29 octobre 2009
Une cité antique, une ambition actuelle
Depuis que le bruit a circulé de façon insistante sur la possibilité de promotion en wilaya-déléguée de la daïra de Sour El Ghozlane, les langues se sont déliées pour dire “la frustration” historique de certains habitants de la cité. La ville a toujours eu, dans ce vieux projet, une rivale de poids : la ville de Bousaâda qui fait valoir depuis longtemps son charme, son histoire et son envergure pour prendre sous ses ailes le couloir de la RN 8 séparant les deux cités. Les dernières indiscrétions émanant du ministère de l’Intérieur réconfortent apparemment les deux protagonistes puisque les deux villes sont citées comme futurs chefs-lieux de wilaya-déléguées. A 32 kilomètres du chef-lieu de wilaya de Bouira, la ville de Sour El Ghozlane donne l’impression, en cette fin de mois d’octobre, de sortir de sa torpeur et la poussière dans lesquelles elle s’est morfondue pendant tout l’été. Autour de cette ville de quelque quarante mille habitants par laquelle s’ouvrent les Hauts-Plateaux du centre, l’automne ensoleillé semble ravir ses couleurs au printemps. Jouxtant les peupliers qui garnissent les berges de l’oued Lakhal, les champs de blé et les vergers, par leur verdure et leur floraison, donnent un éclat souriant au paysage. Ici, l’espace rural n’est pas loin du centre-ville. A Becouche, Aïn Ameur, Oued Feham, Ilaouch El Ousfane, soit à peine trois kilomètres du cœur de la ville, commencent les bourgades et les hameaux qui entourent le périmètre urbain. Mieux encore, la belle pinède de Harhara, forêt suburbaine qui abrite la mythique maison forestière appelée Aïn Tebib, n’est qu’à 2 km du quartier Bouchlaghem. En plus des aménagements urbains, la ville reçoit d’autres projets de développement dont la plupart sont inscrits dans le programme Hauts-Plateaux : un tribunal flambant neuf, un projet de réhabilitation des remparts de la ville et de l’ancienne caserne, construction d’un hôpital psychiatrique, station de traitement des eaux usées sur la route de Aïn Bessem réceptionnée il y a quelques mois, un programme d’habitat très consistant toutes formules confondues... etc. Sur la RN 8 (Alger-Bousaâda), une file de camions collés les uns aux autres serpente le long de la pente qui mène vers le col de Dirah. Depuis quatre ans, ce genre de spectacle est devenu quotidien. D’immenses bouchons se forment de jour comme de nuit. Les poids lourds sont chargés de ciment (la cimenterie de Sour El Ghozlane est à 5 km de la ville sur le CW 127). Mais, ils sont souvent aussi chargés de gravier ou de sable acquis auprès des carrières d’agrégats installées dans le périmètre d’El Hachimia. D’autres camions ramènent de la brique de Bousaâda pour les chantiers de bâtiment du Nord ou de la carotte produite dans le fertile périmètre agricole de Maâdher. En tout cas, les encombrements sur les deux routes (RN 8 et CW 123) sont devenus légendaires. A neuf heures du matin, la place publique, enserrée entre le jardin municipal et la mosquée, grouille déjà de monde. Des jeunes et des vieux investissent les lieux, qui en s’adossant au mur d’un café, qui en se tenant debout comme un “i” au centre de la place. Un ami, regardant la scène d’assez loin me fait remarquer que ce spectacle ressemble fortement à une préparation aux émeutes telles celles qui se déroulent un peu partout sur le territoire national. Une cité en pleine mutation La ville de Sour El Ghozlane est connue depuis la plus haute antiquité. Sous les romains, elle s’appelait Auzia. Les pierres tombales qui ornaient les sépultures des princes et notabilités romaines sont toujours là. Elles garnissent le jardin de l’ancienne sous-préfecture et les allées du jardin de la Pépinière. En 1854, les Français ont construit des remparts de défense percés de meurtrières et ponctués de 4 portes portant les noms des villes vers lesquelles elles sont dirigées : porte d’Alger, de Sétif, de Bousaâda et de Berrouaghia. Le centre-ville colonial est bâti sur une butte qui culmine à 886 m d’altitude. Ce chiffre est gravé sur une pierre angulaire d’un vieil immeuble qui abritait l’hôtel de ville. Aujourd’hui, il fait office d’un bureau de poste. En plusieurs endroits, le mur menace ruine. Des brèches sont ouvertes par-ci par-là et des pans entiers du murs ont été arrachés par un travail de dépeçage auquel se sont livrés impunément des délinquants et autres truands aveuglés par le gain facile en vue de construire leurs propres villas avec des pierres taillées au début du 19e siècle ! L’extension de la ville pendant les années 1970/80 s’est faite vers l’Est, dans la direction de Bordj Okhriss. Sur la rive droite de l’oued Lakhal, un nouveau quartier a vu le jour. C’est le “Geni”, plutôt prononcé “El Djeni”. Ce toponyme vient du nom de l’entreprise qui a construit les logements de ce quartier, Genisider. Outre la route qui descend de Bab El Guardh (ou Porte de Sétif), le Géni est relié à l’ancienne ville par des escaliers construits au début des années 2000 et qui dévalent la route en contrebas de l’ilot de B’hiret Medjbeur jusqu’au vieux pont de l’oued, pont piétonnier sous forme de passerelle. Les maison du Geni sont de coquettes maisons sans étage — à de rares exceptions — construites en pierres taillées qui se passent allègrement du crépissage. Les rues et venelles séparant les maisons sont larges et propres. Des épiceries, des magasins, des ateliers de réparation pour matériel électroménager, des kiosques et des cafés y sont ouverts, contrairement aux nouvelles cités des “300” ou “500” logements situées à quelques encablures de là. Les programmes du réaménagement du tissu urbain, d’embellissement de la ville et de la restauration de sites historiques tendent à réhabiliter la ville de Sour El Ghozlane. Les deux infrastructures culturelles — le centre Houari-Boumediène et la Maison de jeunes Slimane-Amirat — sont appelées à jouer les grands rôles pour rassembler les jeunes autour des activités les plus saines et les plus motivantes. Une campagne qui se ressource La ville de Sour El Ghozlane est considérée comme la porte des Hauts-Plateaux du Centre à partir de laquelle s’ouvrent les horizons ocres et plats de la vastitude steppique. Le centre urbain commence à ressentir le poids de l’exode rural de populations qui ont quitté les communes voisines au milieu des années 1990, pour des raisons de sécurité, et sont venues s’installer en ville. Ce n’est qu’avec le retour de la sécurité au début des années 2000 et de la mise en œuvre des programmes de développement rural que la campagne commence à se repeupler graduellement. Avec le programme de l’habitat rural, soutenu par l’Etat à hauteur de 50 millions de centimes au début, puis de 70 millions de centimes depuis une année, les bourgades de la région ont changé de physionomie. Même si la typologie de construction est uniforme, la dispersion des demeures dans l’espace et les couleurs fantaisistes qui sont données à leurs façades créent une sorte de joie discrète et de sentiment de retour à la vie. En sortant de la ville de Sour El Ghozlane en direction du Sud, le col de Dirah, haut de 1 100 m d’altitude, marque pour nous la limite nette entre le Tell et la Steppe. Hormis les poches de pinèdes issues des reboisements réalisés pendant les années 1980, la végétation se réduit de façon drastique à partir de cette altitude. Quelques buissons par-ci, quelques petits vergers enfoncés dans les berges de l’Oued Djenane par là, parsèment de grandes étendues de terres où les agglomérations sont trop dispersées pour apprécier sur-le-champ l’importance de la présence humaine. Les quelques hameaux qui composent ces contrées sont dissimulés derrière quelques buttes rocailleuses. Mais souvent, l’habitat reste isolé. Il n’est pas rare de rencontrer deux maisons traditionnelles perdues dans la plaine et dont les toitures, vues de loin, se confondent avec les pâturages herbacés qui leur sont attenants. Ce qui, en revanche, marque sa présence physique de la manière la plus rituelle, c’est bien le cheptel ovin dont les troupeaux sont disséminés sur toute l’étendue des parcours steppiques. A l’approche de l’Aïd El Kebir, les enchères montent pour moutons et béliers. Dans quelques jours, commenceront les petites foires itinérantes qui font circuler des centaines d’ovins, acquis à Sidi Aïssa, M’sila ou Biskra, autour des villages et bourgades pour non seulement proposer une bête à immoler, mais aussi susciter la demande en visant particulièrement les enfants que les parents auront du mal à décevoir. Amar Naït Messaoud
26 octobre 2009
décés de la doyenne de la localité selloum
Selloum, village de la localité d’Aghbalou, ne compte pas moins de 6 centenaires Nna Dahlia Oucherki, 104 ans, L’hadj Bouaziz 103 ans, L’hadj Achour 100 ans et parmi eux, Nna Chabha Ourezki, qui vient de s’éteindre la semaine dernière. La doyenne du village avait fêté ses 110 ans. Un record de longévité jamais enregistré auparavant dans la localité. Nna Chabha fut d’abord cette petite femme dont le seul nom évoque la sagesse et la bonne parole qu’elle avait des années durant. De nature affable et d’une gentillesse sans égal, elle a séduit tous ceux qui l’ont approchée. Elle avait toujours le mot juste pour accueillir le visiteur ou le simple citoyen qui s’adressait à elle. On parlait d’elle comme étant la grand-mère de tout le village. De son vrai nom, Chergui Chabha bent Arezki dit Nna Chabha Ourezki, est née à Selloum douar Aghbalou en 1898. Sa sœur, Djedjiga, a elle-même vécu 103 ans n’a tiré sa révérence en 2004 est décédée en 2004, tandis que sa cadette, Méalaaz est vivante à ce jour. Mariée très tôt en 1939, elle ne s’est jamais remariée après le décès de son défunt mari. Elle a préféré consacrer sa vie à ses deux enfants Louisa née en 1928 et Bouaziz né en 1933 comme deuxième enfant et aussi ses neveux et nièces. Pour le secret de sa longévité, Yousef Challal nous en parle avec tristesse : “... Zith ouzemour, l’huile d’olive qu’elle consommait en grande quantité avec le massage quotidien de son corps et tout le temps”. La potion s’est avérée efficace, pour preuve, elle garde par ailleurs toutes ses capacités physiques et morales, malgré son âge et elle ne souffrait ni de diabète ni de cholestérol. Son enterrement s’est déroulé lundi passé en milieu de journée au cimetière de son village natal. Un enterrement qui a vu la présence d’une foule nombreuse venue rendre un ultime hommage à Na Chabha, la grand-mère de tout le village. Avec le décès de la doyenne de Selloum, c’est tout le village qui perd un des gardiens de son authenticité et de sa mémoire. Slimani Djamel
Takerboust Aghbalou Grève de deux jours dans l’ensemble des établissements scolaires
Takerboust Aghbalou Grève de deux jours dans l’ensemble des établissements scolaires Les parents d’élèves montent au créneau Le secteur de l’éducation dans la wilaya de Bouira a été encore une fois secoué par un mouvement de protestation, le énième a être enregistré depuis la rentrée scolaire. Hier matin, les établissements scolaires du primaire, du moyen et du secondaire du chef-lieu de la commune d’Aghbalou ont été paralysés par une grève initiée par les parents d’élèves du CEM Tazaghart-Achour. Cette grève, et comme nous l’avions rapporté dans notre édition d’hier, devrait initialement toucher le collège, mais elle a fait boule de neige puisqu’elle a très vite gagné les autres établissements scolaires de Takerboust. Ainsi, un arrêt de cours a été observé durant toute la journée d’hier, au niveau des trois écoles primaires que compte la localité et du lycée et ce débrayage devrait se poursuivre aujourd’hui. Selon les parents d’élèves du collège Tazaghart-Achour, la décision de recourir à la grève a été mûrement réfléchie et a été prise à l’unanimité lors de l’assemblée générale qui s’était tenue vendredi dernier. Par cette action, expliquent-ils, ils veulent attirer l’attention des responsables de la direction de l’éducation sur les conditions jugées plus que lamentables dans lesquelles leur progéniture est scolarisé. “Nos enfants suivent leurs cours dans des salles très dégradées et en l’absence de l’eau potable et du chauffage”, nous avoue un parent d’élève. Et d’ajouter : “La situation se complique davantage pour les élèves une fois l’hiver installé, du fait de la vétusté de la boiserie et de la dégradation des classes qui sont souvent submergées par les eaux de pluie qui s’infiltrent de partout. En plus du froid qu’ils ont à supporter, les enfants s’exposent à des risques d’électrocution”. Pour sa part, un autre parent soutient que cet établissement édifié au début des années 1980, devrait être fermé car selon lui, l’infrastructure est dans un état de dégradation très avancé et ne répond pas aux normes. Par ailleurs, et à côté de tout cela, certains parents, eux, évoquent un autre problème, celui de la surcharge des classes. Un écueil qui s’est longtemps posé au niveau de cette localité, ce qui a amené les autorités locales à inscrire un nouveau collège au chef-lieu communal. Cependant, et à cause de beaucoup de contraintes, notamment l’absence d’assiette foncière, le lancement des travaux de sa réalisation ont pris énormément de retard. Et en attendant la concrétisation de ce projet tant attendu, les responsables de la DE devraient solutionner les problèmes qui se posent au niveau de l’actuel CEM et ce, afin de permettre aux élèves de suivre leur scolarité dans de bonnes conditions. C’est en tout cas, le souhait exprimé par les parents d’élèves. A signaler qu’un sit-in est prévu aujourd’hui, devant la direction de l’éducation.
Djamel M
24 octobre 2009
Irresponsabilité au sein de l’APC d’Aghbalou
Irresponsabilité au sein de l’APC d’Aghbalou
Par : D.Messaoudi
Dois-je rappeler que le maire est élu par les citoyens afin de servir les citoyens ? Le P/APC d’Aghbalou semble avoir oublié sa mission, sinon comment se fait-il qu’un citoyen en litige avec d’autres citoyens lui adresse une plainte il y a plus d’un mois et lui préfère couver dans son bureau en gardant un silence méprisant à l’égard de la requête du plaignant ?
L’affaire qui m’oppose aux marchants ambulants, aux commerçants d’en face et aux revendeurs de poisson et de poulet est grave dans les dommages qu’elle m’occasionne et facile à gérer et à lui trouver des solutions.
Dommages occasionnés :
- Le côté sud de la rue étant quotidiennement occupé par les véhicules et leurs marchandises, en plus des clients, des poids lourds, chargés de surcroît, devront serrer vers le côté bas jusqu’à passer sur le trottoir, du côté de ma maison. Sachant que celle-ci possède une cave, un de ses murs sert aussi d’un mur de soutien à la rue. Le passage d’un poids lourd chargé sur la rue cause déjà des vibrations dans toute ma maison qui, par le temps, se fissure. Que dira-t-on alors du passage de ce même type de véhicule sur le trottoir construit sur ce mur de soutien ? Ce n’est pas nécessaire d’être architecte pour connaître la réponse.
- Les marchandises telles que l’ognon et la paille produisent des masses de déchets qui, par l’effet des vents, s’éparpillent et s’introduisent dans mes locaux et ma maison.
- Une demi heure avant leur départ, les marchants en question mettent les moteurs de leurs véhicules en marche. Il s’ensuit que je suis dérangé non seulement par le bruit amplifié par la forme sphérique de la rue située entre nos habitations, mais aussi par la fumée des échappements qui monte et s’infiltre avec l’air dans l’intérieur de ma maison. Là encore, on n’a pas besoin d’être des génies en physique pour comprendre le phénomène.
- Comparée aux autres rues du village, notre rue connaît plus de problèmes liés à l’encombrement ; il ne se passe presque pas une seule journée sans qu’une bagarre éclate entre les passagers parmi les automobilistes ou entre ceux-ci et les camionneurs qui ravitaillent les commerçants ayant loué mes locaux. Même moi je me retrouve malgré moi entraîné dans ces conflits toutes les fois que j’ai des matériaux de construction à décharger. Je n’ai droit même pas à 10 ou 15 minutes de stationnement paisible face aux occupants illégaux de la rue, alors que je suis le propriétaire de la maison qui donne sur cette rue ! J’en ai vraiment marre de devoir crier chaque jour pour me faire de la place.
- Les revendeurs de poisson, souvent en nombre de quatre, étalent leur marchandise sur le trottoir et y déversent continuellement de l’eau pour la rafraîchir ; il s’ensuit qu’un mélange d’eau et de sang court le long du trottoir jusqu’à l’angle ouest de ma maison où il forme une flaque avant de descendre dans la rue et continuer sa course devant ma maison jusqu’à l’ouverture du puisard situé à l’autre angle de ma demeure. Non nettoyé et la chaleur de l’été aidant, le trottoir pue l’odeur du poisson pourri et des hordes de mouches tournoient sur les lieux et envahissent mes locaux et ma maison. Encore une fois, on n’a pas besoin d’être des docteurs en médecine pour savoir que la santé publique en général et la santé de ma famille en particulier est mise en péril.
- Les commerçants de poulet, qui n’apparaissent heureusement qu’à l’approche des fêtes religieuses, provoquent autant de dégâts ; ils quittent les lieux en laissant derrière eux le plumage, les excréments et le sang des poulets égorgés. Parfois, ils osent même jeter au bas de la rue (dans la propriété d’Ath Qassi ou celle de Younes Messaoudi) des poulets mort de maladie ou d’épuisement. Si le poulet n’est pas aussitôt dévoré par les chiens ou les chats, les habitants de ce lieu ont alors droit à de bonnes doses d’odeur du pourri.
Solutions proposées:
1- A leur venue au matin, les marchants devront éteindre les moteurs de leurs véhicules aussitôt garés. En se préparant au départ, ils ne devront allumer les moteurs qu’à cinq minutes du démarrage ; c’est amplement suffisant pour remplir les bouteilles à gaz des freins et c’est moins dérangeant en terme du bruit et des gazes d’échappement pour les habitants des lieux.
2- Les marchants ambulants déchargeront et étaleront leurs marchandises sur le trottoir puis emmèneront leurs véhicules à leurs garages. De cette manière, la rue gardera ses deux voies et aucun embouteillage ne sera provoqué. A l’heure du départ, les marchants ramèneront leurs camions pour charger leurs cajous vides, nettoieront la place et repartiront.
3- Les marchants de poisson étaleront leur marchandise sur un récipient métallique qui accueillera les eaux usées et les déversera à travers un tuyau dans un bidon. Une fois celui-ci rempli, il sera déversé directement dans le puisard le plus proche. Ainsi, le trottoir restera propre et la santé publique sera préservée.
4- Les marchants de poulet devront aussi utiliser un récipient pour le sang des poulets égorgés. Quand un poulet meure, ils devront le brûler complètement au bas côté de la rue ou l’emmener avec eux au départ pour le jeter hors du village.
Comme vous voyez, tout problème a une solution. Il suffit de la bonne volonté des uns et des autres pour mettre fin aux conflits. Et le P/APC, en tant que magistrat suprême de la commune, devra mobiliser ses services afin de mettre fin définitivement à toute situation qui pourrait mener vers l’irréparable. Sinon, il aurait trahi la confiance des citoyens qui l’ont désigné pour gérer leurs affaires.
Pour finir, je suis conscient de l’intérêt de ces commerçants pour mes co-villageois – c’est pourquoi ceux-ci les défendent avec acharnement – ; cet intérêt me touche aussi en tant que propriétaire des locaux commerciaux, puisque notre rue devenue une rue commerçante attire des clients, mais tout cela ne doit pas justifier l’existence des embouteillages, de la saleté et de tant d’autres désagréments qui nous empoisonnent la vie dans notre quartier
sours/http://ffsaghbalou.blog4ever.com
17 septembre 2009
Rachid Oulebsir, auteur du roman Les Derniers Kabyles, à l’honneur
Au moment où les gens se pressent de quitter leur pays, que le phénomène harraga est à la mode, prend de une ampleur et même des tournures douloureuses et dramatiques, Rachid Oulebsir, dans son roman intitulé Les derniers Kabyles sorti le mois de juin 2009 chez Tira Editions, nous présente un personnage dont la décision est de se réinsérer dans sa société pour l’aider, par son savoir et son érudition, à transiter vers la modernité. Comme disait si bien Gramsci : “Le vieux monde se meurt. Le nouveau monde tarde à paraître.” En effet, c’est cette problématique que Rachid Oulebsir nous expose dans son roman. Les Derniers Kabyles construit sur le “Je” nous rapproche de l’écriture autobiographique. En effet, l’histoire racontée par le narrateur ressemble beaucoup à la vie de l’auteur telle qu’elle apparaît dans la 4e de couverture du livre.Rachid Oulebsir nous raconte l’histoire d’un intellectuel qui renoue avec le confort citadin, pour vivre ce que l’auteur appelle les “derniers instants de la société kabyle”. Sa décision prise, il quitte Alger et laisse tomber son travail, ses amis, Linda sa compagne, pour se réinstaller à Ighil. Le livre est construit sur 12 parties, agencées de sorte à créer une harmonie et un plaisir de lecture. Dans chaque partie, l’auteur nous invite à visiter sa société à travers une pratique, un métier, une tradition : le retour, transhumances, l’Agora. La fête de l’eau, le cercle de bénédictions… sont les titres des parties parmi d’autres qui placent le lecteur au cœur de la société kabyle. Ecrits dans un style simple, limpide, Les Derniers Kabyles est un roman facile à lire et passionnant. Pour arriver à ce projet d’écriture, Rachid Oulebsir a réalisé de nombreux reportages sur les métiers traditionnels, les rites et les coutumes kabyles pour les journaux le Matin et La Dépêche de Kabylie. Diplômé des universités Paris-Nord, Paris-I-Sorbonne, en économie des ressources humaines en 1978, Rachid Oulebsir a rompu avec le milieu universitaire au début des années 1980, pour réaliser son rêve, vivre en Kabylie, dans son Tazmalt natal. Correspondant de presse depuis 1991, il a édité en 2008, une étude sur l’olivier en Kabylie chez les éditions Hannatten. Les Derniers Kabyles est un roman de format A5 et de 347 pages. La couverture est illustrée par une jolie photo d’un ancien village kabyle disponible dans les librairies au prix de 650 DA, sa lecture est fortement recommandée.A noter que ce livre est soutenu par le département du livre et de la lecture publique du ministère de la Culture. Lamia Otmani
Ath Khrouf, un trésor abandonné
Il est des villages kabyles qui, perchés du haut de leurs collines, semblent figés dans le temps. Des hameaux qui, désertés par leurs habitants durant la décennie noire demeurent à l'abandon, sans entretien aucun, face aux rudes conditions climatiques de la région qui érodent saison après saison, année après année les habitations. Ath Khrouf est l’un de ces villages parmi tant d'autres, qui a connu un exode massif de sa population. Distant d'une dizaine de kilomètres de la commune de Haïzer, en pleine montagne, le hameau composé à l'époque d'une quarantaine de foyers demeure inhabité à ce jour, malgré les efforts de quelques-uns de ses anciens occupants pour le repeupler. C'est justement en leur compagnie que nous avons été à la découverte de cet endroit. Après avoir dépassé Aïn Alouane, sur la RN 33, un petit village d'Ath Khrouf, où nous apercevons quelques personnes affairées à rénover leurs habitations, nous parvenons à destination. En arrivant sur les lieux, nous constatons d'emblée ce qui avait dû être auparavant un village où il faisait bon vivre. Ce qui était, il y a quelques années de cela, une zone à vocation agropastorale est devenu un vaste espace, complètement en jachère, où petit à petit, la forêt reprend ses droits. Une bâtisse construite en dur se dresse à l'entrée du village. "C'est l'ancienne école qui est devenue par la suite un dispensaire et qui est maintenant à l'abandon", révélera Slimane, un de nos guides. En avançant dans des allées en pierres Dda Moh, 67 ans, bon pied bon œil, nous montre ce qui était à l'époque son verger. "Avant se dressaient ici figuiers, grenadiers, pêchers et autres arbres fruitiers. Il fut même une époque ou chaque samedi, nous vendions les produits maraîchers de nos récoltes, au marché hebdomadaire de Bouira. Aujourd'hui, seuls les oliviers subsistent, enfin ceux épargnés par la neige." Une neige qui a même fini d'achever les quelques ruchers subsistants. Des maisons traditionnelles kabyles, construites en terre et en pierre et qui sont partiellement ou entièrement détruites, témoignent d'une époque prospère. "Targa" (canal d'irrigation), qui alimentait jadis le village en eau potable se devine au détour du sentier, malgré les ronces et les broussailles qui l'ont littéralement envahie. "Nous souhaiterions faire renaître le village, mais pour cela il reste beaucoup à faire... pour la réhabilitation de ces lieux, nous avons même sollicité les autorités de la wilaya qui se disent prêtes à nous aider mais pour la réalisation d'habitations groupées. Cependant, comme les terrains appartiennent aux privés, ces derniers refusent l'implantation de bâtiments sur leurs propriétés, ils arguent le fait que cela défigurait le site pittoresque... nous ne désespérons pas de voir aboutir nos efforts grâce au FNDRA qui pourrait aider les personnes désirant revenir habiter ici”, confiera Hammouche, un de nos accompagnateurs. Il est vrai que la région réserve de multiples potentialités dans différents domaines aussi bien agricoles, pastorales que touristiques. Eh oui, il faut savoir qu'à une certaine époque des étrangers affluaient en cet endroit de haute montagne, et pour cause, en plus du paysage féerique qui s'offre aux visiteurs, le site possède une attraction touristiques qui, à ce jour, n'a toujours pas révélé ses secrets. Il s'agit de Lalla Mimouna et de ses incroyables légendes. La légende deTazrout n’Sidi Ali Bounab A la sortie du village d'Ath Khrouf, nous empruntons un sentier abrupt qui nous mène en direction de Lalla Mimouna, une immense falaise qui se dresse au loin, mais avant d'y parvenir, il faut d'abord traverser un oued. En remarquant un gigantesque rocher gisant dans la rivière en furie, nous interrogeons Slimane sur l'origine de ce roc ouvert en deux où coule l'oued. "Ce rocher a toujours suscité la curiosité des visiteurs, la légende veut qu'à une ancienne époque, un berger qui habitait ici a reçu la visite d'un étranger, un saint homme qui s'appelait Sidi Ali Bounab.’Le berger étant très modeste et ignorant à qui il avait à faire, invita son hôte à déjeuner en lui demandant ce qu'il désirait manger. Ce dernier lui répondit qu'il se nourrissait uniquement de cœurs purs. Le berger visiblement prêt à tout pour satisfaire son invité décide d'égorger une de ses bêtes pour lui extraire son cœur. ` En s'apercevant qu'une chèvre ne suffirait peut-être pas à rassasier l'étranger, il en égorgea une dizaine. Le soir venu, l'invité interrogea le berger en découvrant le plat de cœurs spécialement préparé à son intention. Le saint homme lui répondit alors qu'en se nourrissant de cœurs purs, il voulait dire par là qu'il puisait son énergie auprès des âmes charitables, et de ce fait il pouvait se passer de manger. Le lendemain matin, dès l'aube Sidi Ali Bounab demanda au berger ce qu'il lui ferait plaisir, ce dernier toujours aussi humble, lui dit qu'il n'avait besoin de rien et qu'il allait irriguer son jardin comme à l'accoutumée. Mais pour cela il fallait contourner l'immense rocher pour aller chercher de l'eau. En voyant le pauvre berger escalader le rocher et faire des détours éreintants avec ses outres en bandoulière, le saint homme munit de son bâton, frappa à deux reprises sur le rocher qui s’ouvrit en deux. Depuis ce jour, l'eau de l'oued permet aux villageois d'entretenir jardins et vergers." Aujourd'hui encore cet endroit porte le nom de Tazrouts n Sidi Ali Bounab et même si la logique voudrait que ce rocher se soit fendu lors de sa chute dans l'oued, la légende persiste et se transmet de génération en génération. Après avoir franchi l'oued, nous grimpons une pente raide, avant de parvenir sur le site de Lalla Mimouna. Une fois arrivés, nous ne regrettons pas d'être au sommet. A perte de vue des paysages magnifiques s'étalent aux pieds des visiteurs. Le barrage de Tilesdit, dans la commune de Bechloul, pourtant grandiose, apparaît au loin comme une vulgaire flaque d'eau. Nous questionnons nos guides sur l'origine du nom Lalla Mimouna, et c'est Dda Moh qui nous répond : "Cette femme étrangère à la région accomplissait des miracles, et son origine remonte au XVIe siècle”. L'immense falaise de granit qui s'élève devant nos yeux recèle bon nombre de cavités et autres grottes. Cependant, l'une d'entre elles attirera particulièrement notre attention. Surélevée à quelques mètres du sol, une excavation naturelle, à l'intérieur une statue en pierre représentant un personnage tout droit sorti de la mythologie. Tsseryel (ogresse) nous indique Slimane, visiblement très branché légendes et autres récits merveilleux. Avec une tête d'ogresse, telle que l'on peut l'apercevoir dans des contes illustrés pour enfants, et un corps d'un mammifère, la statue de pierre semble veiller sur la tranquillité des lieux. "A l'époque, on raconte que de nombreuses personnes avaient investi l'endroit à la recherche d'or, Lalla Mimouna a fait apparaître une créature pour décourager les prospecteurs et mettre un terme à cette ruée vers l'or", raconte Slimane. Pour Dda Moh qui connaît le site depuis son enfance, l'endroit est magique : "Regarde ces deux rondins de bois qui obstruent l'entrée de la grotte, les anciens les ont toujours vus et depuis le début du XIXe siècle, ces bouts de bois n'ont même pas pourri". Des grottes magiques A quelques mètres de là, d'autres petites cavités où, auparavant se nichaient des essaims d'abeilles, nous affirme notre interlocuteur. "... C'était le bon vieux temps...." Arrivés dans ce qui semble être les entrailles de la falaise de granit, une rivière surgit de l'intérieur et laisse s'écouler une eau claire et limpide. Une légère halte s'impose le temps pour Slimane, Hammouche, Ali et Dda Moh de se désaltérer et de nous expliquer les rituels propres aux croyances de Lalla Mimouna. "Ici se trouvent deux tunnels, un pour les hommes, l'autre pour les femmes.” Ces embouchures paraissent de faibles diamètres, mais pourtant, elles permettent à des personnes de fortes constitutions physiques de s'engouffrer à l'intérieur. Toutefois, si des personnes malfaisantes, même minces, veulent se livrer à cet exercice, elles resteront coincées, tandis que d'autres personnes obèses, si elles ont le cœur pur et la foi, pourront pratiquer cette ziara. Pour prouver ses dires, Dda Moh joindra le geste à la parole, et se prêtera à une démonstration digne d'un véritable exercice de contorsionniste. Une ziara à laquelle s'adonnaient et s'adonnent encore aujourd'hui de nombreux visiteurs en quête de guérison. De même pour l'embouchure réservée aux femmes stériles et, qui paraît-il, après le passage sept fois de suite dans ce boyau, retrouvent le pouvoir d'enfanter. Des lambeaux de tissus accrochés sur les parois ainsi que des bougies témoignent des us et coutumes pratiqués ici depuis des siècles. Dans une grotte plus spacieuse que les précédentes, de l'eau s'écoule de la voûte. "C'est de l'eau aux vertus miraculeuses, ceux qui sont atteints d'acnée et autres tumeurs dermatologiques guérissent au contact de cette eau", nous dira Slimane. En sortant de cette galerie "magique", nous apercevons une autre anfractuosité appelée Ifri vou tqelalt où un rocher de forme ovoïde semble suspendu à la voûte par on ne sait quel miracle. Un figuier, pourtant, pousse allégrement entre cette coupole et le rocher qui menace de tomber sur le sol à n'importe quel moment. "A maintes reprises, des personnes ont tenté de faire tomber ce rocher en vain, même à l'époque coloniale des militaires français ont essayé à l’aide de grenades et des tirs de roquettes sans y parvenir", dira Slimane d'un air mystérieux. A l'extérieur, la journée est radieuse, ce qui accentue la beauté du site. Des aigles et des émouchets effectuent des vols planés au-dessus de nos têtes. En face, Taddart Inedjaren, un hameau déserté par ses habitants. Ali nous révèle qu'un projet doit voir le jour incessamment. "Le Parc national du Djurdjura s'est engagé à réaliser une route pour faciliter l'accès en cet endroit et nous n'avons de cesse de solliciter les différents responsables pour réhabiliter les lieux. Une route avait commencé à être aménagée par les Français durant l'ère coloniale, mais au lendemain du déclenchement de la Révolution les travaux avaient été interrompus et n'ont jamais repris.” Sur de nombreuses parois, des crochets d'alpinistes témoignent d'une époque où l'escalade et les sports d'ascension faisaient le bonheur des étrangers en mal de sensations fortes. Pourtant un site pareil mériterait d'être connu du grand public, pour peu que les autorités concernées prennent conscience de la nécessité d'investir dans ce joyau touristique. En attendant un signe positif des services publics, nos guides ont créé une association pour l'environnement et comptent bien remettre une note d'optimisme dans cette région abandonnée même par ses anciens habitants. Hafidh B.
03 septembre 2009
La Kabylie connaît ses wilayas délèguées
l Azazga, Draâ El-Mizan, Azeffoun, Aïn El-Hammam (Tizi-Ouzou) l Akbou, Kherrata (Béjaïa) l Aïn Bessam, Sour El-Ghozlane, Lakhdaria (Bouira) Tizi-Ouzou s’est taillée la part du loin dans le nouveau découpage administratif dont le projet a été soumis avant-hier en Conseil de gouvernement, pour étude et élaboration. En effet, dudit projet présenté par le ministère de l’Intérim, Yazid Zerhouni, devant les ministres, il ressort que la wilaya de Tizi-Ouzou sera dotée de quatre nouvelles wilayas déléguées, il s’agit des daïras d’Azazga, Aïn El-Hammam, Azzefoun et Draâ El-Mizan. L’information révélée hier par un confrère a surpris certains observateurs car s’il était presque quasi certain pour les daïras de Draâ El-Mizan et Azazga de devenir des wilayas déléguées, il n’en est pas de même pour Aïn El-Hammam et Azeffoun même si ces dernières méritent amplement ce nouveau statut au vue de la densité de la population et leur emplacement géographique. Akbou - Kherrata, deux wilayas déléguées à Béjaïa Si la wilaya de Tizi-Ouzou bénéficie de quatre wilayas déléguéés, Béjaïa en aura deux. Le projet de Zerhouni fera des daïras d’Akbou et Kherrata, deux nouvelles wilayas déléguées alors qu’à Bouira, Aïn Bessam, Sour El-Ghozlane et Lakhdaria auront également le statut de wilayas déléguées, selon les mêmes sources qui indiquent que les wilayas déléguées seront dotées de toutes les direction nécessaires qui auront à leur tête des directeurs exécutifs délégués dont le contrôle sera légué à l’assemblée populaire de wilaya. Ces directeurs délégués seront installés par décret exécutif de même que les walis dont la nomination sera régie par les mêmes dispositifs. Le projet présenté par le ministre de l’Intéreur fait également état de la promotion de 95 daïras au rang de wilayas déléguées. A l’image d’El Eulma et Aïn Oulmane, dans les wilayas de Sétif, Bordj Ménaeïl et Dellys à Boumerdès, Raïs El-Oued à Bordj Bou-Arréridj, alors qu’Alger, la capitale n’a pas été touchée par le nouveau découpage. A. Z.
Emission spéciale sur l’écologie en Kabylie
Emission spéciale sur l’écologie en Kabylie
RADIO-PAYS (93.1 F.M) organise le dimanche 6 septembre 2009, de 19 à 22 heures, une émission spéciale sur l’écologie en Kabylie (direct web : www.radiopays.org).
Hamid, le journaliste et présentateur de l’émission attend vos réflexions et vos suggestions !
De nombreux artistes participeront à cette émission et soutiendront ce projet "Pour une Kabylie propre !"

Cette action concerne l’ensemble des villages. Il s'agit de sensibiliser sur le recueil des ordures ménagères, pour une journée de volontariat, avec l’aide des responsables locaux, de la mise en place de services de ramassage des ordures et acheminement vers des décharges publiques spécifiques, le nettoyage des broussailles et élagage des arbres des forêts afin d’éviter les incendies, rendre nos plages accessibles...
A vous de dire comment. Vous voulez rendre plus belle la Kabylie et ce que vous-même vous êtes prêt à faire !
Imaginez des bois plus verdoyants, ombragés, plus productifs, des sentiers plus praticables, des routes nettes et soignées, la senteur exacerbée des herbes, des fruits et des fleurs, des ruisseaux aux eaux plus claires, une mer bleu azur
La Kabylie dans toute sa splendeur !
Radio-pays 93.1 F.M 01 48 59 22 12
Technik@Radiopays.org
02 septembre 2009
Avis aux militants de tous bords
Avis aux militants de tous bords
Action au quotidien| Organisateur : | Lounis Aït Mouloud |
| Type : | |
| Réseau : | Mondial |
| Heure de début : | mardi 1 septembre 2009, à 09:30 |
| Heure de fin : | jeudi 31 décembre 2009, à 12:30 |
| Lieu : | Algérie |
Description
Appel à contribution pour le soutien des associations (libres et pacifiques) suivantes:
1) La propreté : 1er signe de civilisation
- Aider au nettoyage des places publiques.
- Notre image c aussi celle de la place où nous vivons.
2) Lutte contre la conduite dangereuse sur les routes
3) Promotion de la fonction de Psychologue
- Banalisation de la consultation psychologique
- Formation de psychologue
- Les troubles maniacodépressif : les vrais chiffres ?
Bouira Investissements
La wilaya de Bouira a longuement été paralysée en l’absence d’investisseurs qui avaient boudé la région. Une région durement frappée par le terrorisme intégrisme mais aussi par la gabegie de certaines administrations qui avaient sombré dans la bureaucratie. Le décor ainsi planté, inciter les investisseurs à faire fructifier leurs financements n’était pas chose aisée. D’autant plus que la wilaya de Bouira est composée essentiellement de communes rurales. De ce fait, la rareté du foncier fait que les autorités locales éprouvent énormément de difficultés pour implanter des projets d’utilité publique. Depuis l’installation de M. Bouguerra, wali de Bouira, les autorités ont tenté de booster l’économie locale en développant le secteur de l’investissement et en faisant appel aux opérateurs économiques. La création de multiples minis zones d’activité à travers différentes communes est une politique mise en place par le premier magistrat de la wilaya. Mais les erreurs du passé ont vite repris le dessus, car le foncier existant auparavant et attribué par le Calpi dans le cadre de l’investissement, a révélé plusieurs failles. Par exemple, au début des année 2000, un jeune algérois avait bénéficié de 25 hectares dans la commune de Oued El Berdi, pour l’élevage des autruches. Un projet qui parait, de prime abord farfelu mais qui avait toutefois convaincu les responsables du Calpi. En fait d’élevage, le jeune investisseur avait ramené 4 spécimens qui fin 2004, avait disparu de la circulation. La dernière autruche s’était évadée de son enclos et ce sont des citoyens de Bechloul qui l’avait capturée. Une supercherie qui avait été mise à jour et dont la presse en avait fait les échos. Les autorités locales ayant menées leur enquête il s’est avéré que le jeune algérois avait loué les 25 hectares à un subdivisionnaire agricole, qui avait investi dans la pomme de terre et dont les bénéfices étaient partagés entre les deux compères. Dans la daïra de Lakhdaria, une zone d’activité existe mais sur les 20 investisseurs recensés, seuls deux ont réussi à implanter leurs projets. La wilaya a pris l’initiative de créer une mini zone à Taliouine, entre Kadiria et Lakhdaria. Malgré toutes ces directives officielles, l’investissement se fait toujours autant désirer, d’autant plus que dans toutes les communes rurales, le problème du foncier se pose avec acuité, que les terrains accidentés ne se prêtent pas à l’investissement et qu’il est rare de dénicher une assiette de 20 à 30 hectares pour implanter un projet digne de ce nom. Des contraintes qui sont hélas monnaie courante et les mini zones jusque-là créées, ne sont pas toujours viabilisées. De ce fait, les rares investisseurs qui se sont manifestés et dont les dossiers ont été validés par l’ensemble des commissions de wilaya sont dans l’expectative. La zone industrielle de Sidi Khaled disposant de 300 hectares avait l’ambition de devenir une zone industrielle régionale depuis le début des années 2000. Drôle d’ambition lorsqu’on apprend que sur les 28 investisseurs inscrits seuls, 8 ont réalisé leurs projets, et pour cause, les commodités telles l’eau potable, le gaz et l’électricité étaient jusque-là inexistantes. Pendant toutes ces années, les responsables concernés était occupés à se rejeter mutuellement la balle. Courant du mois d’août dernier, le ministère de l’Industrie a accordé à la zone industrielle de Sidi Khaled une enveloppe de 43 milliards de centimes pour son aménagement. Le tracé des voies et l’alimentation en eau potable à partir du barrage de Tilesdit sont programmés de même qu’une voie expresse qui doit la relier à l’autoroute. Toujours dans cette zone industrielle, les investisseurs qui ont prononcé leur désirs d’y implanter leurs projets ont été confrontés à l’opposition d’une dizaine de familles expropriées de cet endroit. Pour ce projet d’utilité publique, l’Etat a indemnisé les riverains mais ces derniers ont eu recours à la justice pour demander réparation. Malgré une décision de justice en faveur des autorités, les familles ont créé moult problèmes aux investisseurs et ce n’est que tout récemment que la gendarmerie a été instruite pour faire régner l’ordre et faire respecter la décision de justice. Parmi les 6 investisseurs, il se trouve un groupe algéro-italien, et même M. Rebrab. Justement pour ce dernier dont la notoriété a largement dépassé les frontières, sa présence à Bouira est une véritable bouée de sauvetage. Une opportunité que les autorités de wilaya ont saisie au vol. En effet, cet investisseur est en train de réaliser plusieurs projets d’envergure à travers les communes du territoire de la wilaya de Bouira. La zone de froid agro alimentaire, première du genre en Afrique sera inaugurée au mois de décembre prochain. Par ailleurs, l’investisseur compte en réaliser deux autres en 2010, l’une à El Khroub, Constantine et l’autre à Larbaâ, Blida. Cette zone de logistique située à Nessis, commune de Bouira s’étend sur une superficie de 17 hectares et dont le coût de réalisation est estimé à 300 milliards de centimes. Selon la fiche technique de ce projet, la zone recevra 1 000 camions (semi-remorques) par jour. Un autre projet du même investisseur est un hypermarché dont l’inauguration est prévue au mois de décembre et qui créera 500 postes d’emploi directs. A Ahnif, le groupe Rebrab a fait l’acquisition d’une parcelle de terre de 10 hectares pour y implanter une unité de transformation de verre. Dans la commune de Oued El Berdj, le même investisseur réalise actuellement une méga boulangerie distribués vers plusieurs centres commerciaux du pays. Au chef-lieu de wilaya, M. Rebrab envisage de démolir l’ex-dépôt de Cevital pour y ériger une tour “Business Center” qui accueillera bureaux, sièges de son entreprises et des locaux et espaces destinés aux assurances et aux banques. Ces différents projets sont une aubaine pour la wilaya de Bouira qui aspire à être au diapason des autres wilayas limitrophes en matière d’investissements, à l’exemple de Rebrab ? C’est le souhait des milliers de chômeurs de la wilaya de Bouira qui aspirent désespérément à trouver un emploi mais surtout pour rebooster l’économie locale qui en a pris un sacré coup dans l’aile durant la dernière décennie. Hafidh B
22 août 2009
RAMADHANE MOUBAREK
Ramadhane Moubarek
27 juillet 2009
Des aspects de tameghra

Djamel et Ferroudja se connaissent depuis près de sept ans. Au tout début, et même si dans leur entourage, on soupçonnait chez eux de l’amour, leur relation était plutôt amicale. C’est du moins ce que nous affirme le couple. De toute façon, quelle que soit la nature de leur relation, elle ne tardera pas à se transformer en thayri. Mais, contrairement à ce que déclament les poètes, l’amour à lui tout seul ne suffit pas pour fonder un foyer. A l’instar d’autres jeunes qui envisagent ad bnun axxam (fonder un foyer), il leur fallait attendre quelque temps, le temps de faire des économies. Cela n’a pas été facile, mais ils y sont arrivés. Ils retiennent, en janvier dernier, une date pour leur nuit de noces. Le mariage est prévu pour juillet. Et nous sommes conviés. En plus, nous avons la chance d’assister, pour ainsi dire, aux deux revers de la fête : le mercredi, chez Ferroudja et jeudi chez Djamel. L’audace de Ferroudja Le village de tislit (la mariée) ressemble à tout les tuddar de la Kabylie. Il n’a pas été difficile pour nous de retrouver axxam n tmeghra. En fait, là où il y a foule, il y a fête. Nous sommes accueillis par Dda Slimane, le père. Notre hôte nous invitera à prendre place dans une salle où il n’y a pas grand monde. Arrive en même temps que les rafraîchissements – nous en avions tellement besoin – Ferroudja. Quel honneur pour nous d’être accueillis par la mariée ! Il y a lieu de souligner qu’on nous accueillant, Ferroudja avait dérogé à la règle kabylo-kabyle qui veut qu’on ne voit tislit que pendant la cérémonie du henné. “L’audace” de Ferroudja n’est pas passée inaperçue. Quelques vieilles dames ne cachent pas leur effarement. A celles-là, la mariée affiche un sourire grand comme ça, avant d’expliquer, donc de justifier, aux timgharin n lbaraka que nous étions ces meilleurs amis. Pas trop convaincus les vieilles ! Elles inondent cependant, Ferroudja de ddawat n lxir (bénédictions) qu’elles seules savent formuler. Nous insistons auprès de notre hôte pour qu’elle rejoigne “ses quartiers”. Et voilà que Dda Slimane revient avec des plats de grillades et autres couscous. Nous ne pouvons rien avaler, à cette heure de la journée et sous ce soleil de plomb. Mais il faut faire honneur à l’invitation. Il est 15 heures lorsque nous sortons de la salle. Dehors, les invités se partagent les espaces ombrés. Grand et beau, est le jardin de Da Slimane. Il est tellement grand qu’une dizaine de véhicules trouvent refuge à l’ombre de figuiers et autres pommiers. Quelques invités, des citadins sans doute, sont époustouflés par la Kabylie et ils n’arrêtent pas de poser des questions. Et fatalement, ils n’omettent jamais d’interroger à propos du terrorisme. Des femmes continuent d’arriver d’autres villages avoisinants. Il faut dire que tameghra dans un village de Kabylie est la fête de tous les villages voisins. En attendant l’arrivée de Djamel et de sa famille prévue pour 17 heures pour le cérémonial de la fatiha, nous découvrons taddart de notre amie Ferroudja. Comme toutes tuddar de la région, le village monte et descend. C’est peut-être cette caractéristique des villages kabyles qui a inspiré la fameuse formule “d akessar, d asawen… !”. Taddart est traversée par une voie goudronnée. De part et d’autre, le béton dispute l’espace aux bâtisses traditionnelles. L’euro étant investi dans le béton. Construire est aussi une autre caractéristique des villages kabyles. La pelle et la brouette y ont, depuis longtemps, intégré les mœurs. Investir dans le béton est la priorité des priorités. Même ceux qui n’ont pas les moyens financiers de bâtir trouvent d’une façon ou d’une autre celui de rafistoler leurs demeures. Beaucoup d’habitations modernes sont fermées. Leurs propriétaires n’y viennent que pour les vacances. Quelques enfants ont les yeux fixés en bas : ils guettent l’arrivée du cortège de Djamel. C’est d’ailleurs eux qui donneront l’alerte : “Atniya (ils arrivent) ! )” 17 heures passées, le cortège est là. Nous allons à la rencontre de Djamel. Nous lui souhaitons la bienvenue au club. Dda Slimane vient à sa rencontre. Ils s’embrassent. L’un présente à l’autre les membres de sa famille qu’il ne connaît pas encore, avant de passer prendre les rafraîchissements. Une bonne demi-heure plus tard, on est invité à assister à la fatiha. A tout seigneur tout honneur, le père de Ferroudja et l’oncle de Djamel prennent place de part et d’autre de ccix n ljamaâ (l’imam). Ce dernier revient brièvement sur ce que suppose le mariage en islam, avant de demander les noms des heureux élus. Tout de suite après, il demande à l’oncle de demander par trois fois la main de Ferroudja. L’oncle butera légèrement sur la formule en arabe, mais il y arrivera quand même. Quand arrive le tour de Da Slimane de répondre, religieusement aussi, à la demande, on n’a pas pu s’empêcher de sourire. L’arabe de Da Slimane est une catastrophe. Mais ce qui importe ce sont les formes. Les youyous annoncent la fin du rituel de la fatiha. Du point de vue religieux, Djamel et Ferroudja sont unis pour le meilleur et pour… le moins pire. Isli et tislit Le isli rentre chez lui dans la région de Maâtka. Le henni l’attend chez lui. Il reviendra demain avec un cortège plus important pour “récupérer’’, et pour de vrai, sa douce moitié. 19 heures, la chaleur baisse d’un cran. Nous allons voir Ferroudja. La cérémonie du henni l’a, nous semble-t-il, un peu secoué. Elle n’a pas échappé à la charge d’émotion en sachant que d sseh elle est mariée. En fait, et c’est le cas de toutes les nouvelles mariées, c’est cette rupture subite avec l’environnement qui nous a vu naître et grandir qui est difficilement gérable. Mais cela passera. Aux commandes, Da Slimane s’atelle à préparer le imensi n tmeghra. Décidément, le goût de seksu n tmeghriwin est exceptionnel ! Vers 22 heures, tous les convives lèvent les mains en l’air pour la grande ddawa lxir. Dans un kabyle made in Djurdjura, un sage du village remercie les invités et bénit les mariés et leurs familles. Son kabyle est tellement beau à entendre qu’on n’a pas envie qu’il s’arrête. Ce n’est que tard dans la nuit que la cérémonie du henni sera entamée sur fond d’un urar sorti droit des entrailles de la Kabylie. La cérémonie est aussi un prétexte pour des jeunes filles en âge de se marier de se faire connaître et une opportunité pour les mères à trouver femmes pour leurs fils. Le fabuleux urar sera de temps en temps interrompu par le non-stop électronique. Et c’est à ce moment là que les jeunes occupent la piste qui quelques fois devient mixte. Mais la mixité ne va pas au-delà du cercle familial. Le lendemain, fatigués mais heureux, nous attendons le retour du cortège prévu pour l’après-midi. Vers 13 heures, les enfants qui, hier, guettaient l’arrivée du cortège, sont déjà à leur poste. 14 heures passées, nous entendons une véritable partition de klaxons. Dix minutes plus tard, le premier véhicule paré pour embarquer la mariée s’engouffre dans le jardin de Da Slimane. Le temps de prendre des cafés et des rafraîchissements, Djamel organise son cortège. Tout est fin prêt. On n’attend que la mariée. Moment difficile pour Ferroudja. Elle prendra tout son temps. Djamel presse tout le monde sans se départir du sourire. Et apparaît la mariée dans sa robe blanche. C’est la métamorphose. Une véritable princesse de la Kabylie ! Sa maman écrase une larme. Son père aussi. Elle prend place dans le beau véhicule à côté de Djamel. Moment fort. Moteur en marche. Petite manœuvre et direction… la région de Maâtka. Le village de Djamel n’est pas loin. Cependant, il nous a fallu deux bonnes heures pour y arriver. Un cortège n’est jamais facile à gérer. Le décor chez Djamel est tout autre. Son village s’est urbanisé. Il habite un quartier comme on en voit dans les villes. N’est le paysage que nous surplombons, nous ne nous croirons pas en Haute Kabylie. On ouvre la portière du véhicule à la mariée. Des flashs crépitent. La demeure de Djamel est toujours en chantier. Là aussi, ça construit. Ferroudja est toujours devant le seuil de la porte. Elle rentrera dans son nouveau chez elle, une fois le cérémonial “lait, datte, eau” terminé. Chez Djamel, c’est exclusivement le non-stop qui est adopté. 19 heures le imensi est prêt. La mariée se repose dans sa chambre. Nos hôtes reçoivent leurs invités. C’est un peu le même ménage que chez Da Slimane, la veille. Vers 22 heures, nous allons voir Ferroudja. Nous lisons la même stupéfaction sur les visages de vieilles que nous trouvons sur place que celles que nous avons relevée chez les vieilles lorsque Ferroudja est venue nous accueillir chez ses parents. Nous répondons par des sourires à leur étonnement. La situation amuse Ferroudja et nous met mal à l’aise. Et comme elle est un peu et sans méchanceté portée sur la provoc, la mariée nous invitera à prendre des photos avec elle sur son siège de princesse. La situation amuse aussi Djamel qui refoule difficilement un fou rire. “Ces jeunes n lqern rbatac !”, doivent se dire ces bonnes vieilles dames. De peur de créer un “incident diplomatique’’, nous laissons Ferroudja sourire en catimini et quittons la salle. Dehors, à la faveur d’une brise fraîche, les invités discutent de choses et d’autres. Nous, nous ne pouvons plus tenir debout. C’est à croire que Djamel lisait dans nos pensées : il nous invitera à aller dormir. Volontiers ! Vendredi matin, nous allons embrasser Ferroudja, avant de prendre la route. Le “au revoir’’ est déchirant. Mais Ferroudja et Djamel sont heureux et c’est le plus important. T. Ould amar
24 juillet 2009
Assif-Assemadh : Sauvez le Fort turc !

C’est l’unique vestige de la région de M’chedallah, construit en 1600 par les Turcs, soit à la même époque que celui de Draâ El Bordj à Bouira et celui de Sour-El-Ghozlane avec une différence de taille : le Fort turc d’Assif-Assemadh au lieu dit "Ilezazen " est encore intact. Les raisons de sa préservation sont dues au fait qu’il a été occupé par plusieurs colons français après le départ des Turcs dont nous citerons quelques noms : Borner, premier successeur des Turcs, ensuite Saint-Sal, Rau et son fils Mimil derniers occupants de ce château — qui ont été délogés par l’armée coloniale en 1958 pour leur servir de caserne afin de surveiller les populations parquées dans un centre de regroupement aménagé à proximité du fort après avoir rasés leurs bourgades, soit douze agglomérations exactement . A l’indépendance les propriétaires d’origine Ath-Hammouches (famille Aissaoui) qui ont été spoliées de leurs terres les ont récupérées par la suite. La surface sur laquelle a été bâti le château est d’une superficie d’environ 100 m2 a été laissée dans l’indivision pour, dira ammi Ahmed, né Hammouche, l’un des derniers héritier encore en vie, préserver ce château fort aux valeurs historiques avérées, et qui sera en mesure de se renouveler dans le temps et l’espace. Nul n’a le droit de le toucher,telle a été la décision prise d’un commun accord par les personnes âgées de cette famille pour sauver cet unique vestige historique de la région. A l’heure actuelle, ce fort garde encore intact toute son architecture et même quelques boiseries et équipements construits en dur .C’est ainsi que nous y trouvons :deux guérites de garde dont le sommet est façonné en couronnes dans le pur style turc, une tour de ronde ceinturée par une palissade dans le même style ; ces deux ouvrages comportent des meurtrières,(fentes verticales) d’où peuvent tirer les soldats, un dinjon parsemé d’arcades, deux grandes salles dortoirs, et six chambres d’officiers, deux écuries, un réservoir d’eau, un four à faire cuir le pain, un atelier où exerce le maréchal-ferrant avec sa cheminée intacte et des scelliers. Tous les murs d’une épaisseur de 80 cm sont réalisés en pierre. Situé dans un coin isolé, ce fort n’a jamais fait l’objet d’une quelconque inspection, racontent les riverains révoltés, ni recensé. On en trouve aucune trace de ce site de 04 siècles dans les archives des administrations locales et encore moins au niveau de la Direction de la culture de la wilaya qui ne s’est jamais manifestée pour recenser ou classer ce patrimoine national qui renferme un pan entier de la mémoire collective. Lors de notre passage, ce dimanche de la semaine écoulée, au niveau de ce site, des citoyens suréxités se bousculaient pour nous orienter et nous servir de guide et nous faire visiter les moindres recoins dans l’espoir de nous voir faire réagir les autorités compétentes et attirer l’attention sur ce vestige historique unique en son genre dans la région de M’chedallah. A l’entrée du large portail, on a l’impression de voyager à travers le temps. Nul besoin d’être un spécialiste en la matière pour remonter l’historique de ce château, et lire comme dans un livre ouvert ce qu’il renferme comme histoire à travers son architecture, ses équipements,une forte sensation qui met l’imagination en position "débridée", à laquelle il est difficile de se soustraire. Il a fallu être énergiquement secoué par l’un de nos compagnons pour mettre fin à la rêverie et nous ramener à la réalité. Malheureusement, des énergumènes animés de sentiments destructibles, ont commencé récemment à arracher des toitures en tuiles madriers et des planches pour leur utilisation ailleurs. Ce vestige ne nécessite que quelques travaux de rénovations pour sa préservation et, bien entendu, faire en sorte à ce que soit interdit l’accès à ces vandales sans âme ni cœur. Lors de notre passage,des citoyens nous ont appris que des personnes étrangères à la région qui exercent le métier de jardiniers chez certains propriétaires de la localité ont élu domicile dans ce fort, il y a lieu d’agir vite pour sa sauvegarde et le soustraire aux mains de ces vandales. Il faut susciter la réaction des pouvoirs publics pour le classer patrimoine national. Oulaid Soualah
L’Emir Abdelkader en Kabylie (1838-1839)
L’Emir Abdelkader en Kabylie (1838-1839)
El watan du Jeudi 23 juillet 2009
Préparé dès 1803 par Napoléon 1er pour contrôler la Méditerranée
Cette invasion n’avait certainement pas son origine dans un soi-disant « coup d’éventail » qu’aurait donné le dey Hussein au consul français Deval lors d’une entrevue au sujet d’un contentieux portant sur du blé vendu à la Régence la Révolution. Les la Méditerranée la Régence la Mitidja la Kabylie
Les populations paysannes venues renforcer le corps des Janissaires. Mal entraînés aux batailles frontales, armés de quelques vieux fusils, de yatagans et de flissas, sans entraînement militaire aucun, ils ne pouvaient faire face, malgré leur bravoure et leurs sacrifices, à une armée expérimentée, technologiquement plus avancée et maîtrisant parfaitement l’art de la guerre. L’armée du dey, ou son semblant, mal préparée pour résister à une des meilleures armées d’Europe, de surcroît mal commandée par un parent du dey décrit comme incompétent et timoré, dut céder en quelques jours, après un baroud d’honneur, ouvrant ainsi la voie à la reddition de la ville, de son dey ... et du trésor de
Devant l’ampleur de l’épreuve à laquelle il fallait faire face, El Hadj Mahieddine mesura le désarroi des populations et leur peine. Ainsi, quand les chefs des Hachem, des Béni Amer, des Garaba et des autres tribus offrirent à Hadj Mahieddine la lourde charge d’Emir pour mener la lutte contre les troupes d’occupation, il déclina cet honneur en raison de son âge et proposa son jeune fils pour diriger la résistance. Le 22 Novembre 1832, dans la plaine d’Eghris, Abdelkader fut élevé au rang de chef par toutes les tribus de la région. Le jeune Emir savait qu’il venait d’être investi d’une charge lourde de responsabilités. Sa première mission, la plus urgente et non des moindres, consistait à réaliser l’unité nationale afin de faire face à un adversaire puissant et bien armé. Il n’était point facile, en effet, de taire les dissensions entre tribus, les égoïsmes et les querelles qui déchiraient les populations, longtemps sous-administrées et livrées à elles-mêmes. Il devait vaincre les résistances de certains chefs de tribu dont les comportements féodaux et les compromissions leur faisaient rejeter toute tentative d’unité nationale et de résistance à l’occupant. L’Emir n’avait alors d’autre voie que le recours à la force - procédé qu’il n’appréciait guère pourtant- pour châtier les collaborateurs, fussent-ils puissants, comme ce fut le cas du caïd de Bethioua qui commerçait avec l’occupant en lui vendant des chevaux (3).
La réputation de sagesse et de justice du jeune Abdelkader, ses qualités de chef, dépasseront bientôt l’ouest du pays pour gagner toute l’Algérie. Ainsi, comme l’écrivit plus tard un officier français au sujet de l’Emir : « Si l’on avait contesté l’empire universel à l’élu de quelques tribus, on sentait peu à peu l’importance d’y laisser parvenir celui qui se montrait, à l’œuvre, digne en effet de commander sur tous. » (4). De fait, l’influence d’Abdelkader s’étendit très rapidement à tout le pays, et notamment en Kabylie, on l’on s’inquiétait vivement de la présence à Alger des troupes françaises. Les tribus de la région envoyèrent à l’Emir un messager en la personne d’El Hadj Ali Ould Sidi Saïd des Aït Khalfoun, pour solliciter son appui et lui faire part de leur désir de combattre sous son autorité. Abdelkader conféra le titre de khalifa à El Hadj Ali et le chargea de porter des messages aux chefs des tribus, notamment à celui des Flissa, El Hadj Ben Zamoum et à Belkacem Ou Kaci de la tribu des Amraoua, pour leur annoncer sa prochaine visite et leur demander d’apporter, en attendant, un appui effectif à son khalifa désigné. El Hadj Ali revint donc en Kabylie en 1837, escorté par une colonne de l’Emir composée d’une vingtaine de cavaliers (5).
Un an plus tard, El Hadj Ali retourna vers Abdelkader pour lui faire part des résultats de sa mission et lui signaler, notamment, le traitement qu’il a dû subir auprès de quelques tribus arrogantes des Koulouglis (métis issus de mariages mixtes entre autochtones et Turcs), établis à l’est de
Ahmed Ben Salem appartenait à la tribu des Béni Djaâd ; cette dernière était étroitement liée à la tribu des Béni Yala. Les Béni Djaâd étaient assez puissants en nombre et pouvaient réunir une armée forte de 2 600 fusils. Ahmed Ben Salem était alors âgé d’une quarantaine d’années. Sa force morale et sa piété étaient reconnues de tous selon les témoignages de l’époque ; les tolbas le citent comme un homme instruit, laborieux et plein de dignité dans ses manières ; les guerriers vantent sa prudence au conseil, sa bravoure dans le combat et son habilité à manier un cheval (8). Au nord des territoires des Béni Djaâd, se trouvait le vaste territoire montagneux des Flissa Oum El Lil sur lequel commandait la famille Ben Zamoum. D’après la légende, le qualificatif d’ « Oum El Lil » attaché aux Flissa, qui signifierait « enfants de la nuit », viendrait de combats nocturnes très audacieux qu’ils livraient aux Turcs, combats autour desquels ils leurs détruisirent plusieurs camps (9). Des l’annonce de l’arrivée de l’Emir en Kabylie, El Hadj Ben Zamoum se rendit à sa rencontre ; Abdelkader l’investit aussitôt du titre d’Agha des Flissa, des Maâtka, des Beni Khalfoun, des Nezlyoua, des Guechtoula, des Oulad Aziz et des autres tribus situées sur son territoire. Quant au commandement de Ben Salem, il fut complété par un remaniement opéré par l’Emir ; il détacha l’Aghalik des Béni Slimane du Beylik de Médéa et l’adjoignit au Sebaou puis ces dispositions prises, et après avoir prescrit l’établissement d’un poste a Bordj Sebaou, Abdelkader recommanda encore une fois aux différents aghas d’accorder aide et obéissance à son Khalifa Ben Salem, puis il retourna dans l’Ouest (10).
En 1839, Abdelkader visita une seconde fois la Kabylie
A Dellys, Abdelkader aurait fait remarquer à son compagnon que la place ne présentait aucune sécurité contre une éventuelle invasion des troupes d’occupation. Daumas rapporte l’anecdote suivante d’une conversation entre l’Emir et Sid Abd er Rahman (14) : « Comment pouvez-vous vous résoudre à habiter une ville du littoral ? Quant à moi, je n’y passerais pas une nuit sans me faire bien garder de crainte d’être surpris par les chrétiens. » Sid-Abder-Rahman répondit qu’il y restait sans inquiétude, parce que, aux dires des gens du pays, deux marabouts, Sidi Soussan et Sidi Abdelkader, protégeaient la ville contre les attaques des infidèles, l’un du côté de la terre, l’autre du côté de la mer.
L’Emir continuant son périple, se rendit chez les Béni Aïcha, fraction des Khechna. Il y fut bien reçu et force coups de fusils furent tirés en signe de réjouissance. Comme on pensait qu’il y passerait la nuit, on lui prépara la diffa (repas des invités de marque) mais à la tombée du jour il partit, et alla coucher à Bou-el-Ferad. Le lendemain, on le vit de bonne heure à Tamdiret chez les Flissa où se trouvait le camp de Ben Salem (18). Apres son séjour chez les Flissa où il aurait passé deux jours et deux nuits, il se rendit à Sidi Naâmane, chez les Amraoua. Les gens de l’Oued Neça (Oued Sebaou ?) vinrent lui offrir des présents considérables qui consistaient en figues, huile, cire et savon. Il manifesta ensuite l’intention de se rendre chez les Zouaoua et de pousser ensuite jusque sur les hauteurs de Béjaïa(19). Les chefs des Amraoua et des Flissa l’accompagnèrent à Tamda, près de Ras Oued-el-Neça. De là, il se rendit à Akbou, puis chez les Sidi-Yahya-bou-Hatem, au-dessus des Beni-Ourghlis, ensuite chez les Toudja, de là chez les Tamzalet, patrie de la famille des Ouled-ou-Rabah ; il se rendit ensuite chez les Beni-bou-Messaoud, enfin chez les Sidi Mohammed-ou-Maâmeur, sur
Pendant toute la durée de sa visite, l’Emir fut l’objet d’un accueil exceptionnel, fidèle en cela aux coutumes et traditions des peuples de la région. Daumas en donne encore le témoignage suivant : Pendant tout le trajet, Abdelkader fut bien traité ; plus d’une fois il eut à subir une très importune quoique très généreuse hospitalité. A peine arrivé au gîte, de nombreux Kabyles, tête nue et le bâton à la main, venaient lui présenter la diffa de leur pays, énormes plats en terre (djefena) remplis de couscous et parsemés de quelques morceaux de viande sèche et prièrent leur hôte de manger dans leur djefena ; pour ne pas faire de jaloux, Abdelkader fut ainsi forcé de toucher aux plats sans nombre dont il était entouré (21).
Après sa visite aux tribus de
Tel fut l’accueil qu’Abdelkader, aux plus beaux jours de sa puissance, reçut dans les montagnes de Kabylie. Pendant ce court trajet, il avait su se faire apprécier des fiers et énergiques montagnards. La simplicité et la pureté de ses mœurs, son affabilité, sa piété, sa science, sa brillante réputation de guerrier, son éloquence de prédicateur, tout en lui saisissait. Aucun de ceux qui purent le voir et l’entendre n’échappèrent à cette influence. Des poètes en firent le sujet de leurs chants (23). Ainsi devait écrire à son sujet, non sans un sincère respect, le colonel Daumas, officier français, chef du Bureau arabe d’Alger, qui connaissait bien l’Emir pour l’avoir maintes fois combattu.
Rupture du traité de
Les multiples recommandations de l’Emir, lors de sa visite en Kabylie, le fait qu’il répéta à plusieurs reprises aux chefs de tribu que la guerre ne tarderait pas à reprendre, n’était point dues à une appréciation hasardeuse de la situation. C’est que tout indiquait à l’Emir que les Français ne cherchaient qu’à gagner du temps pour mieux se préparer à la reprise des hostilités. En effet, tout au long de la période qui suivit la signature du traité de
Il aurait déclaré, dans une allocution qu’il prononça à Paris devant la Tafna la France la Mitidja
Lors d’un de ses entretiens avec Valée, Abdelkader lui tint ces propos : « J’ai cédé le territoire jusqu’à l’oued Keddara à l’Est, et aussi loin que Blida incluse, vers le Sud. L’expression ’’aussi loin que l’oued Keddara’’ doit avoir un sens. Autrement pourquoi aurait-elle été insérée dans le traité ? Si elle signifie quelque chose, cela veut dire que vous êtes limités à l’Est comme à l’Ouest » (27). Quant au terme « au-delà », le mot arabe est "faouk" ; traduit comme vous le faites en ’au-delà’ ne signifie rien du tout. Faisons une expérience : prenez vingt arabes que vous choisirez vous-même et demandez leur le sens du mot « faouk ». S’ils vous répondent que le sens naturel de ce mot peut signifier, même en sous entendu, le même sens qu’ « au-delà » j’accepterais votre interprétation. Prenez alors tout le territoire entre l’oued Keddara et la province de Constantine. Mais au contraire, s’ils déclarent que le mot « faouk » que vous traduisez « au-delà » réellement et strictement veut dire « au-dessus », acceptez la proposition que je vous fais. Cette proposition est de vous donner comme limite vers l’Est, la crête des montagnes qui se dressent au-dessus de l’oued Keddara(28) .
Le maréchal déclina la proposition. Valée ne cherchait-il pas un prétexte ? Les intentions du gouvernement de Paris étaient déjà bien arrêtées. Dans une correspondance en date du 1er mars 1839, le ministre de la Kabylie. Il
Il profita du passage à Alger d’un ambassadeur de l’Emir — Miloud Ben Arouch — de retour de France où il fut envoyé par l’Emir auprès de Louis Philippe pour expliquer au souverain sa position sur la question de l’interprétation du traité de la France la Chiffa
L’Emir, avec patience, devait, dès lors faire face à toutes les provocations. Ses agents, installés dans les places occupées par l’armée française au terme d’un accord, furent ignorés ou humiliés. Les populations qui voulaient le rejoindre pour y vivre sous son administration furent rudement traitées et détenues à l’intérieur des lignes françaises. Un charron qui travaillait pour l’Emir à Alger fut chassé par l’armée d’occupation. Un autre, représentant d’Abdelkader, un Français qui s’occupait de l’importation d’équipements industriels pour le compte de l’Emir, fut arrêté, jeté en prison et renvoyé en France (31). Les plaintes d’Abdelkader auprès des autorités françaises au sujet de toutes ces brimades reçurent une suite porteuse des intentions du gouvernement de Paris : il fut en effet répondu à l’Emir que le maréchal Valée était investi d’une autorité illimitée et pouvait faire ce que bon lui semblait (32). Même le consul de l’Emir auprès du Gouverneur général à Alger, un Italien du nom de Garavini, ne fut point épargné. Garavini était également agent consulaire à Alger pour les Etats-Unis d’Amérique. Il faut souligner à ce propos qu’à l’époque, il était courant que les représentants accrédités auprès de puissances étrangères cumulent plusieurs charges ; ils n’étaient pas forcément citoyens du pays dont ils représentaient les intérêts. En cela donc le choix se conformait aux pratiques du moment et n’avait rien de particulier. Garavini se vit décharger de sa mission par le maréchal Valée sans qu’au préalable Abdelkader eut été informé. Il s’agissait là d’un cas de violation flagrante de la souveraineté de l’Emir contre laquelle il protesta avec énergie, mais en vain.
Valée, voulant obtenir la ratification par l’Emir de l’accord arraché à Miloud Ben Arouch, envoya le commandant De Salles en février 1839 voir Abdelkader dans son quartier général à Miliana. Le maréchal était convaincu qu’il pouvait arriver à rallier l’Emir à l’interprétation française du traité de
Quelque temps plus tard, le duc d’Orléans arriva en Algérie. Il prit part à l’expédition dite des « Portes de Fer » dont le but était une démonstration de force, une façon claire de signifier à l’Emir que les Français passaient outre au contenu de l’accord de
Valée, pour tromper les chefs de tribu des contrées qu’il traversa, avait fabriqué un sceau au nom de l’Emir dont il revêtit des sauf-conduits également faux, affirmant ainsi, à ceux qui l’interrogeaient, que son expédition avait reçu l’aval d’Abdelkader. La lenteur des communications à l’époque et la difficulté de rentrer en contact avec l’Emir, qui était alors quelque part dans l’ouest du pays, explique la réaction tardive de son khalifa à la violation du traité par le maréchal Valée (34). Le duc d’Orléans, Valée et son armée traversèrent ainsi tranquillement le territoire des Beni-Mansour et, le 31 octobre, atteignirent le col de Ben Heni. Ben Salem, khalifa de l’Emir en Kabylie, entre temps averti de l’approche de la colonne et pris au dépourvu, ne pouvait organiser une attaque d’envergure. Tout au moins fit-il tirer une salve d’honneur contre les troupes de Valée, partagé qu’il était entre le doute quant à l’authenticité de l’accord qu’aurait donné l’Emir, et son devoir qui lui commandait de barrer le passage. L’événement fut relaté ainsi : Le khalifa lança, chez toutes les tribus voisines, l’ordre d’attaquer... Des Khachna, des Beni Khalfoun vinrent tirer quelques coups de fusil aux environs du pont de Ben-Hini.
Ben Salem envoya en même temps un message à l’Emir pour l’informer de la violation du territoire et attendit la réponse (35). Abdelkader, informé, ne tarda pas à réagir : En quarante huit heures, chevauchant jour et nuit, l’Emir atteignit Médéa ; le 4 Novembre il envoya le message suivant au maréchal Valée : « Nous étions en paix et les limites entre votre territoire et le mien étaient clairement définies, quand le fils du roi (duc d’Orléans) décida de se rendre de Constantine à Alger ; et cela a été fait sans me demander le moindre accord, sans même expliquer les raisons d’une telle violation de territoire. a rupture est de votre fait. Pour que vous n’ayez pas à m’accuser de trahison, je vous avertis que je me prépare à reprendre la guerre. Préparez-vous également. Avertissez vos voyageurs, vos garnisons, vos postes, en un mot, prenez les précautions que vous jugeriez nécessaires(36).
Il donna des instructions à tous ses khalifas pour les informer de la reprise des combats. Au khalifa de
Bibliographie
Paris London 156. A la Foi la Conquête
Mai 2008
Par
La Grande Kabylie
la Kabylie
la Tafna. Cette
la Tafna. Abdelkader
la Tafna. Le
la Guerre
la Chambre
la Tafna
la Tafna
la Soummam
la Soummam
la Kabylie
la Mitidja
la Régence
la France
13 juin 2009
7e anniversaire de la création de La Dépêche de Kabylie
Les journaux qui ont fait de la démocratie leur valeur essentielle, en accompagnant la société dans ses luttes quotidiennes, particulièrement sur le front de la lutte contre le terrorisme islamiste et l’intégrisme, ont joué un rôle de premier plan sur le terrain de l’information et de la sensibilisation. L’ «aventure intellectuelle», comme se plaisent à l’appeler ceux qui ont investi ce métier de la presse écrite dès la promulgation du décret de Hamrouche en 1990, avait accompagné le mouvement de libération citoyen d’octobre 1988 et s’est donné pour «mission» primesautière immédiate de prolonger cette contestation populaire et de lui conférer surtout un sens politique. L’autre béquille sur laquelle était censée s’appuyer cette révolte était les formations politiques autorisées par la Constitution de février 1989. Les mois et les années qui ont suivi le bouillonnement du début des années 1990 nous apporteront cette vérité amère : les partis n’ont pas pu jouer le rôle dont la société les a chargés. Le multipartisme débridé qui a conduit à de lourdes dérives ayant failli compromettre le caractère républicain de l’État algérien, le déficit de formation et de culture politiques chez la frange supposée être l’élite en la matière et les enjeux bassement matériels du moment ont fait que le soubassement idéologico-intellectuel du pluralisme politique s’est réduit à la seule presse écrite dite indépendante. “Voici que même les journaux se mettent à dire la vérité !” ; c’est en ces termes que le poète Aït Menguellet s’est exclamé en 2005 dans une de ses chansons où il imaginait l’Algérie idéale, rêvée par lui, dans laquelle la justice, le droit, la culture, la compétence et le commerce seraient florissants et seraient intériorisés comme valeurs sociales. Sur le plan politique et de la défense des libertés, la presse, au même titre que les organisations autonomes de la société civile constitue – lorsqu’elle n’est pas happée par les connivences mafieuses et les indignes allégeances – un véritable contre-pouvoir vécu dans les grandes démocraties du monde comme un «amortisseur» des élans autoritaristes, un avertisseur aux princes et un formateur d’opinion. C’est Napoléon qui se plaignait de cet «encombrant» compagnon en ces termes : «Je ne me chargerai pas de gouverner trois mois avec la liberté de la presse.» L’Algérie a, dans la logique du l’unicité de la pensée instaurée dès l’Indépendance, subi la loi de la censure dans le domaine de la presse comme dans tout le reste de la sphère de la vie publique. La traversée du désert avait duré un quart de siècle, une période pendant laquelle les libertés furent brimées et la presse muselée. Comme sous tous les régimes des «démocraties populaires», nous n’avions droit qu’à une presse gouvernementale qui répercutait et amplifiait la voix de son maître dans une inénarrable et débile propagande. La fameuse aventure intellectuelle entamée il y a 18 ans ne pouvait aller sans accrocs d’autant plus que, moins de deux ans après son lancement, cette presse sera la cible d’une autre agression autrement plus destructrice : le terrorisme. L’étroitesse de vue de nos gouvernants après tant d’efforts et de services rendus par la presse à la démocratie et à la citoyenneté ne bénéficiera d’aucune compréhension ou indulgence. Lorsque le 13 juin 2002 sortit le premier numéro de La Dépêche de Kabylie, l’Algérie vivait une énième «crise kabyle», celle du Printemps noir qui allait emporter 126 jeunes martyrs de la citoyenneté. Le pari pour le journal était de restituer par écrit et par photos la vie en Kabylie sous tous ses aspects. Une vie dure, laborieuse, mais exaltante par les efforts qu’elle réclame et par le bon sens qui préside à toute action entreprise sous ces latitudes. Outre qu’il était venu combler un vide criant en matière d’information de proximité, cet organe pu, pendant sept ans, mobiliser en son sein des énergies aux diverses potentialités. Celles-ci ont donné aura et audience au journal. Ce sont des faits qui se vérifient même sur de nombreux sites web qui reprennent ou commentent les produits de La Dépêche de Kabylie. La dernière réalisation qui a eu les chauds suffrages des lecteurs, particulièrement des élèves, est le supplément hebdomadaire en tamazight. Ce cahier nous a montré que l’attente en ce sens est immense et que les exigences en la matière vont crescendo. La Dépêche de Kabylie était venue sur la scène à un moment crucial dans la marche de la société kabyle, marche semée d’interrogations, de pertes de repères et de faillite de la classe politique. Il serait, bien entendu, présomptueux de penser qu’un simple journal pourrait combler ce vide effarant. Ce serait une vocation démesurée. Mais par un effort de pédagogie, de clarification et d’engagement à côté des forces démocratiques saines, elle pourra apporter une pierre à l’édifice. Sept années dans la vie d’un journal, est-ce assez pour le juger? Sept années de «guerre» contre l’enfermement médiatique et l’omerta, sept années de proximité à côté des habitants des villages et hameaux les plus reculés de la Kabylie et sept années porteuses d’une voie nouvelle, originale mais perfectible. Aux lecteurs de juger. Amar Naït Messaoud
07 juin 2009
Les écoliers célèbrent la Journée mondiale de l’environnement
Un argument qui explique donc le choix du milieu scolaire pour la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. A l’occasion de la journée mondial de l’environnement qui coïncide avec la date du 05 juin 2009, le bureau hygiène communale de Chorfa, commune située à l'est de la daïra de M'chedallah et distante de 55 km du chef-lieu de wilaya, a organisé une journée de sensibilisation sur l’environnement sous le thème «Environnement salubre =Bonne santé» au niveau de l’école primaire Chemlal Aissa. Jeudi dernier, une vaste campagne de sensibilisation a été menée au profit des écoliers des 3e, 4e et 5e du primaire, spécialement les élèves des dix (10) écoles primaires que compte la commune de Chorfa. Amar Akkache responsable du bureau hygiène communal a déclaré «les initiateurs de cette activité ont pour but, d’éveiller l’esprit des potaches et leur inculquer ainsi les principes de l’éducation environnementale». Un argument qui explique donc le choix du milieu scolaire pour la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. C’est ainsi, que le bureau d’hygiène communal a célébré cette journée dans le milieu scolaire en présence des associations locales à l’exemple de l’association de la protection de l’environnement de Chorfa et l’association des activités scientifiques de la commune et des invités d’honneur à l’image de l’ensemble des bureaux hygiène communaux que compte la daïra de M’chedallah,et du parc national du Djurdjura par sa circonscription de Tala Rana, et des responsables des communes et de la daïra de M’chedallah. En cette journée particulière, un programme aussi riche que varié a été élaboré ayant à la fois une dimension culturelle, environnementale et scientifique. A ce propos, un concours a été organisé pour choisir le meilleur exposé et le meilleur dessin des meilleurs travaux pratiques portant sur le thème de l’environnement. Des concours lancés au début du mois de mars dans les établissements primaires avec comme date limite pour remettre les épreuves le 27 mars comme dernier délai. Lors de la remise des travaux, on note la participation des élèves de 08 écoles, alors qu’une commission s’est réunie pour la sélection du meilleur travail des 3 catégories. Cette dernière a remis des prix et des attestations d’honneurs pour les six lauréats, tout en ajoutant un septième prix d’encouragement. Une exposition du parc Djurdjura portant sur le thème de la faune et la flore, des plantes et des animaux ont été exposés, et même une projection vidéo a été diffusée. L’association des activités scientifiques pour sa part a exposé des plantes avec une projection portant sur les campagnes de plantation des arbres à effectuer au niveau la commune de Chorfa. De son coté, le bureau d’hygiène communal a saisi cette opportunité pour lancer des campagnes de sensibilisation contre les maladies à transmission hydrique( MTH ) comme la zoonose et certaines maladies se transmettant des animaux à l’homme tels la rage, ou la leishmaniose. Pour cela, Melle Meniche et Melle Chibane. S du bureau hygiène communal de Chorfa ont donné des explications et des éclaircissements sur ces maladies et les intoxications alimentaires de même que Messrane N. du bureau hygiène communal de M’chedallah. Le matériel de démoustication et de stérilisation que le service hygiène utilise lors du lancement des opérations a été également exposé lors de cette journée. Une pièce théâtrale intitulée «l’éboueur» a été présentée par une troupe théâtrale des élèves d’écoles primaires, ainsi qu’une chanson folklorique a été au menu pour donner à cette journée une dimension culturelle et environnementale. Pour finir des attestations d’honneur ont été remises aux directeurs des établissements participants avec des dépliants de sensibilisation pour les élèves de toutes les écoles primaires. La clôture de cette journée s’est faite en présence du président de l’APC de Chorfa, Monsieur Akkache Yahia, qui a tenu pour cette occasion à remercier tous les participants et à encourager tous les organisateurs qui ont fait de cette journée une réussite. Slimani Djamel
16 mai 2009
M. Hocine Hamitouche, vice-président de l’APC
Vu le nombre d’habitants qui y vivent, et le manque de moyens dont elle souffre, la commune d’Aghbalou, n’arrive pas à subvenir et à satisfaire tous les besoins de sa population. Nous nous sommes rapprochés de l’un des membres de l’exécutif communal, en l’occurrence Hocine Hamitouche, vice-président de l’APC, qui nous a reçu et a répondu à toutes nos questions. La Dépêche de Kabylie : Nous avons constaté ces jours-ci le rapiècement du CN°10, au lieu de sa réfection ou de sa rénovation : qu’en dites vous ? Hocine Hamitouche : C’est vrai, et cela est venu après plusieurs contacts et coups de téléphones passés aux services de la wilaya concernés car, ceci ne relève pas de notre compétence, mais c’est celle de cette dernière. Que pensez-vous de ces pannes d’électricité répétitives et les chutes de tension à différents endroits ? Comme tout le monde le sait, ou, néanmoins, la plupart de nos concitoyens, le réseau électrique fut installé dans les années soixante-dix, et l’on constate qu'il est usé, et actuellement, on travaille d’arrache-pied pour le rénover. Et comme beaucoup de citoyens ont bénéficié de logements neufs, on installera de nouvelles lignes, et d’autres générateurs, et on optera pour la rénovation totale, afin d’en finir avec toutes ces pannes. Beaucoup de gens se plaignent, car il disent que l’alimentation en cette denrée est dérisoire... La mairie a de tout temps œuvré pour la satisfaction des besoins de sa population en cet élément indispensable pour la vie de chacun de nous, mais vu l’état défectueux des stations, qui engendrent des pannes répétitives donc celles-ci, et surtout la 4e, qui se trouve à hauteur d’Ighil-Azem, vont contre nos attentes, et celles de nos concitoyens qui est l’absence de l’eau dans les robinets. Notons que l’APC prend toujours en charge les stations de l’AEP, au niveau de tous les villages qui composent notre commune, et une enveloppe budgétaire de 500 millions de cts a été dégagée pour la rénovation de 5 stations de pompage de l’AEP et n’oublions pas d’ajouter que la conduite acheminée depuis l’Ainsar avarkane (Source noire) située au nord de la localité de Saharidj, qui est censée alimenter la commune en eau potable, est malheureusement jusqu’à présent sèche, et l’eau n’a jamais coulé du robinet pour de multiples raisons. Nous avons remarqué, l’installation d’un seul dévidoir de déchets ménagers : est-ce suffisant pour tout un village qui compte plus de 4000 âmes ? C’est insuffisant bien sûr ; laissez-moi vous dire, que nous avons fait une demande de 4 ou 5 dévidoirs pour le seul village d’Ivahlal ; mais un seul, nous a été livrés et l’avons immédiatement installé et sans trop tarder le service de l’environnement a demandé une enveloppe avoisinante les 20 à 25 milliards de dinars, afin de prendre en charge comme il se doit ce problème ; et bien sûr la première chose à faire, est de réaliser une décharge sous-terrainne, si toutefois l’argent nous parvient. Car, actuellement, nous avons reçu plusieurs plaintes et à différentes reprises, émanant du propriétaire du terrain situé sur la RN 15 et géographiquement, il appartient ou relève du territoire de la commune de Béni-Mlikeche de la wilaya de Béjaïa, faute de l’inexistence d’un lieu semblable sur le territoire de notre commune. Et la Jeunesse…? C’est un volet qui souffre énormément, car l’APC ne dispose que l’un budget maigre, car notre commune est sixième à l’échelle de la wilaya, du point de vue démographique, et le taux de chômage est de 30% ; pour satisfaire la demande d’emploi de tous ceux-là, il faut recruter pas moins de 250 personnes à la fois et cela chaque semestre par des contrats dans le cadre du FS et de l’ESIl, mais vu le manque flagrant des moyens financiers, et l’insuffisance d’engins et d’autres matériaux, on ne le peut pas, et actuellement on recrute 70 ou 80 nouveaux demandeurs tous les six mois, et ce à tour de rôle. Ajoutant que des enveloppes budgétaires, quoiqu’elles soient minimes sont distribuées à des associations en différentes occasions. Et en ce qui concerne les œuvres sociales ? On alloue 450 dinars mensuellement pour chacune des vieilles personnes vivantes sur le territoire de la commune, et n’ayant pas de ressources et si vous l’avez remarqué, durant le mois de ramadhan, on a distribué des couffins d’aliments pour les plus démunis, et cela même lors des fêtes religieuses. L’APC organise aussi des rendez-vous, pour la circoncision de tous les enfants de cette catégorie. Et pour la culture ? Malgré le manque de moyens financiers et de matériel, dont on souffre énormément, nous répondons toujours favorablement aux différentes manifestations culturelles, et nous sommes de tout temps présents. La mairie dispose de 4 bus : sont-ils suffisants ? Bien que comme vous le dites, insuffisants, mais nos chauffeurs travaillent d’arrache-pied, et couvrent 90% du transport scolaire, ils travaillent même pendant les week-end, en s’engageant dans les excursions. Et en ce qui concerne les fourgons de 9 places, à tendance légère, moi-même en tant que vice-président de l’APC je me suis déplacé à plusieurs reprises à Bouira et à Alger dans le but de régler cette situation, mais sans résultat, vu le règlement qui donne la priorité aux véhicules neufs aménages pour 12 places et plus, alors c’est au delà de nos possibilités. Et concernant la question de l’éducation ? Pour ce secteur, disons fondamental, l’APC gère 11 écoles, et prend toujours, et comme elle l’a de tout temps fait, en charge les réfections, et l’installation de nouvelles cantines scolaires, comme c’est le cas de celle de M’Likchi située à Takerboust, où la plus récente fut ouverte au service de ses bambins. Un dernier mot ? Le P/AC déplore les salaires que touchent les élus, qu’il estime comme étant de très faibles et très insuffisants ; et à cet effet il persiste et signe en s’adressant à la tutelle qui est le ministère de l’Intérieur, et l’invite à revoir cela, pour une énumération plus décente. Nous souhaitons bonne continuation à votre quotidien, et bienvenue à tout reporter qui demande entretien et à tout moment. Nous avons un grand espoir à ce que la situation progresse pour le mieux, et sommes très optimiste quant au bon suivi des chantiers. H. A.
Les contraintes d’une municipalité et l’optimisme des élus
Aghbalou, est une commune distante d’environ 60 km à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, et c’est l’une des plus peuplées, car elle est classée sixième à l’échelle wilayale. Cette commune dont le sol est escarpé, d’où l’absence de terrains propres à l’agriculture, quoique beaucoup de ses habitants sèment leur parcelle pour l’usage personnel, car ils ne peuvent pas faire autre chose. Et vu, la situation géographique à caractère montagnard, la vie est un peu difficile, surtout en hiver, faute de moyens appropriés. En faisant une tournée à travers les villages qui la composent, où on a constaté leur sous-développement, et le ras-le-bol des habitants, qui souffrent du manque de toutes les commodités nécessaires à la vie décente et normale, et tout cela se passe dans le silence, surtout en ce qui concerne le village d’Ighil-Ouchekrid situé plus à l’est ; où nous avons rencontré un quadragénaire qui nous a livré son impression quant à la situation qui prévaut dans toute la région, en montrant des signes de mécontentement vis-à-vis des élus des pouvoirs publics, qui, dit-il, ne font pas leur devoir convenablement envers les citoyens ; et de continuer, en nous invitant à voir l’état des lieux nous-même. Ce jeune de Béni Hamdoune fait illusion à l’état du CW n°10 qui est dans un état de délabrement avancé, et le chômage qui rend les gens impuissants et vulnérables face à la cherté de la vie. On a remarqué à Takerboust et Bahalil, les déchets ménagers entassés dans certains lieux, d’où émane une odeur nauséabonde, avant le passage des véhicules de la municipalité chargés de les ramasser, de les nettoyer, ainsi que les acheminer, vers la soit-disante décharge publique qui n’est autre que la propriété privée d’un citoyen de la commune de Beni-M’likeche de la wilaya de Béjaïa, qui est las de réclamer et d’adresser des requêtes multiples aux élus de la commune d’Aghbalou, pour l’en débarrasser mais sans résultats. Pour notre part, en passant par là, on a constaté et noté que la chaussée de ce lieu est couverte de ces déchets parsemés par le vent, et envahie par des chiens errants, qui se régalent des résidus, et d’où se dégage un air irrespirable ; tout cela est vraiment insensé. En s’entretenant avec de vieilles personnes et ainsi que les moins âgées, on a constaté que leurs avis sont partagés, il y a ceux qui apprécient ce que font les élus, car comme ils disent, les budgets alloués sont trop maigres, et ne peuvent pas satisfaire tout le monde ; et ceux - qui voient les choses autrement, en disant que les pouvoirs publics sont insensibles face à cette situation que vivent leurs concitoyens. Pourquoi ne vont pas faire des requêtes, et taper sur les bureaux de leurs tutelle, et les instances concernées ? Pour répondre à toute ces questions, nous nous sommes rapprochés de l’un des membres de l’exécutif communal. H. A.
Patrimoine archéologique et histoire dans les communes de Ouled Rached et d’Ahl El Ksar
“Le patrimoine a besoin qu’on s’occupe de lui. Il a traversé les siècles et il est l’émanation physique de notre mémoire. Si cette mémoire venait à disparaître, il ne faudrait s’en prendre qu’à nous-mêmes...”
Abderahmane Khelifa, historien et archéologue algérien
Le patrimoine archéologique et historique, important, d’Ahl El Ksar a été jusqu’à un passé récent méconnu. Cependant, une initiative embryonnaire de restauration de cet héritage commence à porter ses fruits. Pour que ce trésor considérable puisse être restauré, il est souhaitable d’impliquer les populations, notamment locales, qui sont son réservoir et son meilleur gardien. En effet, Ouali Amar, Mechat Saïd, Ahmed Menas, Ouali Saïd, tous natifs de la région, sont des pionniers et chercheurs passionnés de l’histoire de leur contrée, qui, laborieusement, ne cessent de mettre au jour cet héritage. Assurément, inscrits dans cette optique, ils réussissent un travail de restauration et de reconstitution de la mémoire collective de la région.
De... la genèse
Ahl El Ksar, commune mère, englobant avant le dernier découpage administratif la commune actuelle d’Ouled Rached, est appelée depuis jadis Achir (château en tamazight). Ses habitants seraient appelés pour cette raison les gens d’Achir, d’où aujourd’hui, l’appellation arabisée, Ahl El Ksar. Certains soutiennent, nous-dit-on, qu’à l’origine du côté de Aïn Begra, région de Ouled Rached, il y avait un château d’une dynastie inconnue des historiens ou du moins non rapportée par aucun manuscrit. On raconte aussi que des écritures se trouvent encore sur certains vestiges de ce château (Achir) à Aïn Begra. Mais on ignore encore le bâtisseur et encore moins l’ère et la dynastie auxquelles il appartient. A partir de là, on croit savoir que le nom de la région aurait été donné à ce château. Il est à signaler, dans le même sillage, plusieurs autres sites dans la région, dont seuls des vestiges subsistent encore mais sans pour autant pouvoir savoir davantage sur l’époque où ils ont été construits, voire par qui. A ce titre, on peut citer les vestiges se trouvant au sommet d’une montagne de plus de 900 mètres d’altitude à Taghzout. En effet, les habitants gardent encore l’appellation des lieux, Tadar d’Ighil Oumarou et pas loin de cet endroit des statuettes taillées sous la forme de têtes humaines. Ils sont donc des vestiges qui, sans doute, datent d’une époque très lointaine, mais laquelle ? On ne le sait pas. Tandis que d’autres soutiennent une autre version sur l’origine d’Ahl El Ksar, celle-là semble “vérifiée”. Alors, dit-on, du côté de Kherrata, Béjaïa, à l’époque ottomane, au début du XVIe siècle, il y avait un notable kabyle qui avait une très belle fille, très convoitée, nommée “M’lawa”. Un militaire de l’armée ottomane, présent sur ces lieux, épris probablement d’elle, ne cessait de demandait sa main. le père, attaché aux traditions, opposa un refus irréversible. En effet, lassé sans doute par une situation embarrassante, et pour parer à d’éventuels “scandales”, le père se déplaça en compagnie de sa fille et de sa famille à une centaine de kilomètres plus loin, construit un château et s’y installa. Il paraît que c’est ce château là qui donna par la suite le nom à la localité de Leqsar, localité relevant de Béjaïa. Quelques années plus tard, le militaire turc avait fini par retrouver les traces de la dulcinée et se rendait de temps à autre dans la région. Un temps plus tard, après la mort du père qui ont lieu en ce château-là, les oncles de la fille, au nombre de trois, intervinrent et firent fuir M’lawa à des centaines de kilomètres vers le sud. L’attention des fugitifs, après un long périple, fut sûrement attirée par l’apparition de deux pics, d’environ 900 mètres d’altitude, visible de loins. C’est donc vers la colline Est qu’ils se dirigèrent et s’installèrent sur le versant sud puisque de nos jours, on parle encore d’une source d’eau et de ruines. Ainsi, donc, ces fugitifs, et pour s’identifier dans cette nouvelle contrée qu’ils viennent d’occuper, ont tenu à se faire appeler “Ath Leqsar” pour signifier aux autres, et à eux-mêmes, qu’ils possédaient un “qasr” ailleurs et qu’ils l’avaient abandonné pour des contraintes. C’est pourquoi, le territoire d’Ath Leqsar commence de l’endroit où, jadis, M’lawa avait posé ses pieds. Un village, où ces pics, sont encore appelés M’lawa en mémoire à cette fille. Il fut un temps, les habitants d’Ath Leqsar faisaient “El qaâda” dans ces deux pics en immolant des bêtes. Ainsi, la robe traditionnelle de la région, unique dans la Kabylie, est confectionnée en noir et partiellement en rouge, en signe de deuil pour cette fille. Il convient de signaler enfin que le militaire othoman a fini encore une fois de retrouver l’abri de M’lawa. Il se rendait plusieurs fois en compagnie de ses soldats en suivant une route qui va de M’chedallah et aboutit à Ath Leqsar, cette route porte même aujourd’hui le nom de “Avrid U Turki”, la route du turc. On relève aussi qu’une bonne partie des oliviers du désormais village de M’lawa sont les plus anciens dans la région et sûrement les premiers a être griffés.
Kanoun des Ath Leqsar
Dans un passé lointain, la région était composée de trois grands villages, Ath Rached Ouali, Ath Abdellah Ouali et Ath Ali Ouamar. Alors que, respectivement les deux premiers villages existent encore, le village d’Ath Ali Ouamer a complètement disparu, il n’y reste que quelques vestiges témoins d’un passé peu connu et on ignore les raisons de cette disparition. Comme toute structure sociale d’antan, les Ath Leqsar avaient leur propre “constitution”. Ainsi, on peut lire, entre autres, dans l’article n°1 : Quiconque a volé une jument, ou un mulet, ou un bœuf, ou tout autre animal de service, paye, si le fait est constaté, dix douros d’amende... Aussi, dans l’article n°76 : Quiconque excite un trouble parmi les gens en propageant des calomnies et de mauvais propos, paye un douro d’amende, et en cas de récidive, est chassé du pays.
En somme, ces articles et lois bien qu’ils reflètent une superstructure d’un moment donné dans l’histoire de la région, nous renseignent sur l’organisation de la vie et des intérêts des populations.
Les Ath Leqsar et... l’Emir Abdelkader
En 1510, quand Béjaïa, la capitale du Royaume hammadite, fut tombée entre les mains des Espagnoles, elle se replia à la Qalaâ de Medjana sur un sommet inexpugnable dans les montagnes des Bibans. Elle fonda alors un nouveau royaume appelé royaume des Ath Abass. Cette dynastie, dans son émancipation, installa des villages satellites aux alentours de son royaume, et sentant aussi son pouvoir influent, elle allia à ses rangs les villages des rives sud de Djurdjura, des flans des bidans et aussi les Bobors dominant les vallées du Sahel et de la Soummam. Ath Leqsar, située aux confins nord-ouest des Bibans, était donc dans cette logique d’influence, des villages satellites, qui, à l’égale de cette dynastie, était indépendante auxquels ses habitants ne payaient point de tribut. Par ailleurs, les habitants d’Ath Leqsar étaient marqués par des soulèvements et parfois d’immigrations forcées. En effet, la grotte d’El Ghar à Tihemziyine à longtemps servi d’abri pour les populations au moment des soulèvements contre l’occupant. Cette grotte, dit-on, longue de plusieurs kilomètres, continue, à nos jours, à nourrir le mystère puisque jamais explorée. Alors, les Ath Leqsar, pénétrés de cette tradition d’indépendance et de rébellion, entreront en dissension avec Bensallem, khalifa de l’Emir Abdelkader, qui voulut les astreindre sous sa dépendance en automne 1839. En effet, les Ath Leqser avaient reçu de ce khalifa trois lettres consécutives qui réclamaient ce l’Achour et la Zakat en retard, étaient demeurées sans réponse. A la troisième contenant des menaces énergiques, les gens d’Ath Leqsar font mandater un des leurs chargé de dire au khalifa seulement ces paroles : “Dir Aachra Oua Krass”, c’est-à-dire ; “mets dix balles dans ton fusil et viens combattre”. “L’insolence” de cette bavarde n’a pas laissé Bensallem indifférent. Celui-ci demanda du secours à l’Emir Abdelkader. Alors Bensalem était allé assiéger Ath Leqsar. On avait combattu, parlementé, puis on avait repris les armes ; les conditions du khalifa semblaient être trop dures. Enfin, dans un dernier engagement, Bensalem était parvenu à attirer les combattants d’Ath Leqsar hors de leurs postes retranchés. Après de rudes combats, Bensalem sortit vainqueur. Il était resté quinze jours sur les lieux, tant pour instituer des chefs que pour rançonner la malheureuse région. Comme il allait partir dans l’ivresse du succès, on vint tout à coup lui apprendre que le fils du roi des Français franchissait les Bibans à la tête d’une armée importante, et pénétrait son territoire. Cette colonne française où se trouvait en effet le prince royal, avait pour chef réel le Maréchal Valée, gouverneur général, exécutant alors la reconnaissance entre Constantine et Alger. Bensalem fait une prompte retraite, qui dégénérera bientôt en fuite. Car exaspérés de “sa rigueur” et le voyant “embarrassé”, les gens d’Ath Leqsar s’insurgèrent aussitôt, le poursuivirent et “lui reprirent à peu près tout ce qu’il leur avait enlevé”.
Les Ath Leqsar et…la révolte d’El Mokrani
Menée par Mohand Amokrane (El Mokrani) et cheik Mohand Ameziane Aheddad, chef de la zaouïa Errahmania à Seddouk, la révolte commença en mars 1871. Ath Laqsar faisait partie du contingent commandé par Boumezrag. Un groupe d’insurgés d’Ath Leqsar, sachant que le colonel Gouraud était en marche vers Aumale (Sour El Ghozlane) pour se ravitailler, vint razzier près d’El Esnam les troupeaux de Beni Meddour, Merkala et Oued El Berdi, nouvellement soumis. Le 15 juin, Boumezrag, à la tête d’une centaine de cavaliers et de fantassins d’Ath Leqsar, tomba sur Beni Amrane entre El Esnam et Aïn Hazem et leur enleva des centaines de moutons et une dizaine de bœufs et chevaux. Ayant appris la dernière razzia de Boumezrag, le colonel Gouraud qui, le 17 juin, était arrivé à Oued El Berdi allant vers Aumale, prit ses dispositions pour marcher le lendemain contre les rassemblements installés à Ath Leqsar. Il envoya un courrier au colonel Trumlet à Sidi Aïssa pour l’inviter à appuyer ce mouvement en faisant une démonstration vers Oued Khris. Le 18 juin au matin, le colonel Gouraud se mit en route, mais au lieu de prendre l’un des deux chemins tracés qui, de l’Oued Sahel, conduisent au groupe formé par les trois villages d’Ath Leqsar, il prit à travers les bois et suivit la crête dite Ighil Iguenni qui aboutit au col dominant le plateau sur lequel sont érigés les trois villages. Surpris par cette attaque survenant d’un côté qu’on croyait impraticable pour une colonne française, les gens d’Ath Leqsar prirent la fuite et firent filer leurs troupeaux. Ils arrivèrent alors trop tard pour défendre le col, qui fut occupé par les éclaireurs. Les positions dominant les villages de l’autre côté furent ensuite occupées par ces mêmes éclaireurs, après un engagement avec les fantassins d’Ath Leqsar. Quand le gros de la colonne arriva, les villages étaient déserts. Le colonel Gouraud les incendia et démolit la maison de Lamine Ben Amar, principal chef des insurgés. Entre-temps, le colonel Trumlet venu avec 600 cavaliers de Sidi Aïssa, à la rescousse de Gouraud, se trouva à Oued Khris nez à nez avec les forces d’El Mokrani, venues appuyer Ath Leqsar retranchés dans les bois. L’affrontement fut si violent que les Français ont subi une forte perte et furent obligés à battre en retraite.
De…l’époque coloniale
Les premières écoles ayant été érigées dans la région d’Ath Leqsar datent pour certaines depuis plus d’un siècle. En effet, on peut citer, l’école d’Ath Rached Ouali de langue française construite en 1902. Elle fut la première du genre dans la région toute entière. Les cours furent dispensés par un certain Zaâmoum, originaire d’Ighil Moula, qui n’est que le père de feu Ali Zaâmoum, un des chefs de la Wilaya III historique. Les deux écoles de Tilioua qui dispensèrent des cours du Coran datent d’avant la Guerre de Libération. L’école de langue arabe d’Ath Abdellah Ouali érigée en 1945, a été construite par les adeptes du courant des Oulémas, les habitants appelèrent les cours dispensés par cette école “Tabadissit”. L’école de langue française d’Ath Rached Ouali créée en 1947, se voulait une ouverture sur la modernité et la laïcité. Aussi, d’autres écoles ont été construites pendant la Guerre de Libération dont les cours étaient assurés soit par des “volontaires” venant d’outre-mer, soit par des militaires français. Durant la Guerre de Libération, Ath Leqsar, faisant partie de la Wilaya III historique, a joué un rôle important en raison de sa position stratégique pour les insurgés et leur ravitaillement. Cependant, la concentration des forces françaises était forte dans cette zone : 6 camps militaires, 6 cités de regroupement et un centre de torture et un SAS. Le centre de torture de Tilioua, à 5 km du chef-lieu de la commune, était d’abord un poste des gardes forestiers qui fut construit à la fin du XIXe siècle pour l’exploitation du bois. A partir de 1956, ce poste a été transféré en garnison servant de siège du SAS et connut un agrandissement pour les besoins des militaires français. Ce camp a abrité le 7e Hussards et le 19e RCC, réputés pour leurs combats. Le fait le plus marquant pour l’armée française est qu’en 1958, des supplétifs indigènes ont fomenté une conspiration lors des distractions de la fête du 14 Juillet. En déjouant la surveillance ennemie, ils ont raflé armes et munitions pour aller rejoindre leurs frères insurgés. Cependant, ce centre de torture était célèbre pour avoir été fatal pour tous ceux qui y ont été incarcérés. Souvent, ils ont torturés à mort ou exécutés tout court. Des hommes comme des femmes, tous âges confondus, ont souffert le martyre. Les séquelles de certains ayant survécu à nos jours témoignent de l’atrocité du colonialisme. Malheureusement, ce site qui devrait être restauré en musée se trouve dans un état de délabrement très avancé. Par ailleurs, l’engagement des habitants d’Ath Leqsar dans la lutte pour la libération furent marqué par, entre autres, des batailles comme celle de Talamine, où l’armée française a utilisé, selon des historiens, des bombes au napalm. Mais ses pertes totalisent 70 morts, une dizaine de blessés et deux avions abattus. Ainsi, la bataille d’Ighil Oumalou a vu l’armée coloniale peotre, plus de 20 soldats, une dizaine de blessés et un avion abattu. Aussi, la bataille de S’rour à Assif Lekhmiss où il a été tendu une embuscade à un convoi militaire français. Pris au dépourvu, les militaires français n’opposèrent aucune résistance et furent tous anéantis ; 22 soldats dont deux officiers.
Le devoir de mémoire
Il faut dire, enfin, que d’autres sites et vestiges sont encore méconnus. La seule volonté des uns ou des autres, digne soit-elle, devrait être accompagnée par un travail d’historiens et d’archéologues pour faire davantage la lumière sur l’Histoire de la région. Un patrimoine si précieux qui devrait être restaure et valorise par un travail soutenu par les autorités concernés.
L. M.
16 avril 2009
Le royaume de KOUKOU
Le royaume de KOUKOU (Tahar OUSSEDIK)
Les sujets de Sidi Amer Ou El-Qadi craignaient beaucoup de provoquer sa colère car il n'hésitait pas à torturer même pour des motifs futiles. Pour mieux assouvir son sadisme, il avait aménagé une courette où il soumettait les «coupables» à un cruel supplice. Elle était entourée d'un mur bâti dans le but de soustraire aux regards des curieux les pénibles séances qui s'y déroulaient. Au milieu de l'espace ainsi délimité, il avait fait planter quatre pieux formant un rectangle de la grandeur d'un homme de belle taille. On déshabillait la victime et on l'étendait entièrement nue, le dos contre le sol. On ligotait à l'aide d'une courroie en cuir chacun de ses membres à un piquet et on l'exposait au soleil pendant toute la journée. Rôti lentement et à petit feu, le malheureux supplicié souffrait beaucoup et il lui arrivait de souhaiter la mort lorsque les séances se répétaient.
Un jour, les malheureux paysans crurent pouvoir améliorer leur situation en évitant toute rencontre avec le monarque et surtout ses hommes d'armes. Cette conduite simpliste et naïve consistait à faire le vide devant les autorités dans l'espoir de se dérober aux sévices. Mais ils durent bientôt déchanter car les agents de la force publique se présentaient toujours au moment où ils s'y attendaient le moins. De guerre lasse, les sages et les anciens se rassemblèrent et allèrent trouver Sidi Mançour, le grand maître de la zaouia de Timizar et lui demandèrent assistance et protection. Ce savant, théologien de l'Islam, était appelé El Djennadi en raison de son installation en territoire des Béni-Djennad (At Jennad). Il est en réalité originaire d'El-Mniaâ (El-Goléa) qu'il avait quitté en compagnie de quarante condisciples et gagna la Kabylie où il se fixa. La population le reçut chaleureusement, elle lui fit don d'un champ d'une grande superficie et elle l'aida à construire une université coranique à Timizar. De nos jours, lorsqu'un habitant de la région est appelé à prêter serment il le fait toujours en disant : « Je jure par Sidi Mançour et les quarante Imniênne » (Les habitants de Mniaâ).
Quand les délégués se présentèrent devant l'homme de religion, ils lui relatèrent les exactions qu'ils subissaient et le prièrent de les conseiller.
« Mes enfants, leur expliqua-t-il, les contraintes que vous endurez sont le fruit de votre comportement. Dès que le souverain vous convoque, vous vous empressez d'obéir pour vous plier au moindre de ses désirs. Il connaît la faiblesse de votre caractère qui a fait de vous des pleutres et il sait vous exploiter. Vous devez apprendre à résister au sentiment de la peur pour vous comporter en hommes courageux et dignes. A l'avenir, lorsqu'il vous mandera, faites la sourde oreille, laissez-le venir à vous et s'il entre en effervescence, dites-lui que c’est moi qui vous ai recommandé d'observer une telle attitude. »
Si Amer Ou El Qadi ne tarda pas à être mis au courant de cette concertation. Interrogées, les personnes suspectées avouèrent leur participation à la réunion au cours de laquelle ils sollicitèrent l'appui de Sidi Mançour. Le roi, rendu inquiet par l'éclosion de cette tendance à la désobéissance civile, résolut de s'entretenir à ce sujet avec le maître de la zaouia. Il enfourcha sa jument et se dirigea au trot vers El-Hammam, lieu où le marabout avait élu domicile. Lorsqu'ils se repérèrent de loin, les deux hommes se portèrent à la rencontre l'un de l'autre. Puis ils s'abordèrent, se dirent des banalités et ne firent aucune allusion au motif qui les préoccupait. Le religieux orienta ensuite la conversation et, à brûle-pourpoint, il lui posa la question suivante:
- Mon seigneur, j'ai appris que vous êtes allé souvent à Alger. Qu'avez-vous remarqué de surprenant dans cette ville ? Qu'est-ce qui a pu attirer votre attention ?
- La grande capitale, répliqua l'interpellé, est une belle cité qui me plaît beaucoup. Je passe mon temps à admirer ses maisons blanches, ses rues animées et ses boutiques bien achalandées.
- En ce qui me concerne, répliqua Sidi Mançour, il n'y a qu'une seule personne qui retient mon attention. C'est un fou qui se promène nonchalamment en criant: «Attention ô étourdi ». «Balak à Lghafe !». Cette observation, qui lui était destinée et qu'il sentait chargée de menaces, incita Si Amer Ou El-Qadi à réfléchir. Il demeura cloué sur place, la mine pâle, le front barré de rides, puis, il prit congé du saint et retourna sur ses pas. Il progressait lentement, pensif et insensible à tout ce qui l'entourait. Entendant marcher derrière lui, il tressauta et fit volte-face, son regard rencontra celui d'un vieillard qui se courba et le salua humblement.
- Que veux-tu ? s'écria le souverain.
- Mon maître, Sidi Mançour, m'envoie pour te prévenir que tu cours un grand danger. Et il m'a ordonné de t’avertir que tes jours sont comptés et que tu vas mourir dans très peu de temps.
Cette prophétie inattendue l'ébranla sérieusement, il regretta amèrement ses fautes et se promit de redevenir meilleur ; mais …
par lounes ajennad
