurs parfaitement grâce à son éducation et à l’instruction. Il faut dire que les parents n’ont certainement pas été déçus en acceptant “de libérer” leurs filles en leur permettant de s’instruire. La femme kabyle a fini par prouver qu’elle est digne des droits qu’elle a arrachés. En Europe par exemple, peu de femmes réussissent à concilier leur vie familial et leur carrière professionnelle ou l’un ou l’autre. Ce qui n’est pas le cas pour la plupart des femmes kabyles qui parviennent aisément à accomplir les deux missions et mieux encore en ajoutant le travail des champs comme la cueillette des olives.

En somme, la femme kabyle assume idéalement son statut de femme moderne. C’est pour toutes ces choses que la femme kabyle qui ne bafoue, également pas avec les principes de la femme rurale, mérite un véritable hommage à l’occasion de cette journée “symbolique” qu’est le 8 mars. Femmes kabyles saha Aïdkoum !

M. O. B

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La femme à l’index

La femme à l’index Etre femme, plus qu’une tare c’est un éternel fardeau porté ou plutôt supporté par nos femmes, nos mères, nos sœurs, qui sont parfois trompées, souvent bafouées, mais aussi reconnaissons le en cette occasion, sans cesse humiliées. Le décor ainsi planté, la femme algérienne se reconnaîtra d’elle-même dans sa passivité ou pour quelques unes dans leur combativité au quotidien. La disparité dont elle est victime chaque jour est flagrante, rien que dans les administrations étatiques ou bien encore privées, la femme, lorsqu’elle réussit à accéder à un poste d’emploi dans ses organismes est fréquemment reléguée au second plan. Considérée comme une éternelle moins que rien, elle fait figure de femme objet, voire esclave pourrait-on dire ne servant qu’à faire office de figuration, comme peut l’être un quelconque objet esthétique. Cela lorsqu’elle ne repousse pas les assauts de ses supérieurs hiérarchiques, et ils sont souvent nombreux. Car la femme Algérienne est souvent victime de harcèlements sexuels, mais elle doit se taire si elle veut sauvegarder son poste, mais avant tout son honneur. Devant cet état de fait, elles sont nombreuses à râler, en silence, à l’abri de la gent masculine. Pour l’anecdote illustrative, une jeune femme, âgée d’à peine une trentaine d’années a osé entrer dans un café maure afin d’y demander un café. C’est tout juste si elle ne s’est pas faite lyncher sur la place publique de Bouira. Le gérant de l’estaminet lui a fait remarquer méchamment que c’était “Un café pour homme’’. Avant de s’en aller, sans avoir pris son café, la femme lui rétorquera tout de même qu’il n’était faite aucune mention du genre “Interdit aux femmes’’. A se demander si la caféine est exclusivement destinée aux hormones masculines et spécifiquement aux chromosomes Y. Mais ce genre de scène n’est pas particulier à cette wilaya, et nombreuses sont les femmes qui voudraient siroter un café en toute tranquillité sans se faire draguer, ni se faire traiter de tous les noms d’oiseaux imaginables. La sempiternelle Fête internationale de la femme célébrée chaque 8 Mars n’est qu’un trompe l’œil pour mieux se faire pardonner des coups bas qu’elles encaisseront le lendemain et qu’elles ont encaissé la veille de cette cérémonie. Une cérémonie toute en fleurs mais, au demeurant, strictement masculin pluriel dans la plupart des cas. Ces femmes, qui sont avant toute chose des Algériennes à part entière, hormis le code de la famille qui vient le leur rappeler de temps en temps, ne font hélas pas grand-chose pour se faire valoriser aux yeux d’une société qui ne pardonne aucun écart. Pourtant au vu du passif des Algériennes durant la glorieuse révolution, ou récemment encore durant les années de terrorisme, les femmes ont prouvé leur attachement à la patrie, et à la société en particulier. Le sang des femmes, qui a largement coulé pour que ses enfants vivent dignement sans aucune inégalité entre les sexes aurait-il été oublié ? Faudrait-il remémorer aux esprits, le combat de Fatma N’Soumer contre l’armée coloniale, de Hassiba Ben Bouali dont rien que le nom faisait trembler les français et tant d’autres héroïnes nationales qui se sont sacrifiées. Non, leurs noms sont inscrits dans l’histoire de l’Algérie. Une Algérie toutefois indifférente aux aspirations et au désir de ces millions de femmes qui demandent en fait juste un peu de considération au quotidien et non pas une fois par année. En finir avec le sectarisme et la mise à l’index de la gent féminine est impératif pour que la société prenne conscience du rôle de la femme dans la vie de tous les jours. Hafidh B

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04 mars 2009

ABANE RAMDANE

Mercredi 4 mars 2009

                               ABANE RAMDANE 

Abane Ramdane

Abane Ramdane (en Kabyle: Ɛaban Ramdan) (1920 - 1957) était un homme politique algérien qui joua notamment un rôle essentiel dans l'histoire de la révolution algérienne, et est considéré aujourd'hui encore comme le dirigeant « le plus politique » du FLN, surnommé « l'architecte de la révolution ».

Principal organisateur avec Larbi Ben M'hidi du congrès de la Soummam, il trace les grandes lignes du mouvement révolutionnaire consistant à créer un État dans lequel l'élément politique l'emporte sur l'élément militaire, et a opté pour le pluralisme politique et linguistique en Algérie. Victime des luttes internes entres les colonels, partisans du pouvoir militaire, et les défenseurs du primat accordé au politique, il est assassiné au maroc sur l'ordre des « colonels » du CCE en 1957.

Biographie

Formation française, prise de conscience et engagement politique [modifier]
Né le 10 juin 1920 à Azouza dans la commune de Larbaâ Nath Irathen, appelée alors Fort National (Tizi-Ouzou), dans une famille modeste. Il obtient le baccalauréat mathématiques avec mention «Bien» en 1941 au lycée Duveyrier de Blida. Au contact d'autres jeunes Algériens, il se forge alors et se cimente une conscience politique et nationale, dans une société villageoise rongée par la pauvreté et la misère.

Abane est ensuite mobilisé et affecté pendant la Seconde Guerre mondiale, avec le grade de sous-officier, dans un régiment de tirailleurs algériens stationné à Blida, en attendant le départ pour l'Italie. Démobilisé, il entre au Parti du peuple algérien (PPA) et milite activement tout en travaillant comme secrétaire de la commune mixte de Châteaudun du Rhummel (Chelghoum Laïd).

Fortement marqué par les massacres du 8 mai 1945, il abandonne ses fonctions, rompt définitivement avec l'administration coloniale et entre en clandestinité pour se consacrer à « la cause nationale » au sein du PPA-MTLD. Il est désigné, en 1948, comme chef de wilaya, d'abord dans la région de Sétif, puis dans l'Oranie. Durant cette période, il est également membre de l'Organisation spéciale (OS), bras armé du Parti, chargé de préparer la Révolution.


Dans les prisons françaises, élaboration d'une culture politique
Recherché par la police française dans l'affaire dite du « complot de l'OS » (1950), il est arrêté quelques mois plus tard dans l'ouest du pays. Il est jugé en 1951, après avoir subi plusieurs semaines d'interrogatoire et de torture, et condamné à 5 ans de prison, 10 ans d'interdiction de séjour, 10 ans de privation des droits civiques et 500 000 francs d'amende pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'État ».
Commence alors un long calvaire dans les prisons d'Algérie (Bougie, Barberousse, Maison Carrée) et de métropole. Après un court séjour aux Baumettes (Bouches-du-Rhône]) au début de l'année 1952, il est transféré à Ensisheim (Haut-Rhin, Alsace) dans une prison de haute sécurité. Soumis à un régime de détention, de droit commun, extrêmement sévère, il entame l'une longue grève de la faim. À l'article de la mort, il est soigné et sauvé in-extremis, et obtient gain de cause.

Prisonnier politique, il est transféré en 1953 à la prison d'Albi dans le Tarn (sud-ouest de la France) où le régime carcéral, plus souple, lui permet de s'adonner à son loisir favori, la lecture, qui lui permet de forger sa culture et sa formation politiques. Il y découvre, notamment, la condition injuste et dramatique faite à la nation irlandaise, à maints égards semblable à celle que subit le peuple algérien depuis plus d'un siècle, et le sort d'Éamon de Valera qui connut, comme lui, les geôles britanniques.


Transféré à la prison de Maison Carrée au cours de l'été 1954, il est régulièrement tenu au courant des préparatifs de Novembre 1954. Il est même désigné d'office comme l'un des douze membres d'un comité chargé de prendre en mains les destinées de la résistance algérienne contre le régime français, pour l'indépendance de l'Algérie.


Libération, retour à la clandestinité et organisation des réseaux FLN
C'est à ce titre que les dirigeants de la zone III (Kabylie, future Wilaya III historique) prennent contact avec lui quelques jours après sa sortie de prison, le 18 janvier 1955, alors qu'il est assigné à résidence à Azouza. Après quelques jours passés auprès de sa mère paralysée, il quitte Azouza, entre en clandestinité et prend en charge la direction politique de la capitale. Son appel du 1er avril 1955 à l'union et à l'engagement du peuple algérien, signe l'acte de naissance d'un véritable Front de libération et son émergence en tant que mouvement national. Il y affirme son credo unitaire, « la libération de l'Algérie sera l'œuvre de tous », qu'il n'aura de cesse que de mettre en œuvre.

Il obtient vite une grande influence dans direction intérieure installée à Alger. Chargé des questions d'animation de la « Révolution » au niveau national en assurant la coordination inter-wilaya, il anime également la liaison avec la Délégation Extérieure du FLN établie au Caire, les fédérations de France, de Tunisie et du Maroc. Il a ainsi, la haute main sur toutes les grandes questions d'ordre national et international.
Il consacre également son énergie à organiser et à rationaliser la lutte, et à rassembler toutes les forces politiques algériennes au sein du FLN pour donner à la « rébellion » du 1er novembre la dimension d'un grand mouvement de résistance nationale. Secondé par Ben Youcef Ben Khedda, il impulse la création d'El Moudjahid, le journal clandestin de la Révolution, de l'hymne national Kassaman (en contactant lui-même le grand poète Moufdi Zakaria), appuie la naissance des organisations syndicales ouvrière (UGTA), commerçante (UGCA) et estudiantine (UGEMA), qui deviendront, elles aussi, un terreau pour la Révolution.


Structuration politique du mouvement national et luttes internes
Il met également en chantier et supervise la rédaction d'une base doctrinale destinée à compléter et à affiner les objectifs contenus dans la Proclamation du 1er Novembre 1954. Appuyé par Larbi Ben M'hidi, il fait adopter au Congrès de la Soummam du 20 août 1956 un statut pour l'armée de libération nationale (ALN) devant se soumettre aux « lois de la guerre », et surtout, devenir une plateforme politique dans laquelle est affirmée la « primauté du politique sur le militaire et de l'intérieur sur l'extérieur ». Il est désigné comme l'un des 5 membres d'un directoire politique national, le Comité de Coordination et d'Exécution (CCE), chargés de coordonner la « Révolution » et d'exécuter les directives de son conseil national (CNRA) créé à cet effet.

C'est Abane Radmane qui décide avec Larbi Ben M'Hidi et Yacef Saadi de déclencher la bataille d'Alger, durant laquelle, chargé avec Ben M'hidi de superviser l'action militaire, il coordonne l'action et la propagande politiques en direction de la population algérienne.
En mars 1957, après l'arrestation et l'assassinat de Ben M'hidi, et la traque de Yacef Saadi, les réseaux FLN à Alger, poussés par la 10e division parachutiste du général Massu, s'effondrent. Abane avec les trois autres membres du CCE doivent alors quitter la ville.

Il gagne Tunis via le Maroc, après une longue marche de plus d'un mois, et la traversée de tout l'ouest algérien. Dans la capitale tunisienne, il se heurte aux colonels de l'ALN. À ces derniers qui investissent en force les organes dirigeants de la Révolution (CCE et CNRA), il reproche une dérive autoritariste et l'abandon de la primauté du politique et de l'intérieur, adoptée à la Soummam, ce qui lui vaut des inimitiés.

Attiré dans un guet-apens organisé par les colonels du CCE (Krim Belkacem, Abdelhafid Boussouf, Lakhdar Ben Tobbal…) encouragés par Ben Bella alors détenu à la prison de la Santé, il est assassiné le 27 décembre 1957 dans une ferme proche de la ville marocaine de Tétouan. Son corps, disparu, est symboliquement rapatrié en Algérie, en 1984, pour être "inhumé" au carré des martyrs du cimetière d'El Alia, à Alger.


Jugements
« Abane Ramdane a eu le grand mérite d'organiser rationnellement notre insurrection en lui donnant l'homogénéité, la coordination et les assises populaires qui lui étaient nécessaires et qui ont assuré la victoire »
Ferhat Abbas, L'indépendance confisquée, éd Flammarion, Paris 1984 (p.188-189).
« J'ai connu pas mal d'intellectuels, mais Abane Ramdane était remarquablement intelligent. C'était en outre un homme simple, d'une sincérité absolue. Il n'aimait ni s'habiller ni avoir de l'argent. La seule chose qui lui importât était l'unité nationale. Il était décidé à l'obtenir par tous les moyens. Et c'est cela qui a choqué beaucoup de militants. Il était violent, brutal, radical et expéditif dans ses décisions »

                                                                                      par lounes ajennad publié dans

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03 mars 2009

M’chedallah CFPA Journées portes ouvertes

La formation et l’accompagnement de la femme au foyer en milieu rural

 

C’est sous le patronage du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels que tous les centres de formation professionnelle de la daïra de M’chedallah ont organisé des journées portes ouvertes à l’intention des femmes au foyer et de la femme rurale du 26 février au 10 mars.

Le centre de formation professionnelle Mansouri Hocine de Raffour, dans la commune de M’chedallah, a organisé ces portes ouvertes, sous le thème «Formation et accompagnement de la femme rurale et la femme au  foyer».

Le centre culturel Matoub-Lounès qui abrite ces journées, a vu la participation de beaucoup d’exposantes essentiellement des femmes au foyer. Celles-ci ont bénéficié de la formation au niveau de ce centre et ont pu, pour certaines d’entre elles, monter leurs propres ateliers. Pour clarifier le thème choisi, Idir Chachoua, conseiller d’évaluation professionnelle, explique : «Le but de la formation est de rendre la femme au foyer productive, elle doit participer à l’économie nationale, et à l’accompagner dans la procédure d’obtention des crédits ANSEJ et ANGEM.» Au niveau de la grande salle du Centre culturel, différents objets et produits conçus pour la plupart par des stagiaires, ont été exposés.  On y trouve essentiellement des objets de couture et de broderie, de la viennoiserie, des gâteaux orientaux et traditionnels, des peintures sur soie, des poteries, des décorations florales. Une forte demande de formation pour la femme au foyer, principalement dans les spécialités pâtisserie, couture, coiffure, esthétique se fait sentir au centre de formation de Raffour. «L’exposition a eu un impact sur les femmes qui l’ont visitée», nous déclare un conseiller. Dans l’optique de rapprocher la formation de la femme rurale, le centre de formation professionnelle de Raffour compte désormais ouvrir des sections détachées au niveau de toutes les localités les plus éloignées.

 

Axxam n’tajmait iwaquren au service des femmes au foyer...

Le centre de formation Daoud-Daou du chef-lieu de la daïra de M’chedallah, a choisi Axxam n’tajmait Iwaquren, situé au cœur du village de Raffour, pour abriter les journées «Portes ouvertes pour les femmes au foyer». Deux spécialités ont été au programme de l’exposition : la pâtisserie-viennoiserie et la coiffure.

Lors de son ouverture le 26 février, l’exposition a reçu la visite du président de l’APC de M’chedallah, des membres du comité du village iwaquren et de beaucoup d’hôtes.

Les exposantes, encadrées par deux enseignantes du centre de formation, ont étalé leurs produits (pâtisserie et viennoiserie) qui ont été proposés à la vente.

De l’autre coté, l’espace coiffure où certaines stagiaires encadrées par une enseignante offraient des coupes de coiffure gratuitement aux visiteuses. Le directeur de centre de formation Ahcène Haddadi , nous a déclarés que : «C’est pour encourager la femme au foyer à suivre une formation que ces journées portes ouvertes ont été organisées.» Les expositions de différents produits fabriqués par les stagiaires prouvent que le centre de formation professionnelle de M’chedallah privilégie plus la femme au foyer pour qu’elle soit productive.

 

... et à Chorfa                            

  Le centre de formation professionnelle Oukrid-Belkacem, dans la commune d’Aghbalou avec son annexe Chibane-Mohamed-Ameziane de Chorfa, a organisé une riche exposition à l’occasion des «Portes ouvertes» sous le thème : «La femme au foyer et la femme rurale».

La salle de couture du centre de formation a abrité une exposition de robes traditionnelles, broderie, peinture sur soie, pâtisserie et gâteaux traditionnels et orientaux et de coiffure.

Des réalisations remarquables, vu que cela fait à peine six mois que cette annexe a ouvert ses portes aux stagiaires. Tous ces produits ont été réalisés par ces stagiaires femmes au foyer malgré certains manques. «Les stagiaires ont réussi à élaborer le maximum du programme de cette exposition», nous dira une enseignante.

A signaler que les visiteurs et notamment la gent féminine, ont visité méticuleusement cette exposition lors de la première journée d’ouverture.

Slimani Djamel

Posté par djamelslimani à 10:33 - ARTICLE DE PRESSES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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