selloum village kabyle

selloum village kabyle de la wilaya de bouira

28 mars 2009

Un hiver sous l’olivier vaec photos

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                                          Un hiver sous l’olivier

 

    La saison de la récolte d’olive au village selloum arrive à sa fin, en ce 15 Mars 2009 après une saison d’hiver froide, la récolte d’olive a pris presque du mois de décembre et ce termine avidement la fin du mois de mars, car « la récolte est bonne cette année » nous dira tout un villageois Hamid Hamoudi, un jeune agriculture du  village selloum qui nous montre même une de ses arbres,

     La récolte d’olive est abondante cette année par rapport au année passer, pour cela tout les membres de la familles son mobiliser pour pouvoir ramasser tout la récolte, même les enfants non pas eut l’occasion de profité du congé d’hiver ils sont préfère de donner un coup de main a leur parents dans ambiance est chaleur de famille, la journée des familles ce passe dans les chans. Entre les oliviers, ont repartie des taches entre autre de dérouler la bâche est l’autre allume un feux, pour supporté l‘aire glacial du matin est ce permettre une chaleur sous l’arbre.

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La fin de journée  dans des sacs que ont met cette olive récolté en les transportes directement vers une huilerie traditionnel  D akli At Atmante  ou une place auparavant que en  réservé dit le début de la saison  de la récolte d’olive, dans un espace large que il suffète de choisir une place, a cette grand espace il te faut voir avec Malek At Atmante dirige et t’oriente, de  et de t’inscrire pour une date fixe pour être présente a ton tour g’izzidh (moulage)  la journée la plus importante chez le fellah qui va voir le fruit des mois de ramages,avidement ! Pas avec des mains nus mais avec des bidents ! Qui seront remplit chose qui tracera une ligne de joie le fait de s’avoir que le rendement cette année et meilleur.

                                                                                                                        Slimani djamel

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23 mars 2009

L’Association écologique «Nature-Espoir» de Raffour célèbre sa journée

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L’Association écologique «Nature-Espoir» de Raffour célèbre sa journée

L’Association écologique «Nature-Espoir» de Raffour, commune de M’chedallah située à 50 km à l’est de Bouira, célèbre comme à l’accoutumée depuis 2005, la journée du 31 mars qui est une journée didactique de l’association.

Pour cette année 2009, l’association «Nature-Espoir» de Raffour célèbre la journée typique de l’association et pour cela un programme aussi riche que varié a d’ailleurs été concocté pour la circonstance et prendra effet au cours des journées du 20, 26 et le 31 mars. Le coup d’envoi sera donné pour la journée du vendredi le 20 mars comme première action de l’association, elle consiste à entretenir (binage, désherbage, et arrosage) des plants déjà plantés, s’ajoute la campagne d’implantation le long de la RN15 côté ouest de Raffour avec des plants de faux poivrier qui rentre dans le cadre de la réalisation de la ceinture verte de cette ville.

La journée s’est achevée par la distribution de trois sortes d’arbrisseaux comme le cyprès, caroubier, et le faux poivrier à tous les participants et citoyens, et ce à titre gratuit.

Pour la seconde action du programme de l’association, celle-ci se tiendra le 26 mars et sera consacrée «à une grande exposition avec la participation de la direction de l’Environnement, le parc Djurdjura, les forêts, les pépinières, des associations de la région et autres…», nous déclare le président de l’association M. Kechadi Said, et que «c’est le centre de formation Mansouri Hocine de Raffour qui abritera cette grande exposition pendant toute la journée». Pour la clôture de cet événement le 31 mars, le président et les membres du bureau de l’association veulent marquer cette date typique de l’association vu qu’elle coïncide avec la date de réception ; pour cela, une conférence est programmée sous le thème «Nature-Ecologie» assurée par un conférencier de la direction de l’Environnement.

C’est ainsi que l’association écologique «Nature-Espoir» de Raffour, consciente de l’importance et de la valeur de l’arbre dans la nature, participe par ces actions au développement et à la protection de l’environnement en général, espère inculquer une culture susceptible pour le protéger.

Slimani Djamel

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19 mars 2009

A Rafour le 19 Mars 2009

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17 mars 2009

La chaîne TV amazigh sera lancée ce mercredi

La Chaîne IV émettra six heures par jour, de 17h à 23h
La chaîne TV amazigh sera lancée ce mercredi

 

Bonne nouvelle pour les Kabyles ! La chaîne TV d’expression amazighe Chaîne IV sera enfin opérationnelle dès demain.

L’établissement public de Télévision vient, en effet, d’annoncer que  la Chaîne IV et la Chaîne V  seront mises en service à titre expérimental à partir de demain.  La Chaîne IV vient ainsi s’ajouter aux deux autres chaînes déjà bien établies au sein du paysage médiatique amazigh ciblant la région de Kabylie. Il s’agit de Berbère TV et Beur TV, sauf que ces dernières sont implantées en France, quoique que s’agissant de Beur TV, les programmes en tamazight et/ou kabyle sont diffusés de manière épisodique voire accessoire.

La chaîne d’expression amazighe Chaîne IV qui diffusera ses programmes en tamazight dans ses déclinaisons kabyle, chaouie, targui, chenouie, et mozabite, émettra six heures par jour, et ce, de 17h à 23h. Quant à la Chaîne V, dédiée au Coran, ainsi qu’au savoir et à la connaissance, elle  émettra huit heures par jour, et ce, de 16h à 00h.

"Les émissions des deux chaînes seront retransmises par les trois satellites Nilesat, Hotbird, et AB3, ainsi que par la voie terrestre hertzienne, et ce, en attendant l’élargissement de leur acheminement par le biais de la TNT  (télévision numérique terrestre) qui est en voie de réalisation", peut-on lire dans le communiqué parvenu hier à notre rédaction.

Le lancement de ces nouvelles chaînes entre dans le cadre du développement du secteur audiovisuel national tel que décidé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Inscrite dans le dispositif prévu par le plan de relance économique, la politique initiée à ce niveau vise, selon la même source, "l’extension et la modernisation de la télévision nationale", de sorte que le service public qui a vocation à répondre au droit à l’information des citoyens soit doté des voies et  moyens qui en assurent la consolidation et pérennité. Les deux nouvelles chaînes qui viennent s’ajouter à la chaîne terrestre, à Canal Algérie et à A3, déjà bien ancrées dans le paysage audiovisuel algérien, participent de cette démarche et constituent dans cette optique les premiers jalons de toute une série d’autres programmes dont la maturation est en cours, précise le communiqué. Dans le même sillage, le communiqué affirme que l’établissement public de télévision  élargit de façon conséquente son offre de programmes et concrétise de façon progressive ses objectifs de proximité avec ses nombreux publics aux besoins desquels elle s’emploie de répondre avec efficacité.  Ces deux nouvelles chaînes, émettront par satellite sur Nilesat via la position 7,2° Ouest-polarisation horizontale, et ce,  à travers les fréquences de réception 10 930 Mhz, par Débit symbole 27,5 Mbaud-Fec3/4.

Elles seront aussi diffusées par voie satellitaire sur Hotbird via la position 13° E-polarisation verticale à travers les fréquences  de réception 11 034 Mhz  sur le débit symbole 27,5 Mbaud-fec3/4. Ces chaînes seront également diffusées par satellite sur AB3,  à travers la position 5° Ouest-polarisation Horizontale via les fréquences de réception 11 065Mhz-QPSK, FEC2/3, SR : 17,904255 Msymbol/S.

Il est à l’évidence plus que louable qu’enfin des millions d’Algériens d’expression berbère puissent ne plus subir la frustration d’être privés de leur chaîne télévisuelle. C’est que dès le moment où cette perspective avait été une éventualité politico-médiatique quasi officielle, il en a fallu du temps pour qu’elle soit concrétisée. Mais mieux vaut tard que jamais surtout qu’avec cet événement, la nette avancée politico-institutionnelle et médiatico-culturelle de tamazight reçoit sa pleine confirmation.   

Lemya Ouchenir

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15 mars 2009

Dernier jour du colloque sur Bahia Farah

Dernier jour du colloque sur Bahia Farah
Et la fête fut !
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Ils étaient venus, ils étaient tous là, mais pas pour accompagner, comme dans la chanson d’Aznavour, une  “Mama tirant sa révérence”.  Ils étaient venus, ils étaient tous là pour, comme dans le Asefru de Si Moh, ressusciter Bahia Farah, cette  grande dame “yeqqes wezrem, yedja-as-d ssem-is”, cette grande dame qui “avait tant et tant attendu” son bien-aimé, Sid-Ali Temmam, cet autre énorme artiste.

Ce jeudi-là, ils ne s'étaient pas déplacés à Bouira pour  honorer un cachet: ils étaient mus par un élan de générosité pour honorer une mémoire.  Ils, c'est Anissa, Akli Yahiatène, Taleb Rabah Ldjida Tamechtouht, Dalila Brahmi, Chabha, Djamal Alam, Lehlou (le poète), Kamel Hamadi, Abdelkader Bendamache…

Ces stars malgré eux  ont, chacun à sa façon, rappelé au souvenir le talent de la belle Bahia. Elle, elle était élégamment mise en relief par un poster géant. Dieu comme elle est belle ! On ne sait pourquoi, peut être pour une raison subjective, la grâce, la classe et l’élégance que dégageaient l’image  nous extirpent le “Ciao bella !” de Ferhat. Et puis, il y a le public, ce  généreux public qui a embelli un peu plus la salle, ce joyau de la maison de la culture.  Qui avait dit que les Bouiri(e)s  sont enfermé(e)s  dans des bunkers psychologiques programmés par l’idéal moyenâgeux ? Non, ils sont insoumis aux instincts de la mort.  Il suffit tout juste de leur donner l’occasion pour qu’ils adhèrent entièrement  à l’hymne de la vie. C’est ce qui  d’ailleurs arrive depuis que le jeune responsable de la culture a décidé que désormais la culture dans tous ses éclats  “soit”. A treize heures, une heure avant le coup d’envoi, de la fête, qui en réalité a commencé le mardi dernier,  la grande salle est déjà agréablement pleine. Elle est féminine, masculine et “transgénérationnelle”. On y retrouve quelques figures familières qui pour tout l’or du monde ne passeraient pas à côté  des Akli Yahiatène, Djamel Allam et autre Anissa. On y retrouve aussi ces abonnés au “regarde, je suis là !”.  Le brouhaha de “l’entracte’’  le temps que Rachid Merzouk, l’animateur, invite sur scène, et sur fond de l’air de "Yeqqes-iyi wezrem",  Dalila Brahim. La jeune artiste interprétera le “tube’’ de Bahia Farah. Les jeunes découvrent, les vieux, les vieilles notamment, sont subjugués. Elles accompagnent Dalila et ne lésinent pas sur les youyous.

Chair de poule ! Ca flash de partout.  La chanteuse conclut sur fond d’un tonnerre d’applaudissement. C’est au tour de Chabha accompagné d’un élément de l’orchestre d’interpréter "Atas ay sebregh (J’ai tant attendu)", chanté en duo par Farah et Slimane Azem. Même chair de poule et même tonnerre d’applaudissements. Le tour de Djamal Allam arrive. L’artiste nous apprendra que c’est pour la première fois qu’il met les pieds à Bouira (merci Bahia !). L’auteur de "Ad sen-efk lwada.."  promet de revenir. En attendant, il interprétera "Ur ttru, a tamghart…". Délice. L’artiste nous laissera sur notre faim. Il faudrait vraiment qu’il revienne. Et vint le tour de Akli Yahiatène. Il aura droit à l’ovation  que sa carrure mérite, avant qu’il n’attaque "in-as i mmlayun Tawes… ". L’artiste n’a rien perdu ni de sa voix ni de son élégance.  Il enchaînera avec " Tamurt-iw" pour terminer avec l’éternelle "ya lmenfi". Et c’est tout le monde qui se lève pour saluer l’icône.

Les youyous (re)fusent de partout. Le monsieur s’incline devant son public et s’éclipse derrière les rideaux. Pour finir en beauté, Dalila est rappelé sur scène pour réinterpréter "Yeqqes-iyi wezrem". Toute émue, la jeune chanteuse écrasera une petite larme. Peut être qu’elle se reconnaît dans Bahia Farah, dans son texte. Dit-sept heures presque. Les artistes et la famille de Bahia Farah sont invités sur scène.

Le directeur de la culture, Omar Reghal, remerciera ses hôtes, avant de céder le micro à Fad de Mas production. Lui aussi remerciera  les artistes et le public.

Remise de fleurs et de cadeaux symboliques aux artistes terminera le colloque sur Bahia Farah. L’événement est réussi. Avant que la salle ne se vide, le directeur de la Culture promet aux Bouiri(e)s  d’organiser des manifestations de même nature pour rappeler à la mémoire d’autres artistes, pour rappeler à la mémoire l’Algérie de nos rêves. Nous surprendrons un grand "ouf !", sourde de la poitrine du jeune responsable de la culture qui cachera mal une petite larme de joie lui parcourant la joue. Mais c’était un grand moment d’émotion que seule la culture sait en “générer’’.

T. Ould Amar

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47 années après son assassinat : présence de Mouloud Feraoun

47 années après son assassinat : présence de Mouloud Feraoun
Humanisme et authenticité d’un instituteur du “bled’’

 

Presque un demi-siècle après son assassinat, Mouloud Feraoun fait toujours l’objet de travaux universitaires relatifs à la critique littéraire pure ou à l’histoire de la guerre de Libération algérienne. Il y a deux ans, un roman posthume de Feraoun a été publié en Algérie sous le nom “La Cité des roses’’.  Des chercheurs portés sur la poésie de Si Mohand U M’hand continuent à s’inspirer de la traduction qu’en a faite Feraoun dans un livre publié aux éditions de Minuit. Une traduction du “Fils du pauvre’’ a été réalisée en 2004 par un féru de Feraoun.

n  Par Amar Naït Messaoud

En tout cas, depuis sa disparition,  l’“instituteur du bled’’ n’a jamais cessé d’être au centre d’intérêt de personnes, cercles universitaires ou institutions académiques pour ce qu’il représente dans le monde de la littérature, dans le témoignage sur la guerre de Libération et dans l’univers de la culture kabyle.

Trois jours avant la signature des Accords d’Evian qui allaient mettre fin à la guerre d’Algérie, l’Armée de l’Organisation Secrète (OAS), farouchement opposée à toute idée de l’indépendance de l’Algérie, prit d’assaut, le 15 mars 1962, le Château-Royal à El Biar où s’étaient réunis les inspecteurs des Centres sociaux, un organisme crée par Jacques Soustelle avec l’assistance de Germaine Tillion. Les assaillants firent sortir six personnes en les appelant par leurs noms pour les aligner face à un mur et les fusiller. Les six inspecteurs sont : Mouloud Feraoun, Max Marchand, Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hamoutene et Salah Ould Aoudia.

Ces inspecteurs faisaient partie de ceux qui espéraient fonder un dialogue culturel entre les communautés en présence en aidant les plus pauvres et les plus démunis. Ils voulaient servir de passerelle entre ceux que l’histoire et les vicissitudes de la vie opposaient par les armes. Une entreprise humaniste bâtie sur la fraternité et la paix. Ils étaient sans aucun doute les victimes expiatoires d’un ordre violent, imparable et irrésistible inscrit sur le fronton d’un pays qui n’avait d’autre alternative pour accéder à sa liberté que l’ultime solution : la révolte armée. Les Ultras ne pouvaient imaginer un seul instant, qu’après 132 ans d’occupation, de jouissance de privilèges et de négation de l’indigène, il puisse surgir un nouvel ordre qui redonnerait la dignité aux autochtone et la parole aux gueux.

Dans une lettre à Emmanuel Roblès, écrivain et ami de M. Feraoun, Ali Feraoun écrit à propos de son père, le lendemain du drame : «Je l’ai vu à la morgue. Douze balles, aucune sur le visage. Il était beau, mon père, mais tout glacé et ne voulait regarder personne. Il y en avait une cinquantaine, une centaine, comme lui, sur les tables, sur des bancs, sur le sol, partout. On avait couché mon père au milieu, sur une table».      

 

La rançon de l’intelligence et de l’humanisme

 

Jean Amrouche, moins d’un mois avant sa mort le 16 avril 1962, écrivait dans un message : «Traîtres à la race des seigneurs étaient Max Marchand, Marcel Bassset, Robert Eymard, puisqu’ils proposaient d’amener les populations du bled algérien au même degré de conscience humaine, de savoir technique et de capacité économique que leurs anciens dominateurs français. Criminels, présomptueux, Mouloud Feraoun, Ali Hamoutene, Salah Ould Aoudia qui, s’étant rendus maîtres du langage et des modes de pensée du colonisateur, pensaient avoir effacé la marque infamante du raton, du bicot, de l’éternel péché originel d’indigénat pour lequel le colonialisme fasciste n’admet aucun pardon. Voilà pourquoi les six furent ensemble condamnés et assassinés par des hommes qui refusent l’image et la définition de l’Homme, élaborées lentement à travers des convulsions sans nombre par ce qu’il faut bien nommer la conscience universelle».

Dans l’introduction à la réédition par l’ENAG de “L a Terre et le sang’’, Mouloud Mammeri écrivait à propos de l’assassinat de Feraoun : «Le 15 mars 1962, au matin, une petite bande d’assassins se sont présentés au lieu où, avec d’autres hommes de bonne volonté, il travaillait à émanciper des esprits jeunes ; on les alignés contre le mur et…on a coupé pour toujours la voix de Fouroulou. Pour toujours ? Ses assassins l’ont cru, mais l’histoire a montrés qu’ils s’étaient trompés, car d’eux il ne reste rien…rien que le souvenir mauvais d’un geste stupide et meurtrier, mais de Mouloud Feraoun la voix continue de vivre parmi nous».

Le fils de Salah Ould Aoudia, Jean-Philippe, ne cesse, lui, de chercher la vérité à propos de ce massacre et de réclamer que justice soit faite. En 1992, il fit paraître un livre intitulé : “L’Assassinat de Château-Royal’’ (éditions Tirésis) du nom du lieu qui abritait les Centres sociaux. Dans une contribution qu’il a faite à l’ouvrage collectif  “Elles et Eux et l’Algérie’’ (éditions Tirésias-2004), il note : «Le massacre des Centres sociaux éducatifs est un acte dont les tueurs sont tous si fiers qu’à ce train-là tous les sicaires de cette organisation déclareront un jour qu’ils ont tiré  sur les six enseignants des Centres sociaux éducatifs. En toute impunité !

En effet, je ne peux pas, juridiquement, poursuivre un seul de ces onze ‘’salopards’’ qui s’autoproclament assassins de mon père et de ses compagnons. Cette indécente impunité des criminels trouve son origine dans les quelque soixante articles détaillant les lois d’amnistie successives qui témoignent de la bienveillance de la République, sans cesse renouvelée, à l’égard de ceux qui ont pourtant voulu la renverser.

Merci aux généreux dispensateurs d’amnistie…

Ces pardonneurs, toutes tendances politiques confondues, animés du seul souci de l’unité de la nation, se sont-ils préoccupés de ce que pouvait ressentir les citoyens hostiles à l’OAS et les victimes de cette organisation terroriste ? Et que dire de l’écoeurante complaisance à l’égard des tueurs de l’organisation que celle des médias qui écartent systématiquement le contrepoids que pourraient constituer les témoignages des victimes, face à un Jacques Susini, par exemple, pilier des émissions sur l’OAS et directement impliqué dans le crime de Château-Royal ?

L’affaire du général Aussaresses est significative de la prééminence du bourreau au sein de notre société (…) Eh bien, sans que rien ne nous ait préparé, il a suffi qu’un vieux général borgne proclame haut et fort les multiples exactions par lui commises et ordonnées à ses équipes de “spécialistes en liquidation sommaire’’ pour que l’opinion publique franchisse cet obstacle qu’on pensait insurmontable et admette que la “question’’ préalable avait été restaurée par la France pendant la guerre d’Algérie. La parole du tortionnaire a été plus convaincante que celle du supplicié, de l’intellectuel et de l’historien le plus éminent».

Mémoire des deux rives

 

Abordant le volet de l’histoire charrié par le souvenir des six martyrs du Château Royal, Jack Lang dira dans “L’Humanité’’ du 12 décembre 2001 : «C’est pour une façon d’affirmer que c’est événement tragique est une authentique page d’histoire que nous donnons à méditer aux enseignants, aux élèves, à leurs familles, et, au-delà, à l’ensemble de nos concitoyens. Il ne s’agit pas ici de rouvrir le dossier de la guerre d’Algérie ni de raviver les conflits et les antagonismes. Jamais, en outre, l’Éducation nationale n’a eu et n’aura une conception justicière de l’histoire. Mais, nous souhaitons rappeler fortement aujourd’hui que l’histoire est faite de l’expression, de la confrontation, de la circulation et de la reconnaissance mutuelle des mémoires». Il ajoutera que cet hommage est «surtout pour l’Éducation nationale une façon de rappeler que des figures venues des deux rives de la Méditerranée, notamment dans le domaine de l’enseignement, n’ont jamais cessé d’œuvrer au rapprochement des deux peuples de France et d’Algérie (…) Leur message de dignité personnelle et sociale, d’intelligence du monde et de formation des êtres, était inscrit dans les plus fortes valeurs éducatives, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, car éduquer, c’est ouvrir intelligemment à la vie, par le savoir et l’envie de progresser ensemble».                                  

Mouloud Feraoun a eu beaucoup d’entretiens avec des journalistes ou des écrivains illustres à l’image d’Albert Camus. Il a même un enregistrement à la télévision (ORTF) datant de la fin des années 50. Pour un homme de lettres, cela fait partie des activités ordinaires liées au métier tendant à susciter débats et controverses et allant, aussi, dans le sens de la promotion de sa propre production.

Pour Mouloud Feraoun, l’entretien journalistique n’obéit pas à une simple formalité dictée par “le marketing’’, pourtant nécessaire, ni à un ludique échange de questions/réponses. C’est plutôt la continuité, le prolongement de l’homme lucide, humble et humaniste qui s’était investi dans l’écriture, l’éducation des jeunes générations et la promotion des Centres Sociaux. Quatre jours avant le cessez-le-feu, il paya de sa vie sa générosité, son engagement humaniste et son honnêteté intellectuelle.

Mouloud Feraoun a été un témoin privilégié d’un des conflits les plus sanglants du 20e siècle après les deux Guerres mondiales. Témoin ? Pas seulement. Dans la tourmente indescriptible où il n’y a pas que des héros et des traîtres, l’écrivain devient acteur même si, par des efforts surhumains, il essaie de casser les ressorts de cette dichotomie et de ce manichéisme réducteurs. Pour cela, il suffit de feuilleter le “Journal’’ que Feraoun avait tenu entre 1955 et 1962 pour se rendre compte des déchirements et de la lucidité précoce du fils de Tizi Hibel.  L’environnement journalistique, à la périphérie de la littérature, qui régnait pendant la fin des années 40 et tout le long des années 50 était caractérisé par le réveil de la conscience européenne faisant suite à la déchéance des valeurs humaines et morales ayant marqué la Seconde Guerre mondiale. Les écrits et témoignages relatifs à cette période ont, en quelque sorte, balisé le champs intellectuel de ce que sera l’Europe pendant les décennies suivantes (Coexistence pacifique, Humanisme, lutte contre le révisionnisme en histoire,…).

Les grands auteurs ayant marqué ce bouillonnement médiatico-littéraire étaient, entre autres, Jean Paul Sartre, Albert Camus, André Malraux, Simone de Beauvoir, Raymond Aron, André Gide et François Mauriac (ce dernier était le premier à utiliser, dans le journal “Le Figaro’’ le terme Holocauste, avec grand H, pour désigner le massacre des Juifs par les Nazis. En hébreux, c’est la Shoah ).

Mouloud Feraoun, écrivain “indigène’’, instituteur du bled ayant décroché une place au soleil, ne fait pas partie évidemment de cet “aréopage’’ même s’il est pétri des mêmes valeurs humanistes, laïques et républicaines que ces illustres hommes et femmes de lettres. Comme il l’exprime dans ses œuvres et dans ses entretiens, Feraoun traite de l’homme kabyle, de la Kabylie et de la kabylité en les inscrivant dans la grande épopée de l’humanité avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses grisailles, ses imperfections et son élévation. Cette spécificité/universalité n’est pas familière des esprits engoncés dans la vie mondaine et les airs de villégiature.

 

Les hauteurs se méritent

 

M.Mammeri s’adresse à Feraoun en ces termes : “Mais, vieux frère, tu en a connu d’autres ; tu sais que pour aller à Ighil Nezman, de quelque côté qu’on les prenne, les chemins montent. Et puis après ? Tu sais aussi que les hauteur(s se méritent. En haut des collines d’Adrar n nnif, on est plus prés du ciel.» Tahar Djaout dira de lui : “Malgré cette carrière brisée (par la mort),M.Feraoun restera pour  les écrivains du Maghreb un aîné attachant et respecté, un de ceux qui ont ouvert  à la littérature nord africaine l’aire internationale où elle ne tardera pas à inscrire ses lettres de noblesse. Durant la guerre implacable qui ensanglanta la terre d’Algérie, M.Feraoun a porté aux yeux du monde, à l’instar de Mammeri, Dib, Kateb et quelques autres, les profondes souffrances et les espoirs tenaces de son peuple.

Parce que son témoignage a refusé d’être manichéiste, d’aucuns y ont vu un témoignage hésitant ou timoré. C’est, en réalité, un témoignage profondément humain et humaniste par son poids de sensibilité, de scepticisme et d’honnêteté. C’est pourquoi, cette œuvre généreuse et ironique inaugurée par “Le Fils du pauvre’’ demeurera comme un sorte de balise sur la route tortueuse où la littérature maghrébine a arraché peu à peu le droit à la reconnaissance. C’est une œuvre de pionnier qu’on  peut désormais relire et questionner’’.

 

Contre la dictature, le fanatisme et le mensonge

 

Nous avons pu retrouver deux entretiens, séparés par 12 années d’intervalle, que Feraoun avait accordés au journal “L’Effort algérien’’ du 27 février 1953 et à un numéro des “Nouvelles littéraires’’ datant de 1961.

Dans “Les Nouvelles littéraires’’, Feraoun répond à la question ; “Quel est le problème de notre époque qui vous préoccupe le plus ?’’ «Le plus important, dit-il, paraît être celui de la liberté et de la dignité de l’homme qui suppose, pour être réglé, que soit réglé avant lui et en toute urgence le problème de la faim et de l’ignorance. Mais, singulièrement, la paix du monde est toujours troublée ou dangereusement menacée par ceux-là mêmes qui proclament chaque jour leur désir et leur intention de résoudre cet important problème de la liberté et de la dignité de l’homme»

A la question «La mort vous obsède-t-elle ?», Feraoun répond avec une déconcertante lucidité : «J’y pense quotidiennement ;elle ne m’obsède pas. L’obsession de la mort a inspiré  de belles pages à Pascal sur le ‘’divertissement’’, mais un homme raisonnable n’a aucune inquiétude».

“J’ai 48 ans. J’ai vécu 20 ans de paix. Quelle paix ! 1920-1940. Et 28 ans de guerres mondiales, mécaniques, chimiques, racistes, génocides. Non, vraiment, on ne peut pas être optimiste sur l’avenir de l’humanité. On en arrive à penser constamment à la mort, à l’accepter dans sa nécessité objective. Encore un fois, il ne s’agit pas d’obsession».

Quel est le personnage historique que déteste le plus Feraoun ? Dans sa réponse, il ne désigne personne en particulier, mais il s’en prend à des catégories, à des vocations : «Les prophètes et leur fanatisme, les dictateurs et leur sectarisme, les politiciens et leurs mensonges».

 

Le message du roman selon Feraoun

 

Concernant la littérature proprement dite, Feraoun donne son avis sur le roman : «Pour moi, le roman est l’instrument le plus complet mis à notre disposition pour communiquer avec le prochain. Son registre est sans limite et permet à l’homme de s’adresser aux autres hommes : de leur dire qu’il leur ressemble, qu’il les comprend et qu’il les aime. Rien n’est plus grand, plus digne d’envie et d’estime que le romancier qui assume honnêtement, courageusement, douloureusement son rôle et parvient à entretenir entre le public et lui cette large communication que les autre genres littéraires ne peuvent établir (…) Le romancier, comme le poète et le peintre est digne d’envie. J’aime conter.

J’ai peut-être du talent. Je voudrais bien me croire doué. Je n’en sais rien. Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup de choses à dire et tout le reste de ma vie pour cela. La somme d’efforts que  mes ouvrages exigeront de moi sera toujours compensée par la joie que j’éprouverai à les écrire. J’écris donc d’abord pour moi. Mais, mon secret espoir est que cela touchera un jour quelqu’un ou beaucoup d’autres.                               

Dans “L’Effort algérien’’, Feraoun parle de sa première expérience littéraire, de lui-même et de ses moments d’écriture :

«J’ai écrit “Le Fils du pauvre’’ pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d’une lampe à pétrole. J’y ai mis le meilleur de mon être. Je suis très attaché à ce livre, d’abord je ne mangeais pas tous les jours à ma fin, alors qu’il sortait de ma plume ; ensuite parce qu’il m’a permis de prendre conscience de mes moyens.

Le succès qu’il emporté m’a encouragé à écrire d’autres livres (…) Il faut ajouter ceci : l’idée m’est venue que je pourrais essayer de traduire l’âme kabyle. J’ai toujours habité la Kabylie. Il est bon que l’on sache que les Kabyles sont des hommes comme les autres. Et je crois, voyez-vous, que je suis bien placé pour le dire. Le domaine qui touche l’âme kabyle est très vaste. La difficulté est de l’exprimer le plus fidèlement possible.»

Quand et comment Feraoun écrit-il, sachant qu’il est d’abord un fonctionnaire de l’enseignement ? «Je consacre ma journée à ma tâche professionnelle. J’écris mes livres la nuit et les jours de congé. Je noircis presque tous les jours de trois à quatre pages, sauf quand l’inspiration me fuit. Dans ce cas, je n’insiste pas.

Je commence par établir une grossière ébauche du livre. Et c’est en écrivant que j’ordonne mon récit. En gros, je sais où je vais. Mais, au fur et à mesure qu’avance le travail, survient des scènes et des situations que je n’avais pas prévues.»

Feraoun parle des livres qu’il aime lire : “J’ai beaucoup  lu, et de tout. Je goûte les livres vraiment humains, ceux où l’écrivain a essayé d’interpréter l’homme dans toute sa plénitude. Car, l’homme n’est ni franchement bon, ni franchement mauvais. L’écrivain, voyez-vous, n’a pas le droit de parler des hommes à la légère».

D’une probité exemplaire et d’une honnêteté intellectuelle rarement égalée, Mouloud Feraoun a été l’un des premiers qui ont placé la kabylité dans l’orbite de l’universalité et qui ont porté un regard humain et lucide sur sa société et les forces prométhéennes qui la travaillent. Enfin, en matière d’esthétique de l’écriture, il aura été une école que beaucoup d’autres écrivains du Maghreb ont essayé de faire leur.

Après l’avoir adopté dans toute sa dimension au début de l’indépendance, l’école algérienne du 3e millénaire a tourné le dos au “Fils du pauvre’’, comme elle a tourné le dos aux valeurs humaines, républicaines et modernes qu’il incarnait. Seuls quelques enseignants, dans leur “solitude pédagogique’’, continuent amoureusement à dispenser les belles et bénéfiques pages de Fouroulou.      

 

Feraoun dans la langue des siens

 

Plusieurs tentatives, les unes plus heureuses que d’autres, de traduire Mouloud Feraoun dans la langue des siens, le kabyle, ont été faites par des amateurs, des dilettantes ou des passionnés du verbe kabyle. Il semble que le premier élan primesautier des traducteurs du français au kabyle aille toujours vers les œuvres de Feraoun.

Les raisons sont sans doute nombreuses : style réaliste et processus narratif qui offrent plus de facilité, cadre du déroulement des romans de l’auteur (Kabylie) et surtout une certaine âme kabyle, une authenticité que l’on retrouve aussi bien dans le décor et les scènes que dans la langue elle-même. 

Au début des années 1990, j’ai personnellement engagé un travail de traduction avec le peintre Tighilt Rachid du village d’Agouni n’Teslent dans un cadre un peu spécial : il s’agit de la bande dessinée. Mordu du dessin et des phylactères, Rachid forma le projet de soumettre “La terre et le sang’’ à l’architecture et aux dialogues de la bande dessinée. Je me souviens que pour trouver l’équivalent du verbe “se terrer’’, il a creusé dans sa fertile cervelle de montagnard quelque trois ou quatre jours.

Il n’accepta aucune approximation convaincu que l’équivalent existait. Quelle ne fut sa joie le jour il me l’annonça dans son salon familial qu’il avait transformé en atelier de peinture. Chacun ayant eu par la suite son parcours particulier, le projet tomba à l’eau.

L’on a eu vent d’autres projets de traduction, à l’exemple de celui de Ferhat Mehenni, sans que cela aille jusqu’à la publication.

La première traduction mise en vente, c’est celle réalisée par Moussa Ould Taleb, “Mmis n igellil’’, sortie la première fois (en 2004) aux éditions du HCA et que nous avions présentée dans la “Dépêche du Livre’’ du 3 mars 2005, et la seconde fois aux éditions “L’Odyssée’’ de Tizi Ouzou en 2006 et que notre confrère Aomar Mohellebi présenta dans la ‘’DDK’’ du 6 avril 2006. L’auteur de la traduction, Moussa Ould Taleb, amoureux des écrits de Feraoun, est originaire d’Agouni n’Teslent (Aïn El Hammam) et vivait sur un fauteuil roulant à Draâ Ben Khedda jusqu’à sa mort le 4 février 2007 à l’age de cinquante ans.

Dans la présentation de la première édition, nous écrivions : «Dans cette entreprise de réhabilitation de la langue berbère en général et du kabyle en particulier, qui mieux que l’œuvre de Feraoun se prête à l’exercice de traduction ? Certains parlent même de travail de restitution tant le texte de Fouroulou “respire’’ partout la Kabylie mais aussi la langue kabyle.

Les lecteurs kabyles du “Fils du pauvre’’ ou des “Chemins qui montent’’ se retrouvent aisément non seulement en raisons des scènes et tableaux auxquels ils ont affaire, mais également en raison d’une langue française au travers de laquelle défile en filigrane la langue kabyle : formules consacrées, locutions idiomatiques tirées du terroir et d’autres repères linguistiques jettent des ponts entre deux cultures à la manière de l’écrivain lui-même, situé dans un évident déchirement, à la jonction de deux mondes, deux civilisations dont il a voulu être le lien solidaire.

Cette fidèle dualité lui a valu non seulement des inimitiés, mais aussi, fatalement, l’irréparable verdict de l’extrémisme ayant conduit à l’assassinant de l’écrivain humaniste.

Le travail accompli par Moussa Ould Taleb en traduisant en kabyle un des piliers de la littérature algérienne d’expression française a le grand mérite d’ouvrir la voie vers cette “restitution’’ légitime de l’univers de Feraoun, Mammeri, Ouary, et pourquoi pas de Dib et Kateb.

On peut largement admettre comme percutante la traduction dès le moment où la simplicité et la rigueur ont visiblement présidé à cette entreprise. Il s’agit de Taqbaïlit timserreht (kabyle courant), avec une dose gérable et acceptable de néologismes.

Au moment où la langue berbère voit son importance s’accroître dans l’institution scolaire, et au moment où les supports technologique de la culture moderne commencent à prendre en charge la culture berbère, la production des textes comme de Moussa Ould Taleb revêt un caractère stratégique. Il s’agira de fournir à l’école un support narratif de qualité en langue berbère, un domaine très déficitaire jusque-là, et de “meubler’’ les instances de création audiovisuelles en produits littéraires de fiction».

Amar Naït Messaoud

iguerifri@yahoo.fr

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10 mars 2009

Ruée sur le mausolée Sidi Amar Cherif

Bouira La fête célébrée dans la tradition
Ruée sur le mausolée Sidi Amar Cherif

A l’instar de toutes les régions du pays, Bouira a accueilli la fête religieuse  du Mouloud, avec les traditions propres à la région. Comme la veille de cette fête coïncide avec la Journée mondiale de la femme, les différentes localités de la wilaya ont connu une ambiance particulière. Les centres culturels et autres maisons de jeunes ont connu une grande affluence, pour assister aux différentes activités relatives aux deux évènements. De la robe kabyle aux sons assourdissants des pétards, en passant par la présence dans les différents lieux de la wilaya des vendeurs de viande blanche, Bouira a marqué ce double anniversaire dans la joie. A Ain Bessem, localité située à l’ouest du chef-lieu de la wilaya, El Mouloud a été célébré dans la tradition. En sus d’un dîner exceptionnel, des gâteaux ont été distribués dans les mosquées de cette ville. La veille de cet anniversaire de la naissance du Prophète, Ain Bessem a vibré sous le rythme des chants religieux et les pétards. De l’autre côté de Bouira, soit à Ighrem, dans la commune de Ahnif, les villageois ont choisi cette occasion pour l’ouverture officielle de leur mosquée. En parallèle, et pour marquer cet évènement, Ighrem a programmé une fiesta à travers timecret au profit de tous les villageois.

Cette action à laquelle tous les villageois ont été associés s’est concrétisée par le sacrifice de cinq bœufs, répartis en parts égales, en fonction du nombre de foyers. Les habitants, nous dit-on, ont contribué pour l’achat de ses bêtes. Quant aux nécessiteux, comme le veut la tradition, ils n’ont pas été lésés, ils ont eu leur part parmi tous les citoyens sans verser un sou. C’est dans une ambiance de fête que El Mouloud a été célébré dans cette région de l’est de la wilaya en présence du premier magistrat de la wilaya et des responsables des différents secteurs. A Chorfa, cette fête musulmane a un cachet particulier. Les citoyens se rendent la matinée vers le mausolée Sidi Amar Chérif. Hommes, femmes et enfants défilent dans ce lieu saint qui constitue un des éléments historiques de cette commune. C’est également une occasion pour ces villageois de se rendre aux tombes de leurs morts, car ce lieu est aussi le cimetière du village. Plus loin encore, vers Ibahlal, village relevant de la commune de Aghbalou, le mausolée Bahloul Ou Assem reçoit la visite de ses enfants. C’est à la mosquée du village que se rendent les villageois pour implorer Dieu et faire des vœux. Yemma Khdidja, la garde des saints, n’est pas sur le point d’être oubliée par les siens. Sa demeure sise à At Ali Outmime reçoit la visite des citoyens de la région. Cette femme qui a donné son nom au col de Lalla Khdidja est enterrée à l’intérieur de sa propre demeure. Quant à son époux Ahmed Bouzerman, sa tombe se trouve à quelques mètres du domicile. Notons enfin, nonobstant l’interdiction de vente des produits pyrotechniques dont les bâtons fumigènes, fusées et autres pétards, et les restrictions sévères quant à leur usage, certains vendeurs à la sauvette ne se sont pas inquiétés de ces mesures et continuent à écouler leur marchandise. Pour rappel, à quelques jours de cette fête, les services de sécurité de la ville de Ain Bessem  ont procédé à la saisie d’un lot de cette marchandise évaluée à une somme de cinquante et un millions de centimes au niveau du marché hebdomadaire de la ville.

M. Smail

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08 mars 2009

Femme rurale

Femme rurale
La rage de s’affirmer

«La femme est un individu de sexe féminin de l’espèce humaine». Cela est aussi évident que d’affirmer que l’eau mouille. Pourtant, cette évidence n’a été digérée que très tard. Et encore ! La femme, cet individu de l’espèce humaine, n’a  conquis des espaces de “liberté’’, de dignité que depuis la prise de conscience de l’inégalité de condition et de statut entre l’homme et la femme.

Dès lors, les sciences sociales ont  cherché à relever le pourquoi de l’inégalité et les mouvements féministes  à le combattre. Qu’en est-il chez nous, notamment en Kabylie ? Les choses semblent avoir sensiblement évolué dans la société kabyle où la femme ne s’affirme qu’une fois grand-mère. Elle devient alors un individu respecté, écouté, une sorte de amghar azemni au féminin  qui décide, à l’échelle de la famille bien sur. 

Quoi qu’il en soit, l’image de cette brave femme kabyle  qui, les yeux  baissés et les épaules rentrées,  transpirait sous un fardeau qui fait deux fois son poids tend à disparaître.  L’époque où elle n’assurait que la fonction de ‘’seksu d wusu’’ (le couscous et le lit) et était soumise à un esclavagisme  paysan imposé par une  société masculine plurielle est révolue. Mis à part quelques ‘’poches’’ où elle continue à subir le diktat sociétal, la femme semble en avoir fini avec le  temps où  faisait tout et ne disait rien, travaillait pour l’homme, dans le champ de l’homme et, le soir venu,  assurait la fonction de procréatrice. Fini aussi ce bouillonnant combat féministe pour les droits de la femme qui même s’il a marqué des points, n’aura au final et en gros réussi qu’à suggérer cette idée stupide qui consiste à croire que l’émancipation de la femme se matérialise à travers un jean et une cigarette.

Aujourd’hui, la rurale en veut et se bat. Elle descend, tous les matins, de Takerboust, de Zriba ou de Taghzout pour composer d’égal à égal avec son collègue de la ville.

Elle est médecin, enseignante, ingénieur  et même policière ou  juge dans un pays où la Constitution la décrète mineure à vie et la société cautionne le «ridjal qawamun âala nnisa (les hommes sont plus ‘’intelligents’’ que les femmes) » Paradoxal ?

Pas si paradoxal que ça, lorsque l’on sait que les considérations économiques, c'est-à-dire l’argent, fait taire toutes les attitudes moyenâgeuses.  En fait, cette transmutation spectaculaire de la femme rurale s’explique essentiellement et tout simplement par le fait que la famille rurale a besoin d’une stabilité  salariale à même de lui assurer le pain quotidien. L’huile d’olive et les figues sèches ne répondent plus aux besoins allant crescendo de montagnards de plus en plus exigeants. Mais pour travailler, il faut étudier. Cela, les jeunes rurales l’on compris et digéré.  D’abord, aller à l’école  pour ces jeunes villageoises était une aubaine pour fuir le diktat du frère, du père et même du petit frère. L’école était avant tout autre chose un espace de liberté. Un espace qu’elles apprécieront davantage, puisqu’il leur permettra de s’affirmer et d’exister.  Elles prendront consciences très tôt, dès le cycle primaire que si elles ne réussissaient pas, elles rentreraient à la maison aider la mère, avant qu’un inconnu ne vienne demander sa main. Elles s’accrochent. Elle est battante. Primaire, moyen et le bac au terme du cycle  secondaire. 

C’est leur acharnement à ne pas ressembler à leurs mères et grand-mères qui expliquent leurs réussites dans les études. Elles arrivent à l’université. Et là, tous les rêves et tous les espoirs leurs sont permis. De rurale puis battante, la villageoise devient femme de tête qui sans bruit résiste et refuse de  plier l’échine devant le Code de la famille et le ‘’terrogrisme’’.

T. Ould Amar

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La femme kabyle entre tradition et modernité

A la montagne ou en ville
La femme kabyle entre tradition et modernité

La femme kabyle, à l’instar de l’ensemble des femmes du monde, célébrera sa fête coïncidant  avec le 8 Mars de chaque année. Plusieurs festivités ont été initiées à l’occasion, dans les quatre coins de la région, afin de fêter dignement l’évènement. Un évènement et une fête qui ont quelque peu perdu, pour ainsi dire, de leur charme en Kabylie.

Il fut un temps où en effet, le 8 Mars avait un cachet spécial que ce soit à Tizi-Ouzou, Bouira où à Béjaïa et dans particulièrement les différents villages qui composent ces wilayas.

Dans un temps pas si lointain, le 8 mars constituait une véritable fête pour la femme kabyle qui mettait pour la circonstance, comme à l’Aïd, sa plus belle tenue, pour aller célébrer la journée en se permettant de sortir, une fois n’est pas coutume, et de s’offrir une promenade en ville et ce non sans la permission de la tutelle : l’homme. C’est que jadis, la femme rurale qu’est la femme kabyle ne sortait pas assez souvent.

Cette journée du 8 mars constituait pour elle une aubaine à ne pas rater, qu’elle attendait impatiemment pour se permettre de prendre un peu d’ait. Elle attendait la journée sacrée comme un enfant attend le jour de l’Aïd. En somme le 8 mars était vraiment différent des autres jours pour la femme kabyle.

Cela contrairement à aujourd’hui où la femme kabyle se permet... le 8 mars chaque jour dans ce sens qu’elle n’a plus besoin d’attendre “sa fête” pour sortir. Autrement dit, celle-ci est toujours dehors, en ville. La condition sociale a changé, pour cette femme, sa situation a évolué considérablement dans la société où elle tient un rôle prépondérant.  Cela dit, certaines femmes, il faut le dire, sont encore sujets à l’exploitation de l’homme. Le nombre important des femmes battues, bien que le chiffre exact ne sont pas disponible, en est la parfaite illustration. Dans certaines régions,  le concept de “la femme au foyer” est toujours de mise, avec tous les sens du concept. Cela est devenu minime, mais toujours est-il que des cas “isolès” de non-droit de la femme existent en Kabylie profonde.

Sinon dans l’absolu, la femme kabyle a gagné du terrain en matière d’existence sociale et ce après de moult sacrifice. Elle a désormais son mot à dire dans toute décision concernant son foyer. Il faut juste se rappeler et à titre d’exemple que la jeune fille kabyle n’avait même “le mot” pour choisir son mari dans les mariages. Dans son foyer conjugal, la femme n’avait qu’à vivre comme le veut son époux jusqu’à la fin de ses jours. Mais allez imposer un mariage à la fille d’aujourd’hui ! Les conséquences d’une telle suggestion peuvent s’avérer difficiles à digérer à tel point que les parents ne songent même pas à y penser.

La femme kabyle d’aujourd’hui est en fait intransigeante quand-il s’agit de ses droits qu’elle connaît d’ailleurs parfaitement grâce à son éducation et à l’instruction. Il faut dire que les parents n’ont certainement pas été déçus en acceptant “de libérer” leurs filles en leur permettant de s’instruire. La femme kabyle a fini par prouver qu’elle est digne des droits qu’elle a arrachés. En Europe par exemple, peu de femmes réussissent à concilier leur vie familial et leur carrière professionnelle ou l’un ou l’autre. Ce qui n’est pas le cas pour la plupart des femmes kabyles qui parviennent aisément à accomplir les deux missions et mieux encore en ajoutant le travail des champs comme la cueillette des olives.

En somme, la femme kabyle assume idéalement son statut de femme moderne. C’est pour toutes ces choses que la femme kabyle qui ne bafoue, également pas avec les principes de la femme rurale, mérite un véritable hommage à l’occasion de cette journée “symbolique” qu’est le 8 mars. Femmes kabyles saha Aïdkoum !

M. O. B

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La femme à l’index

La femme à l’index Etre femme, plus qu’une tare c’est un éternel fardeau porté ou plutôt supporté par nos femmes, nos mères, nos sœurs, qui sont parfois trompées, souvent bafouées, mais aussi reconnaissons le en cette occasion, sans cesse humiliées. Le décor ainsi planté, la femme algérienne se reconnaîtra d’elle-même dans sa passivité ou pour quelques unes dans leur combativité au quotidien. La disparité dont elle est victime chaque jour est flagrante, rien que dans les administrations étatiques ou bien encore privées, la femme, lorsqu’elle réussit à accéder à un poste d’emploi dans ses organismes est fréquemment reléguée au second plan. Considérée comme une éternelle moins que rien, elle fait figure de femme objet, voire esclave pourrait-on dire ne servant qu’à faire office de figuration, comme peut l’être un quelconque objet esthétique. Cela lorsqu’elle ne repousse pas les assauts de ses supérieurs hiérarchiques, et ils sont souvent nombreux. Car la femme Algérienne est souvent victime de harcèlements sexuels, mais elle doit se taire si elle veut sauvegarder son poste, mais avant tout son honneur. Devant cet état de fait, elles sont nombreuses à râler, en silence, à l’abri de la gent masculine. Pour l’anecdote illustrative, une jeune femme, âgée d’à peine une trentaine d’années a osé entrer dans un café maure afin d’y demander un café. C’est tout juste si elle ne s’est pas faite lyncher sur la place publique de Bouira. Le gérant de l’estaminet lui a fait remarquer méchamment que c’était “Un café pour homme’’. Avant de s’en aller, sans avoir pris son café, la femme lui rétorquera tout de même qu’il n’était faite aucune mention du genre “Interdit aux femmes’’. A se demander si la caféine est exclusivement destinée aux hormones masculines et spécifiquement aux chromosomes Y. Mais ce genre de scène n’est pas particulier à cette wilaya, et nombreuses sont les femmes qui voudraient siroter un café en toute tranquillité sans se faire draguer, ni se faire traiter de tous les noms d’oiseaux imaginables. La sempiternelle Fête internationale de la femme célébrée chaque 8 Mars n’est qu’un trompe l’œil pour mieux se faire pardonner des coups bas qu’elles encaisseront le lendemain et qu’elles ont encaissé la veille de cette cérémonie. Une cérémonie toute en fleurs mais, au demeurant, strictement masculin pluriel dans la plupart des cas. Ces femmes, qui sont avant toute chose des Algériennes à part entière, hormis le code de la famille qui vient le leur rappeler de temps en temps, ne font hélas pas grand-chose pour se faire valoriser aux yeux d’une société qui ne pardonne aucun écart. Pourtant au vu du passif des Algériennes durant la glorieuse révolution, ou récemment encore durant les années de terrorisme, les femmes ont prouvé leur attachement à la patrie, et à la société en particulier. Le sang des femmes, qui a largement coulé pour que ses enfants vivent dignement sans aucune inégalité entre les sexes aurait-il été oublié ? Faudrait-il remémorer aux esprits, le combat de Fatma N’Soumer contre l’armée coloniale, de Hassiba Ben Bouali dont rien que le nom faisait trembler les français et tant d’autres héroïnes nationales qui se sont sacrifiées. Non, leurs noms sont inscrits dans l’histoire de l’Algérie. Une Algérie toutefois indifférente aux aspirations et au désir de ces millions de femmes qui demandent en fait juste un peu de considération au quotidien et non pas une fois par année. En finir avec le sectarisme et la mise à l’index de la gent féminine est impératif pour que la société prenne conscience du rôle de la femme dans la vie de tous les jours. Hafidh B

Posté par djamelslimani à 10:32 - ARTICLE DE PRESSES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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